Padraig McCarthy : « J’ai dû changer bien des choses pour m’adapter à Léonidas »
mercredi 22 septembre 2021

Padraig McCarthy et Leonidas
Padraig McCarthy et Leonidas © Marie-Juliette Michel

Aux rênes de Leonidas II depuis 2019 suite à la retraite de Mark Todd, Padraig McCarthy est aujourd’hui sélectionné avec le bai (en plus de son autre monture, Fallulah) pour les championnats d’Europe d'Avenches, qui commenceront ce jeudi 23 septembre. Le vice-champion du monde individuel et par équipes des Jeux équestres mondiaux de 2018, à Tryon, se livre.

Leonidas avait déjà quinze ans quand vous l’avez récupéré et plein d’expérience, que pensez-vous de lui ?

Lorsque vous récupérez un cheval de cet âge qui a toujours été monté par le même cavalier, et surtout Mark Todd, c’est assez compliqué de trouver une complicité. Le cheval est adorable mais n’est pas facile. Je pense que c’était au dressage du 4*-S de Ballindenisk en avril, où je sentais qu’il était réellement mon cheval, que je savais comment le monter et quelles questions lui poser. Nous avons toujours été bons à l’obstacle, mais il a fallu du temps pour qu’on se comprenne sur le cross : il adore aller vite et vous n’avez pas toujours les freins qui vont avec ! Il fait toujours tout ce qu’il peut pour être entre les fanions, tout se joue en une fraction de seconde avec lui, c’est un très bon cheval.

Avez-vous donc cherché davantage à vous adapter à lui plutôt que de le travailler dans votre sens ?

C’était un peu des deux. Il faut être réaliste, on ne va pas apprendre grand chose à un cheval de cet âge et avec cette expérience, mais je pense qu’il y a un entre deux où nous nous sommes rencontrés et nous avons réussi à nous comprendre. Leonidas a ses propres habitudes et ses façons de faire, et j’ai dû changer bien des choses pour m’adapter à lui ! C’est un apprentissage continu et nous avons réussi à trouver un terrain d’entente.

En dehors de la compétition, comment est-il à la maison ?

Il est clairement l’un des chouchous parce qu’il est tellement facile à vivre, c’est un vrai gentleman qui respecte tout le monde ! Tout le monde aime travailler avec lui, mais j’essaie de ne pas lui donner de traitement de faveur par rapport aux autres chevaux. Je veux lui donner la vie la plus proche de celle qu’il aurait dans la nature pour qu’il garde son instinct de cheval. Les chevaux vont au pré autant que possible, c’est quelque chose d’important pour nous.

Comment avez-vous préparé vos chevaux pour les dernières grandes échéances ? Entre le Covid et le virus de la rhinopneumonie vous avez probablement dû adapter votre façon de travailler ?

Il y avait beaucoup d’incertitudes et c’était difficile de savoir comment préparer les chevaux parce qu’on ne savait pas quelle échéance tiendrait : ils devaient être prêts à concourir à n’importe quel moment. Ce n’était pas agréable, donc on a décidé de travailler sur des objectifs basiques et nous nous sommes focalisés sur le bien-être de nos chevaux. Je pense que c’est une erreur que de vouloir les garder trop longtemps “au pic” de leur forme dans ces circonstances mais cette année était très particulière et tout le monde essayait de faire ce qu’il pensait être le meilleur. De mon côté, j’ai eu de la chance par rapport au virus équin dans le sens où au Royaume-Uni, où je suis basé, nous n’avons pas été aussi impactés que dans d’autres pays où les compétitions ont été totalement annulées.

Les compétitions ont quand même repris très tard pour une année de championnats…

C’était un gros problème pour la préparation. Pour nous, Irlandais basés à l’étranger par exemple, le CCI de Ballindenisk était le concours clé pour Tokyo, et à l’époque, l’Irlande refusait que les non-résidents entrent dans le pays. Il a fallu se battre pour qu’on puisse s’y rendre (des demandes ont été faites au gouvernement irlandais pour les Irlandais basés au Royaume-Uni, ndlr). Mais c’est une année particulière et c’était le cas pour tout le monde, il fallait faire avec.