Thomas Carlile : « La première place de Birmane ce soir est méritée »
samedi 19 juin 2021

Thomas Carlile et Birmane, en tête à l'issue du cross
Thomas Carlile et Birmane, en tête à l'issue du cross © FFE/PSV

Malgré un parcours décrit comme technique d’après la plupart des cavaliers, le classement reste majoritairement sans grande surprise, surtout aux avant-postes, où les prétendants à la sélection olympique sont tous là, Thomas Carlile et Birmane en tête, après que Thibaut Vallette et Qing du Briot aient été pénalisés de quelques points de temps.

Parés du dossard n°1, Jean-Lou Bigot et Utrillo du Halage ont ouvert la voie à leurs camarades engagés dans la Pro Elite, support de la quatrième étape du Grand National. Une entame d’épreuve qu’ils n’auraient pu espérer meilleure puisque le couple réalise le premier des huit maxis et se hisse ce soir au sixième rang. « Utrillo était égal à lui-même, c’est un bon cheval de cross. Sur le premier gué, il s’est montré un peu timide, peut-être parce qu’il y avait du public, mais c’est un gué sur lequel les chevaux se retiennent puisqu’Aktion s’est comporté de la même manière », expliquait-il après le passage de son deuxième cheval, Aktion de Belhème. Avec lui, le Saumurois est pénalisé de 1,6 point supplémentaire, pour quatre secondes de temps dépassé et se retrouve dixième. Un résultat qui le satisfait tout de même. « Il est moins rapide qu’Utrillo, par contre il est tellement agréable que c’est presque facile avec lui. Il faut préparer un petit peu et il saute tout seul. Les deux dernières combinaisons sont vraiment difficiles et mes deux chevaux les répètent très bien. C’est sympa de rester dans le coup sur de belles épreuves comme ça », confiait-il, toujours avec la modestie qu’on lui connait. 

Les "sélectionnables" vissés aux avant-postes

Dans l’ensemble, ce test de cross n’a pas eu d’effet renversant pour la majorité des concurrents. Notons tout de même l’abandon de Gwendolen Fer et Romantic Love, pourtant troisièmes hier à l’issue du dressage. Espérons que la Toulousaine sorte bientôt de cette mauvaise passe dans laquelle elle est engluée depuis quelques mois. Alors qu’il avait terminé son parcours avec au moins un refus, le cavalier japonais installé dans les écuries de Laurent Bousquet, Atsushi Negishi, a été éliminé a posteriori après confirmation du jury qu’il soit passé avec Ventura de la Chaule à l’extérieur des fanions sur l’un des éléments de la combinaison placée en numéro 13.

Du côté des prétendants à la sélection olympique, pas de couac notable. En tête hier, à égalité avec Thomas Carlile et Birmane, Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE rentrent du cross avec 1,6 point de temps. « Qing a bien couru mais ça tourne pas mal, il y a beaucoup de petits virages qui viennent nous surprendre un petit peu et quand on veut prendre le moins de temps possible, on se retrouve un peu surpris par les tournants », faisait remarquer le lieutenant-colonel. Malgré ces quatre secondes de temps dépassé, ne fait que reculer à la deuxième place. Christopher Six et Totem de Brecey manquent également le maxi pour une petite seconde mais remontent tout de même en quatrième position. « Je n’ai peut-être pas cramponné assez fort, les virages un peu serrés étaient glissants. C’est pour ça que je prends une seconde, je ne voulais pas prendre le risque de me faucher dans un virage, ça aurait été bête, confiait-il. Totem était bien et très droit. On n’avait pas couru depuis Pompadour (en avril dernier, ndlr), ça fait une longue pause donc on va dire que c’était un peu une remise en route. » En revanche, rien à signaler pour Nicolas Touzaint et Absolut Gold*HDC, qui déroulent une prestation parfaite et ferment le top 5. Même scénario pour Astier Nicolas sur un Babylon de Gamma qui confirme sa bonne forme et se place ce soir sur la troisième marche du podium, à peine à plus d’une barre de la tête. « Mon cheval est génial, assurait-il. L’avantage avec lui, c’est que j’ai le correcteur de trajectoire ! » 
La tête justement est tenue par un couple abonné aux bonnes performances, Thomas Carlile et Birmane, maxi également sur ce parcours vittelois. « La jument est de plus en plus facile à monter et rapide dans ses zones d’abord. Elle est prête ! Techniquement, elle a fait ça bien alors qu’il y avait deux ou trois petits pièges où il fallait sauter un peu dans la surprise. Birmane me confirme qu’elle s’attend à tout et qu’elle se donne pour tout. Vraiment, je suis très content et sa première place de ce soir, elle est méritée pour elle. »

Un parcours intense

Pour la première fois cette année, cette étape du Grand National n’était pas à huis clos. Un retour du public qui a fait du bien aux cavaliers, quelques peu surpris tout de même par l’affluence au centre équestre du Rond Pré. « C’est génial pour notre sport, pour nous parce que ça nous encourage, et aussi parce qu’avec le contexte et le site, on était presque dans un contexte de championnat. Pour les chevaux qui vont être amenés à en faire un, c’est une très bonne répétition », expliquait Arnaud Boiteau, qui aligne lui aussi un maxi avec son bon vieux Quoriano*IFCE, qui confirme sa bonne forme après sa troisième place à Pompadour. « Il est dans une bonne phase, je l’ai senti un petit peu plus à l’effort qu’à Pompadour. Il y a plusieurs facteurs : la chaleur, le vallonnement (même si en venant ici, on sait à quoi on s’attend !) et je n’ai pas pu le préparer exactement comme je voulais, il a eu un petit souci cutané donc il a manqué de galops. Mais je suis satisfait de sa prestation d’aujourd’hui parce qu’il y avait la bonne volonté. »
Gireg Le Coz, huitième ce soir avec Aisprit de la Loge décrit également l’ambiance retrouvée avec le public : « C’était super sympa et agréable qu’il y ait du public parce que ça fait longtemps qu’on n’en a pas eu. Les gens nous encourageaient à chaque obstacle du parcours, ça fait plaisir ». Le couple Gireg/Aisprit réalise un bon parcours pénalisé de seulement 0,4 point. « Aisprit était top. C’est vrai que c’est un parcours intense et qu’on n’est pas habitués à autant de dénivelé, soulignait Gireg. Ça fait des sensations nouvelles parce qu’on n’a pas l’habitude de faire des combinaisons dans des pentes aussi fortes. Même si Aisprit y était un peu plus répandu qu’à l’habitude, il répondait très bien. » Cette notion de parcours intense venait également à l’esprit d’Astier Nicolas, qui aurait préféré un parcours plus galopant. « Le tracé était très sinueux, c’était vraiment tourner/freiner/tourner/freiner… par contre la technique était au rendez-vous ! », faisait-il remarquer.
Rendez-vous demain pour l’hippique, dont l’horaire n’a pas encore été communiqué. 

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