Philippe Brivois, le succès d’un éleveur français en Angleterre
vendredi 04 décembre 2020

Kitty King et Vendredi Biats
7ème en individuel des derniers championnats d'Europe avec Kitty King, Vendredi est l'un des meilleurs représentants de l'élevage Biats au Royaume-Uni © Eric Knoll

Philippe Brivois travaille aujourd’hui avec de nombreux cavaliers britanniques tels que William Fox-Pitt, Emily King, Tom Crisp ou encore Kitty King. Tous ont été séduits par les chevaux de son élevage Biats, faisant d’eux des références en concours complet. Une destinée inattendue pour celui qui élevait des chevaux initialement prévus pour le saut d’obstacles.

Si Philippe Brivois connaît un succès grandissant dans le monde du concours complet depuis quelques années, rien ne le pré-destinait pourtant à élever des chevaux pour cette discipline. Mais la réussite d’Oslo Biats, sacré champion du monde au Lion d’Angers avec William Fox-Pitt en 2008, a fait prendre une nouvelle tournure à la carrière de celui qui élevait pour le concours hippique. « Quand j’ai vendu Oslo Biats à ses deux ans et que l’on m’a dit que c’était pour faire du complet, j’avais tout de suite répondu qu’il n’en était pas question car je ne voulais pas que l’on blesse mon cheval. Je faisais naître des chevaux de concours hippique et je n’utilisais que des étalons champions dans cette discipline. C’est Jean-Luc Dufour qui m’a convaincu de m’intéresser au complet en m’expliquant que ce n’est plus ce que c’était. Et finalement, j’ai bien fait de me lancer dans cette aventure », raconte l’éleveur. Aujourd’hui, même si ses chevaux ont les aptitudes pour le très haut-niveau en concours hippique, Philippe Brivois préfère les voir évoluer en complet afin qu’ils puissent montrer l’étendue de leurs capacités. Ces filles et fils de champions de saut d’obstacle connaissent d’ailleurs un certain succès chez les cavaliers britanniques et se démarquent très souvent en compétition. 

William Fox-Pitt, une rencontre déterminante

En 2008, lors du sacre d’Oslo Biats au Lion d’Angers avec William Fox-Pitt, Philippe Brivois part à la rencontre du cavalier britannique. Et cet échange a pour le moins été décisif car depuis, les deux hommes travaillent régulièrement ensemble. William Fox-Pitt apprécie les chevaux de l’élevage Biats et en reçoit chaque année de nouveaux au sein de ses écuries. « Il est toujours partant pour essayer mes chevaux. Je n’ai d’ailleurs plus besoin de lui envoyer de vidéo, il me fait confiance en ce qui concerne leurs aptitudes », raconte Philippe Brivois. William Fox-Pitt a d’ailleurs monté en compétition trois chevaux Biats, une première pour le cavalier britannique qui n’avait alors jamais couru avec deux chevaux issus d’un même élevage. Preuve de la qualité des chevaux né chez Philippe Brivois. 

Et il n’y a pas qu’avec lui que Philippe Brivois a noué une relation de confiance. Jackie Potts, chef-groom de William Fox-Pitt, a elle aussi été séduite par les chevaux de l’éleveur et accueille chaque nouvel arrivant avec joie. « Quand j’emmène un cheval chez William, je le présente également à Jackie. Elle me répond toujours la même chose : "Il vient de chez toi donc je n’ai aucune raison de m’inquiéter" », raconte l’éleveur avec amusement. Si tous ses chevaux ont un caractère différent, ils ont néanmoins tous des qualités similaires : du respect, de la franchise, une proximité vis-à-vis de l’homme et une très belle qualité de saut. Chaque année, Philippe Brivois emmène ainsi quatre à cinq chevaux outre-Manche et rares sont ceux qui reviennent en France. 

Kitty et Emily King, nouvelles adeptes des chevaux Biats 

William Fox-Pitt n’a pas manqué d’ébruiter la qualité des chevaux à travers le pays. Si le cavalier a notamment fait connaître Oslo et le nom Biats en Angleterre, il a également permis à Philippe Brivois de faire la connaissance d’Emily King, fille de la célèbre cavalière Mary King. Et la jeune femme a très vite été conquise par l’un des chevaux de l’éleveur. Après avoir envoyé quelques vidéos de Valmy Biats (Orlando x Aurelie du Prieure par Hadj A) à la jeune cavalière, Philippe Brivois s’est déplacé jusqu’en Angleterre afin qu’elle puisse le monter. « William avait assuré à Emily et sa maman qu’elles ne seraient pas déçues. Il avait d’ailleurs lui-même déjà monté ce cheval avant, qui n’est autre que le demi-frère d’Oslo », confie l’éleveur. Et le coup de cœur a été immédiat. Le couple, formé depuis un an, compte déjà quatre victoires à son actif et prépare désormais le championnat des moins de 25 ans à Braham. Un rendez-vous dont la dernière édition a d’ailleurs été remportée par l’un des chevaux de Philippe Brivois : Vendredi Biats (Winningmood x Liane Normande par Camelia de Ruelles), associé à Kitty King. La cavalière, 28e au classement mondial, monte Vendredi depuis ses 5 ans et travaille désormais de manière régulière avec son éleveur. 

Des chevaux très présents en compétition

Outre William Fox-Pitt, Emily King et Kitty King, Philippe Brivois travaille également avec Peggy French et Tom Crisp. Ce dernier, associé à Vendôme Biats, se classe notamment 7e du CCI4*-S de Little Downham en octobre dernier. Et il n’est pas rare que d’autres cavaliers britanniques appellent l’éleveur français au sujet de ses chevaux. De quoi faire la fierté de Philippe Brivois. « À Burnham, trois de mes chevaux de la même génération couraient avec trois cavaliers différents. À chaque fois, je prends ma voiture et je vais y assister. Je suis vraiment très chanceux de pouvoir vivre cela », raconte l’éleveur avec beaucoup de joie. 

Coté français, Philippe Brivois travaille notamment avec la complétiste Clara Loiseau. Dans ses écuries, la cavalière compte quatre chevaux issus de l’élevage Biats : Dalida et Happy (7 ans et qui ont leur premières sorties sur le circuit Pro cette année) ainsi que Farnese et Juno (5 ans). « Ce que j’apprécie c’est que, comme les cavaliers anglais, les chevaux vont énormément dehors chez elle. Ils ne passent pas la journée au box. Il faut les laisser vivre », explique l’éleveur. La jeune femme vient récemment d’accueillir une nouvelle recrue : America, en qui sont naisseur, Philippe Brivois, place beaucoup d’espoir. « C’est une jument formidable, avec un très grand potentiel. Elle saute et se déplace bien et elle a de l’endurance », souligne-t-il. De quoi assurer encore de belles réussites pour l’élevage Biats.