« Actuelle est une jument bouillonnante qui dit toujours oui », Anne-Sophie Serre, championne de France Pro Elite
dimanche 16 août 2020

Anne-Sophie Serre et Actuelle de Massa, championnes de France Pro Elite 2020
Anne-Sophie Serre et Actuelle de Massa, les nouvelles championnes de France Pro Elite © DR/FFE/PSV

En remportant le Grand Prix (74,652%) et le Grand Prix Spécial (75,277%) du Master Pro de dressage à Vierzon, Anne-Sophie serre s’est offert avec son exceptionnelle Actuelle de Massa, son premier titre de championne de France Pro Elite. Tout juste dix ans après le sacre de son mari Arnaud !

Vous venez de décrocher le titre de championne de France Pro Elite avec Actuelle de Massa, 10 ans. Comme vous sentez-vous ? 

Cela a été un moment fort et en même temps que j’appréhendais un petit peu car cette fois si je ne venais plus en outsider mais bien en position de favorite et je n’ai pas l’habitude d’assumer cette place ! C’était une première pour moi donc je suis contente d’avoir pu vivre ce championnat tel qu’il s’est passé hier et aujourd’hui.

Pouvez-vous revenir sur vos deux reprises déroulées avec Actuelle de Massa lors de ces deux jours de compétition ?

Hier, dans le Grand Prix, la jument s’est montrée tout de suite disponible, elle a été un peu impressionnée en entrant sur la piste mais elle a cette faculté à se reconcentrer très vite sur le cavalier. Elle a été exceptionnelle de bout en bout. C’est une jument bouillonnante, pleine d’énergie mais elle le met au service du cavalier, elle dit toujours oui, je n’ai jamais eu de cheval comme cela jusque-là !  

Pour autant vous célébrer aujourd’hui cette victoire loin d’une partie de votre entourage qui se trouvait à Budapest aux championnats d’Europe Jeunes…

Oui mais j’ai énormément de chance d’avoir une équipe comme la mienne avec Arnaud qui a été un exemple toute ma carrière, qui me tire vers le haut et qui me motive. Je reste dans une mouvance positive même lorsque j’étais plus dans l’ombre et si l’on veut progresser avoir quelqu’un comme lui qui me pousse vers le haut c’est une chance. Il est vraiment mon modèle ! Et puis il y a Raphaël (Saleh son entraineur et juge 5*, NDLR) qui est un entraineur formidable avec qui on forme la jument depuis le début. Aujourd’hui il nous suit sur les concours de manière plus régulière et je vois vraiment la différence sur le plan technique mais aussi moral. Il a énormément d’humour, quand je suis un peu tendue il arrive toujours à me faire rigoler. Psychologiquement il a un gros impact sur moi.

On connait les points forts d’Actuelle, notamment son énergie au passage et piaffer, mais pour autant vous n’avez pas trop pris de risques sur ce mouvement ces derniers jours… 

La jument est comme je le disais bouillante, généreuse dans tout ce qu’elle fait et qui déploie énormément d’énergie pour chaque chose. Le piaffer ne fait pas exception et lorsque je la mets vraiment sur place ça peut être désordonner, elle a plus de mal à trouver son rythme. Avec Raphaël on a pris le parti d’avoir toujours une jument qui avance pour la garder juste dans le rythme du piaffer. Elle n’a que 10 ans, on la mettra sur place au fur et à mesure car notre objectif n’est pas de la faire tenir sur une ou deux saisons mais vraiment de penser à l’avenir sur le long terme avec elle. On veut la construire au fur et à mesure pour arriver un jour à avoir un piaffer sur place avec la même qualité que ce qu’elle montre en avançant. Elle très diagonalisée, très énergique, très assise, elle a toutes les qualités pour un très bon piaffer mais pour le moment j’ai encore besoin d’avancer. Il faut savoir encore l’écouter et ne pas être trop gourmande.  

Sur une reprise comme aujourd’hui à plus de 75%, hormis le piaffer dont on vient de parler, que pourriez-vous encore améliorer ?

Peut-être plus de connexion dans le pas allongé pour assurer un 7. Elle n’a pas un très grand pas mais il reste bon. Il ne faut pas l’oublier tout comme le pas rassemblé car ce sont deux notes au coefficient 2 qui sont donc très importantes. Ce sont des choses qu’il faut encore chercher à améliorer mais plus dans la qualité du contact et de la tension de la ligne du dessus plus que dans la qualité de l’allure elle-même.

Les Jeux olympiques repoussés d’un an les championnats de France étaient-ils devenus votre objectif de la saison ? 

Il n’y avait pas grand-chose d’autre à envisager malheureusement. C’est vrai que le report des JO a été une déception pour tout le monde bien que sans surprise. De ce fait, en effet le championnat de France devenait notre objectif. Il faut toujours en avoir car cela permet d’avancer surtout que celui-ci reste un bel objectif d’autant que c’est mon premier titre de championne de France.  Je le glane juste dix ans après le premier titre d’Arnaud dans le championnat Pro Elite qu’il remportait en 2010 avec Hélio II. En 2020 c’est sa femme avec Actuelle de Massa et c’est très bien (rires). 

Quelle est la suite du programme pour Actuelle de Massa mais aussi Ultrablue de Massa que vous aviez commencé à sortir dans le Grand Prix à Mâcon ? 

Cela va dépendre des évènements et de l’évolution de la pandémie mais idéalement on aimerait enchainer sur le CDI de Nice début octobre puis à la mi-octobre sur le CDI d’Ornago, que nous avions fait l’année dernière. Toujours dans l’idéal des choses nous enchainerons sur la Coupe du monde de Lyon début novembre, si elle se maintient. Ultrablue va suivre lui aussi sur ces différents concours. Je ne l’ai pas emmené ici à Vierzon car je ne pouvais pas disposer du gros camion et Renaud (Ramadier, NDLR) méritait de pouvoir participer à ce championnat pour se former et faire du concours. D’ailleurs il décroche la médaille de bronze en Pro 3 avec Come Back de Massa donc l’élevage rentre à nouveau avec deux médailles ! Un mot pour eux d’ailleurs car lorsque je parle du fruit d’un travail collectif ils en font évidemment parti ! Tout cela n’est pas possible sans le soutien d’Anne-Sophie et Sylvain Massa et de leur passion pour ce sport. Je tiens aussi à remercier le staff fédéral pour son soutien pendant cette période si spéciale, du début du confinement à aujourd’hui.