Thierry Touzaint : « Le tirage au sort aura une importance capitale »
lundi 21 juin 2021

Thierry Touzaint
Pour Thierry Touzaint, le choix des trois couples à sélectionner pour les Jeux de Tokyo s'annonce des plus délicats © Eric Knoll

À l’issue du Grand National de Vittel qui s’est tenu le week-end dernier, Thierry Touzaint a dressé le bilan de ce concours, le dernier avant la sélection olympique, et répondu aux questions des journalistes.

Quel bilan tirez-vous de ce week-end ?

Le bilan sportif du week-end est assez excellent, il n’y a pas beaucoup de déchets. Les chevaux ont dans l’ensemble très bien dressé et pour certains même mieux que d’habitude, donc c’est plutôt intéressant un mois avant les JO. Le cross, qui n’était pas au rabais, s’est très, très bien couru. Les chevaux sont en pleine forme aujourd’hui (interview réalisée ce dimanche 20 juin, ndlr). Le choix stratégique de venir s’explique d’abord par le fait que j’avais envie de revenir à Vittel. C’est un magnifique parcours qui met pas mal les couples à l’épreuve, avec une grande montée qui fait respirer les chevaux, donc pour préparer les chevaux physiquement c’est vraiment top. Le cross s’est fait vite et bien je dirais, et on n’a eu aucun accroc avec nos chevaux de tête. Ce n’était que du plaisir. On a un beau vivier de chevaux qui sont capables de faire du haut niveau et c’est plutôt rassurant. Les choix seront un peu délicats, mais on va étudier tous les paramètres physiques bien évidemment. Il y a des chevaux qui sont en plus faits pour galoper vite et les paramètres de chaleur et d’humidité là-bas seront importantes. On a pris les lactates, les cardios, il ne nous reste plus qu’à faire la synthèse de tout ça. Tout ça est évidemment à prendre en compte pour la sélection. (Pour l’hippique, retrouvez la réaction de Thierry Touzaint dans l’article paru hier, ndlr). Vous avez bien compris que je n’ai pas le droit de vous donner la sélection !

Certains couples pourraient prétendre à une médaille individuelle et avoir à faire deux parcours d’hippique…

Il va falloir de la fraicheur parce qu’avec deux parcours de saut d’obstacles, il faut des chevaux qui tiennent la route, avec du sang et de la tenue. J’espère qu’on a des espoirs de médailles, on y va toujours pour ça. Mais on va privilégier la médaille d’équipe. Je dis toujours que la médaille individuelle, c’est la cerise sur le gâteau. On construit l’équipe pour l’épreuve par équipe et pas pour le résultat individuel. Tous les cavaliers sont dans cet état d’esprit-là, ils courent d’abord pour l’équipe.

Il y aura un malheureux : le remplaçant. Ira-t-il courir les championnats d’Europe (à Avenches, en Suisse, fin septembre, ndlr) ? 

Sauf s’il a des problèmes de santé, ça sera une récompense bien méritée que d’être remplaçant et de pouvoir faire les Europe. Ça n’a pas été le cas pour Nicolas (Touzaint, remplaçant avec Crocket 30 lors des Jeux de Rio, ndlr) il y a cinq ans parce il n’avait pas les Europe quelques semaines plus tard. Cette année il y a ce championnat, qui est une bonne compensation. Si dans ma sélection, le quatrième ne fait pas les Europe, ça ne serait pas très sympa de ma part. Il faudrait vraiment qu’il y ait une contre-performance ou un pépin physique. Vous pouvez retenir que le premier sélectionné pour les championnats d’Europe sera le remplaçant des Jeux de Tokyo.

Quel va être votre travail de sélectionneur une fois la sélection faite ? La stratégie sera-t-elle forcément d’assurer, comme il n’y a pas de drop score ?

Si on prend cette stratégie, je pense qu’on n’aura pas de médaille donc je ne pense pas que ça sera ma stratégie. On ne peut pas parler tant qu’on n’a pas vu le parcours (de cross, ndlr) et les difficultés. On va forcément privilégier un petit peu la sécurité, mais en général, si on ne prend pas de risques, il n’y a pas de médaille. Les autres vont prendre des risques et si ça passe, on va passer pour des couillons ! Le tirage au sort aura une importance capitale. C’est vrai que savoir qu’un Allemand et un Anglais dérobent sur le cross donne un sacré avantage. Cette formule à trois couples donne une réelle importance au tirage au sort. Avant, c’était déjà le cas, mais là c’est encore pire parce que si on tire le n°15 dans l’ordre de départ et qu’il y a 15 nations, et puis qu’on a les Anglais, les Allemands, les Australiens et les Néo-zélandais en 1, 2, 3, 4… (rires). Bon, à Rio, nous avions le n°1 et nous avons gagné quand même, mais j’avais mis Astier (Nicolas et Piaf de B’Neville, ndlr) stratégiquement en tant qu’ouvreur. D’ailleurs, il n’était pas d’accord au début. À chaque échéance, la stratégie peut être différente. 

Donc vous allez faire en sorte de bien choisir votre ouvreur ? 

De toute manière, ils sont tous bons, je n’ai que l’embarras du choix ! (rires)