Objectif sécurité, une action concrète
mercredi 10 mars 2021

Les organisateurs de complet rassemblés à Grosbois pour parler de sécurité et de construction d'obstacles © Béatrice Fletcher

Le 9 mars, le Comité Régional d’Ile de France avait convié à Grosbois une douzaine d’organisateurs de concours complet à un atelier de construction d’obstacles de cross animée par Benoît Marchand, chef de piste 3 et 4* et constructeur d’obstacles mobiles depuis 25 ans.

Au programme de la journée, pour les binômes ou trios venus de Meaux, La Courneuve, Jardy, Saint Quentin en Yvelines, Bonneville, Jablines, Marolles en Brie, Grosbois, France Equi Event (F2E), Longvilliers, et Chaumontel, construction d’une « maison » et d’un vertical appelé par un dôme équipé d’un système de sécurité « Mims ». Alors que le CREIF avait fait livrer les matériaux nécessaires, les constructeurs étaient venus munis de leurs scies, perceuses et autres visseuses. Benoît Marchand, expert unanimement reconnu  recommande de ne pas lésiner sur la qualité des matériaux. « Aujourd’hui, nous avions du bois de classe 3, à savoir du Pin Douglas (densité de 700 kg/m3), pour la structure, et de l’épicéa (450kg/m3) privilégié pour sa légèreté en raison des contraintes de poids par rapport au fonctionnement du système de sécurité « Mims », dont l’articulation est plus sensible, et la mise en œuvre moins complexe que celle des « Pin’s ». Il est essentiel d’éviter les parties saillantes, et de respecter le point de vue du cheval en termes de vision et de couleurs. » Selon lui, un obstacle correctement entretenu (lavé, réparé, repeint et stocké pour l’hiver à l’abri des intempéries) a une durée de vie de quinze ans. 

Une problématique nationale et internationale

Emmanuel Feltesse, président du CREIF et du collège des présidents de régions le souligne, cette formation est inédite. « Nous avons choisi d’être au plus près du terrain afin de continuer à faire évoluer la discipline du concours complet. C’est pourquoi nous avons opté pour un obstacle frangible, (qui se libère lors d’un impact frontal ndla) conçu pour réduire les chutes rotationnelles sérieuses, dont la Fédération recommande de prévoir un pourcentage sur les parcours de cross. La France est parmi les pays en pointe pour faire évoluer cette discipline et assurer la pratique de ce sport en sécurité. Ce sujet a été abordé au plan national. Il appartient à chacun en régions de consulter les organisateurs, présidents de jury et chefs de piste et de mettre en place des actions pour que tous travaillent ensemble pour le bien de la discipline. Les idées des uns peuvent faire avancer les autres. il s’agit d’une problématique nationale et internationale qui concerne tous les niveaux de compétition, même si la rotation du cheval intervient souvent sur les obstacles au-delà d’un mètre. » 

Sécurité, tous concernés 

Depuis octobre 2019, la commission de sécurité fédérale s’est réunie à de nombreuses reprises afin de mettre en œuvre des mesures destinées à améliorer la sécurité sur le cross. Parmi ces décisions, la désignation d’alerteurs, chargés de signaler au jury d’éventuelles difficultés éprouvées par un couple cheval-cavalier sur le parcours. Cette fonction était assumée par Laurent Bousquet en personne, membre des commissions de sécurité de la FFE et de la FEI, lors du Grand National de Saumur du 24 au 28 février. « Il s’agissait de lancer le dispositif et de rafraîchir les mémoires. Nous disposons de cinq leviers. Le premier est l’éducation et la formation des cavaliers, coachs, officiels, chefs de piste et des chevaux. Nous avons aussi travaillé sur la règlementation, la conception et la construction des parcours (pan coupé sur le premier plan, pied et habillage des obstacles ndla), les équipements de protection des chevaux et des cavaliers (des études sont en cours sur la résistance des casques ndla), et la communication, grâce aux informations répertoriées sur les sites de la FFE, onglet « Sécurité tous concernés » en CCE, et de la FEI (Risk management). Il est important d’informer les acteurs de la discipline et de mettre en place des procédures de communication, notamment en cas d’accident. La sécurité constitue l’un des enjeux majeurs dont dépend la pérennité de notre sport. Il nous appartient de montrer aux instances nationales et internationales que tous les acteurs de la discipline sont investis sur ce sujet. Il n’y a pas de solution miracle, mais en mettant bout à bout diverses mesures, nous améliorons la sécurisation de la discipline. »

A l’issue de cette journée, tous les constructeurs, ravis, sont repartis avec leur obstacle. Reste à savoir quand la saison, mise en pause par l’épidémie de rhinopneumonie, pourra effectivement démarrer, même si Emmanuel Feltesse s’applique à convaincre les ministères et collectivités territoriales franciliennes d’autoriser les cavaliers amateurs à reprendre la compétition à huis clos dès le mois d’avril.