Morgane Euriat : "Je ne visais pas un tel classement"
jeudi 18 juillet 2019

Morgane Euriat et Baccarat d’Argonne
Morgane Euriat et Baccarat d’Argonne © Luc Simonet

Avec la médaille d'argent par équipe et quatre cavaliers placés dans le Top 10, le moins que l’on puisse dire est que les Jeunes Cavaliers français ont su briller lors des championnats d’Europe qui avaient lieu à Maarsbergen. En selle sur Baccarat d’Argone, Morgane Euriat a su tirer son épingle du jeu en terminant 6e en individuel.

Quel bilan fais-tu de ce championnat ?

« Je suis super contente, je ne pensais pas du tout avoir ce résultat ! Je ne visais pas un tel classement, on s’est rendu compte qu’on pouvait le faire au fur et à mesure du championnat. C’est une compétition d’équipe avant tout, on a besoin de se soutenir les uns les autres et c’est une très bonne expérience. Ma jument a toujours été très bien tout le long de la compétition. »

Comment avais-tu abordé le championnat ?

« Je n’avais de pression particulière, j’ai fait comme d’habitude, presque comme si c’était un concours normal, même si ce n’en était pas un parce que c’était le championnat d’Europe. J’ai essayé de me mettre dans ma bulle au maximum comme je le fais habituellement. Toute l’année s’était très bien passée, on a gagné plusieurs fois et la jument a toujours répondu présent. Quant à la préparation spécifique aux championnats, elle s’est bien déroulée, la jument a même progressé en dressage. »

Peux-tu nous parler de ta jument, Baccarat d’Argonne ?

« Je monte Baccarat depuis un an-et-demi, elle n’a que 8 ans et c’est une fille de Grafenstolz. C’est une jument que les naisseurs et propriétaires me confient. Elle n’est pas à vendre et je dois normalement la garder. Elle est très généreuse, a toujours envie d’apprendre. Sur le dressage, son point fort est ses allures mais aussi le fait qu’elle soit très bien dressée. Elle a eu de très bonnes bases par son ancien cavalier, Olivier Hardouin, qui l’a faite travailler de ses 4 ans à 6 ans. Sur le cross elle est très franche, elle ne réfléchit pas et ne se pose pas de questions : elle n’a jamais de doutes. A l’obstacle, de la même façon, elle est franche et cherche à progresser. »

Tu sors aussi en dressage et saut d’obstacles, est-ce un avantage pour une complétiste ?

« Oui cela m’aide beaucoup. Toutefois, sur l’hippique les parcours sont vraiment différents et ne sont pas réfléchis de la même façon, mais c’est surtout en dressage que les attentes ne sont pas les mêmes. Il faut donc monter en fonction des attentes des juges de complet. Je parle plutôt de technique ici : il il y a des différences en fonction des degrés d’incurvation, du degré d’angle dans l’épaule en dedans, de la pirouette au pas… Au final c’est vraiment différent : en complet on veut des épaules en dedans plus sorties qu’en dressage, des demi-pirouettes au pas plus actives et plus grandes. A l’inverse, en dressage pur, on nous demande à ce qu’il y ait davantage de plis sur les appuyers et que ce soit plus sur le côté par exemple. »

Quelle est la suite de ton programme ?

« Je l’aborde en fonction de ma jument et de sa santé, si elle se sent bien, qu’elle est forme et si elle s’est bien reposée. Je compte aller à l’international du Haras du Pin pour faire le 3* court. »

Même si ta Baccarat est jeune, prépares-tu l’avenir ?

« Oui, j’ai aussi des jeunes chevaux. J’ai un 5 ans, Eragon du Grizzly, qui a gagné le complet de Mourmelon et qui est 2e à Jardy. Il ressortira en août, c’est un cheval très qualiteux. J’ai également un 4 ans, Fixin de Conde qui a fait les mêmes concours. Il est, je pense, de très bonne qualité mais il est encore très jeune : il est un peu moins attentif en concours mais à mon avis il va aller très loin. En fonction de leur qualité, ils seront soit commercialisés, soit resteront avec moi. »