Thomas Carlile sur tous les fronts
vendredi 21 août 2020

Thomas Carlile et Birmane au CCI 4* de Jardy (juillet 2020)
Thomas Carlile et Birmane lors du CCI 4* de Jardy, en juillet dernier © Eric Knoll

À cheval, les qualités de formateur de Thomas Carlile ne sont plus à prouver. Fort de cet atout et entouré de propriétaires prêts à le suivre dans son aventure, le cavalier est désormais à la tête d'un piquet de chevaux arrivés à maturité. Grâce à ces chevaux qu'il a lui-même formés, il compte bien s'installer de manière durable au plus haut niveau.

Un peu à l'image d'un lapidaire qui taille ses diamants pour les rendre les plus beaux possibles, Thomas Carlile construit ses chevaux pour les faire briller. Dans ses boxes se trouvent assurément quelques pépites pour évoluer à tout haut niveau. Au Haras du Pin le week-end dernier, il a fait sensation avec Birmane... ou plutôt refait sensation avec elle. Déjà vainqueur du CCI 4* de Jardy, premier grand rendez-vous post-confinement, le couple a confirmé sa bonne forme en terminant deuxième du CCIO 4* du Pin. Thierry Touzaint, le sélectionneur national, ne cachait pas sa satisfaction envers la fille de Vargas de Ste Hermelle, qu’il voit comme « une jument d’avenir qui ne fait que confirmer le bien [qu’il] pense d’elle ». Il lui promet d’ailleurs un avenir radieux, estimant même qu’elle « sera vraiment mature pour Paris. C’est très rassurant pour les années qui arrivent. »
Un bilan en accord avec celui que tire son cavalier. « Elle est arrivée à une maturité et une fiabilité exemplaire, elle est très, très régulière. Elle est très sérieuse sur le plat et améliore ses reprises à chaque sortie », confiait Thomas Carlile, heureux de voir que sa Birmane démontre sa qualité au monde entier.  

Équipé comme jamais 

Il n’y a pas que sur Birmane que le cavalier installé depuis peu en Sarthe peut compter. Aux côtés de la selle français de 9 ans, quatre autres de ses chevaux sont capables d’affronter une épreuve de niveau 4*. En première ligne ce week-end-là, Zanzibar Villa Rose Z. À seulement 8 ans, le fils de Zandor Z fait déjà preuve de beaucoup de maturité, mais son cavalier le considère encore en apprentissage. L’année que Zanzibar est en train de vivre « est toujours difficile parce qu’il arrive sur le haut niveau. Il voit de la technique et des efforts qu’il n’a jamais eus. Il faut arriver à le mettre en confort » et faire les réglages nécessaires lorsque le manque d’expérience conduit à des petites erreurs. Selon les propres mots de Thomas Carlile, le bai avait « survolé l’épreuve de Jardy ». Au Pin, deux barres sur l’hippique et une dérobade sur la combinaison du premier gué l’ont empêché d’accéder à un classement, mais son comportement et sa capacité à se corriger après ses fautes ont satisfait son cavalier. « Il est encore en formation et je pense que d’ici la fin d’année, voire l’année prochaine, il sera au point », souligne-t-il.
Comptez également Atos Barbotière, Bary Louvo et Cadet de Béliard, et vous obtenez le quintette de choc. « Cadet est à nouveau dans le 3*L (au Haras du Pin, ndlr) parce qu’il avait besoin de qualifications, mais ça fait un moment qu’il est prêt à monter en 4* », ajoute-t-il. Doit-on s'attendre à voir Thomas Carlile partout ? « J'espère bien ! », répond-il avec amusement. 

Dartagnan, le chouchou des juments

Évidemment, loin de lui l’idée de se reposer sur ses chevaux de haut niveau. Thomas Carlile possède également un joli piquet de jeunes très prometteurs, dont l’impressionnant Dartagnan de Béliard. Ce fils de Quite Easy, âgé de 7 ans, n’a jamais manqué un titre. Champion de France à 4 et 6 ans, vice-champion à 5 ans, il a conclu cette dernière année de compétition en devenant vice-champion du monde au Mondial du Lion dans les 6 ans. Depuis, l’étalon noir pangaré n’a pas pointé le bout de son nez sur un terrain de concours. « Il est au travail, confirme son cavalier, mais va peut-être être un peu en retard pour se qualifier pour le Mondial du Lion [des 7 ans]. Il y a de grandes chances qu’il retourne au haras à partir de l’automne pour la reproduction et on verra l’année prochaine pour les concours. » De lui, Thomas Carlile semble tout aimer tellement il est pétri de qualités. Des atouts que les éleveurs ont bien remarqués. « Il a eu beaucoup de succès cette année, je pense qu’il a sailli pas loin de 80 juments. Le stock commence à manquer, donc il faut qu’il y retourne, le pauvre ! », lâchait Thomas sur une pointe d’humour. 
Avec le contexte bien particulier de 2020, l’étalon a passé plus de temps à exercer son deuxième métier, celui de reproducteur, et son retour à la compétition a été retardé à cause d’une petite blessure contractée au paddock. « Ce n’était vraiment rien de méchant, mais on a préféré attendre et l’enclencher après le déconfinement. » S’il aurait pu être du voyage au Pin, son entourage a préféré ne pas le mettre dans le rouge et reporter la compétition à plus tard.

Avec une cavalerie aussi fournie, nul doute que l'équipe de France pourra compter sur Thomas Carlile, aussi bien dans les mois que dans les années à venir.