Pierre Michelet : « Il est de plus en plus compliqué d’avoir du monde sur les concours »
vendredi 24 mai 2019

Discussion entre le chef de piste Pierre Michelet, à gauche, et l'entraineur et sélectionneur de l'équipe de France de complet Thierry Touzaint, à droite. © Images'inn/Eric Knoll

Le premier test de cross de Saumur Complet, celui du CCI 2*L, sera lancé cet après-midi à 14h30, tandis que ceux des trois autres épreuves, avec dans l’ordre le CCI 3*L à 10h, le CCI 4*L à 13h et le CCI 3*S à 16h30 attaqueront demain. Les tricolores engagés dans le CCI 4*L procèderont par ailleurs à la traditionelle reconnaissance sous la houlette du Lieutenant colonel Thibault Valette à 17h aujourd’hui. En compagnie du chef de piste, Pierre Michelet, l’Éperon vous en dévoile davantage sur l’élaboration de ce parcours.

L’Éperon : Est-ce que vous vous attendiez à recevoir ce plateau de concurrents ? 

Pierre Michelet : « Il est de plus en plus compliqué d’avoir du monde sur les concours parce qu’il y a de plus en plus de concours et de fait de plus en plus de concurrence. Cette année, le complet de Brahman, en Angleterre, est prévu pour début juin (CCI 4*L de Brahman du 6 au 9 juin, ndlr) et il a attiré pas mal de monde ; notamment des français puisqu’il y en une vingtaine qui sont engagés. Cela a eu un impact sur celui de Saumur et il est vrai que cette année est un peu creuse. On a tout de même un ou deux bons internationaux étrangers, dont le numéro un mondial Christopher Burton. Chez les Français, Nicolas Touzaint sera tout de même présent. Il faut savoir que le nombre de partants sur le cross de Saumur, a toujours été un peu sinusoïdal. Les cavaliers viennent quand ils ont besoin d’une qualification ou de préparer leurs chevaux. Certaines années, il y a eu jusqu’à quatre-vingt partants, d’autres on est tombé à trente (cette année ils sont vingt-huit couples à avoir pris le départ du CCI 4*L,ndlr). Il est vrai que c’est un peu imprévisible. » 

Comment a été élaboré le cross du 4*L cette année ? 

« On s’efforce de créer un nouveau parcours chaque année. C’est toujours plus intéressant pour les spectateurs de découvrir de nouveaux espaces et puis, pour les cavaliers fidèles à Saumur, on leur pose de « nouvelles questions » à chaque fois pour entretenir une sorte de renouveau et leur proposer un défi à relever.  Maintenant il est plus facile de concevoir de nouveaux parcours avec les obstacles portables. Ils ont été critiqués et ont certes leurs défauts mais en tant que concepteur, grâce à eux nous avons désormais la liberté de ne pas les repositionner aux mêmes endroits tous les ans et donc d’imaginer des combinaisons différentes à chaque concours. »

Quelles seront les difficultés majeures du cross ? 

« Sans surprise, ce sont toujours les combinaisons qui sont les pierres angulaires du cross. Dans celles-ci il faut être davantage rigoureux sur l’équilibre, la vitesse et la trajectoire. Il faut savoir calculer ses abords et anticiper.  Bien sûr, il y a aussi les gués, parce que l’eau est toujours un facteur un peu déroutant pour les chevaux donc les cavaliers ne savent jamais trop si le cheval va hésiter ou non à l’abord. Parfois cela modifie un peu les contrats de foulées initialement prévus sur le papier. Et enfin les pentes et divers dénivelés posent souvent des problèmes d’équilibre aux cavaliers et aux chevaux. Rien que ces quelques difficultés exigent déjà une sérieuse préparation en amont pour les couples. » 

Quelles sont les atouts et défauts du site de Saumur ? 

« L’un des principaux atouts de Saumur, et qui est finalement valable pour tous les sites, est qu’il soit des autres. C’est bien ce qui fait le plaisir des cavaliers, des constructeurs, des chefs de pistes et même du public. Ensuite, ce sont aux cavaliers de faire l’analyse du terrain auquel ils sont confrontés. Il y en a qui sont rapides, d’autres qu’ils le sont moins. Certains fatiguent davantage les chevaux. Certains encore sont plus ouverts et incitent les chevaux à être plus hésitants. Ils existent tout un tas de paramètres qui différencient les sites entre eux. Après, en tant que chef de piste, on modèle le terrain à notre guise. Par exemple, s’il est un peu trop galopant, on s’arrange pour mettre en place des chicanes et des tournants pour rendre la tâche plus ardue aux couples. Cela reste une épreuve imposant une vitesse assez soutenue, mais on fait toujours en sorte que le temps maximal ne soit pas facile à atteindre. C’est notre travail de chef de piste de s’assurer que la compétition dispense son lot de suspense. Saumur est un concours emblématique. Tout le monde aime venir ici. L’événement est bien organisé, le village des exposants consistant et il y a cette arène qui rassemble tout le monde autour de la carrière principale. C’est très sympathique. »

Un pronostic quant au vainqueur de ce CCI 4*L ? 

« Souvent ce sont les meilleurs qui gagnent ! (sourire). »