RIO-SPECTIVE : le complet français débloque le compteur des médailles
dimanche 09 août 2020

Remise  des médailles Rio 2016 Concours  complet
Le 9 août 2016, Thibaut Vallette, Astier Nicolas, Karim Laghouag et Mathieu Lemoine portait le complet tricolore au firmament © Scoopdyga

Alors que les Jeux Olympiques de Tokyo auraient du s’achever ce week-end, L’Eperon vous propose de revivre ceux de Rio, en 2016. La France y avait ramené deux médailles d’or et une d’argent. Ce dimanche, place à la première des trois disciplines : le concours complet.

Il y a quatre ans, jour pour jour, les Bleus du concours complet vivaient l’un des moments (si ce n’est LE moment !) le plus intense de leur carrière sportive. Astier Nicolas, Karim Laghouag, Thibaut Vallette et Mathieu Lemoine étaient à plus de 9.000 kilomètres de la France pour vivre leurs premiers Jeux Olympiques. 9.000 kilomètres, c’était également la distance qui séparait Astier de ses bottes de dressage, malencontreusement oubliées en Angleterre. Grâce à Pierre Volla, qui lui a prêté les siennes, le complétiste n’arrivait pas en chaussettes sur son rectangle. Les samedi et dimanche 6 et 7 août, les Bleus déroulaient tour à tour leur reprise de dressage. Et quelles reprises ! Nos quatre Tricolores s’affichaient en argent, à seulement 0,2 point des Allemands. Une prouesse qui témoignait des énormes progrès réalisés par l’équipe de France sur ce test. Mathieu Lemoine se payait même le luxe, avec Bart L, de figurer au troisième rang. Serge Cornut les aurait bien vus premiers, « si Mathieu avait été un peu plus décontracté »

Redoutable cross

Peu importe qui vous interpelliez après les reconnaissances de cross, les réponses étaient unanimes. Difficile, éprouvant, voire même casse-tête. Les questions se bousculaient dans la tête des sélectionneurs et des cavaliers à mesure qu’ils découvraient le parcours, surtout à l’abord de la fameuse combinaison placée en n°6 et qui allait donner du fil à retordre à plusieurs couples. Mais pas à Astier et Piaf de B’Neville. Ouvreur pour la France, et seulement deuxième à s’élancer sur le parcours, il tire tout droit. Toujours tout droit. Si bien qu’il effectue ce qui sera l’un des trois seuls maxis de ces JO. Face à sa prestation toute en fluidité, la confiance monte d’un cran chez tous les concurrents. Grave erreur... Au fur et à mesure des passages, les fautes s’enchainent et toutes les équipes sont contraintes de revoir leurs plans. La France ne fait pas exception. Après le refus de Karim Laghouag et Entebbe de Hus, plus aucune erreur n’est permise. Sur ordre de Thierry Touzaint, Thibaut Vallette sécurise et prend toutes les options longues. Quant à Mathieu, « tu as carte blanche », lui soufflait Thierry après lui avoir imposé l’option longue sur la combinaison n°6. Pensant à l’équipe, il choisissait de jouer la sécurité sur le dernier gué, la fatigue commençant à gagner Bart L. 

En ce soir du lundi 8 août, la France faisait partie des deux seules nations à avoir encore en lice ses quatre couples. Provisoirement en bronze, nos Bleus allaient devoir espérer des fautes de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie pour s’emparer du titre.

« Je vais vous régaler »

Mardi 9 août, il semblerait que le jour de gloire soit arrivé. Nos quatre enfants de la patrie ont cependant une dernière bataille à livrer : l’hippique. Karim Laghouag ouvre la voie et montre à ses copains que malgré les erreurs des couples passés avant lui, le sans-faute est accessible. Un tout petit point de temps avec Entebbe de Hus, mais une joie immense d’apporter la confiance nécessaire à l’exploit. Avec Qing du Briot, Thibaut Vallette remonte le curseur d’un cran en réalisant un parcours d’une extrême fluidité, sans une once de fatigue. Avec un peu plus de deux barres d’avance sur l’Allemagne, la France a de quoi respirer. Mais le souffle s’accélère après le passage de Mathieu Lemoine, qui fait rouler deux barres à terres avec Bart. À court de joker, seul un sans-faute d’Astier et Piaf peut assurer une médaille à la France. « Arrête de flipper, je vais vous régaler, je vais aller la chercher cette médaille », lâchait presque nonchalamment le Toulousain à Michel Asseray avant d’entrer en piste. Il avait raison. Un sans-faute en bronze, qui s’est ensuite transformé en argent, puis en or à la suite des deux et quatre barres de Mark Todd/Léonidas et Christopher Burton/Santano II. En individuel, Astier s’offre l’argent, face à un Michael Jung invincible sur son légendaire Sam.

Souvent boudée des médias généralistes, l’équitation est devenue le centre de l’attention. Adulés pour avoir débloqué le compteur de médailles, accueillis comme des héros à l’aéroport, invités sur tous les plateaux de télévision, ils ont porté leur sport sur le devant de la scène. Espérons que l’histoire se répète l’année prochaine, si JO il y a.