Alexandre Ayache : « Cette année je suis le roi de l’improvisation ! »
dimanche 09 mai 2021

Alexandre Ayache
Alexandre Ayache © Scoopdyga

Le CDI 4* d’Ornago, en Italie, était l’occasion pour un grand nombre de couples tricolores de reprendre le chemin des compétitions internationales à l’approche des Jeux olympiques de Tokyo. Parmi eux, Alexandre Ayache avait fait le déplacement avec pas moins de trois chevaux de Grand Prix, Zo What, Farao Da Raia et Double Dutch. Le cavalier tricolore revient sur la seule épreuve à laquelle il a pu participer, le Grand Prix, sur lequel il s’est notamment classé quatrième avec Double Dutch (71,935%).

Vous rentrez d’Italie avec une 4ième place et une 12ième place dans le Grand Prix qualificatif pour le Spécial du CDI 4* d’Ornago. Des résultats positifs malgré une fin de concours plus compliquée et un départ précipité d’Italie ? (Retrouvez l’article sur le séjour écourté des Français en Italie ICI).

Le premier à prendre le départ de ce Grand Prix a été Farao Da Raia qui sort avec une note de 69,043% alors que nous commettons une faute dans le zig zag au galop, mouvement noté au coefficient 2. Cette faute est totalement pour moi. Je me suis retrouvé trop décalé à droite dans mon dernier compte de six foulées d’appuyer, j’ai essayé de me recentrer mais j’ai redressé trop tôt, je ne l’ai pas assez tenu et nous avons fait une faute. Pour autant, le cheval a été super bien et aurait pu prendre beaucoup plus de points sans cela. Quant à Double Dutch, il a commencé à montrer de quoi il était capable !

Vous obtenez presque 72% avec Double Dutch alors que votre dernière sortie remontait au CDI 3* du Mans, en février, lors duquel il ne s’était pas montré très serein…

Au Mans, il s’était fait peur avec la neige qui glissait sur le toit et qui entrainait des bruits un peu étranges pour les chevaux. Le concours était en indoor, nous venons du sud, nous avons donc l’habitude de travailler les chevaux en extérieur (rires). Il s’agissait aussi de son premier international, du premier concours de la saison après des mois sans sortir, cela faisait donc beaucoup de premières et le cheval était tendu. Depuis, j’ai beaucoup travaillé, j’ai changé d’embouchure, je le monte avec de plus petits éperons, et pour moi, ce qu’il a montré à Ornago, il aurait déjà dû le montrer en février au Mans. C’était finalement son inquiétude sur ce concours qui était une surprise ! En Italie, nous ne réalisons pas la reprise parfaite, il y a une faute dans les deux lignes de changements de pieds mais je me suis régalé et il était vraiment très serein dans le piaffer. D’ailleurs, et ce n’est pas trop mon genre de parler de la notation, il n’y a qu’une seule juge qui a osé mettre les points que le cheval méritait au passage et au piaffer. S’il n’obtient pas 8,5 au piaffer il va falloir que l’on me dise ce que je dois faire de plus puisque le cheval était d’un calme olympien, il était assis, il a beaucoup d’élévation dans les genoux, il rentre et ressort avec beaucoup de facilité… La différence entre les 70-71% que certains juges nous ont mis et les 74% de Marietta Almasy, ont été dans la notation des premiers piaffers pour lesquels elle a mis tout de suite des 8 alors que les autres sont restés plus timides.

En Italie, vous deviez aussi être au départ du Grand Prix avec Zo What, votre cheval présélectionné pour les Jeux olympiques de Tokyo. Il n’était finalement pas au départ de l’épreuve, comment va-t-il ?

Il va très bien ! Il a passé le vet-check sans problème et était prêt pour le Grand Prix mais il s’est mis un coup en face externe de l’antérieur droit. Je ne sais pas trop comment il s’est fait ça, il est protégé du matin au soir mais c’est un cheval qui déborde d’énergie. Il était malgré tout totalement droit et ce matin (interview réalisée samedi, NDLR) il l’est toujours, mais lorsque l’on est sur le CDI 4* d’Ornago au mois de mai, et que l’on sait que nous sommes dans une année olympique, la discussion a vite été prise de ne pas le faire partir. Jan Bemelmans et le staff fédéral ont vu le cheval lors de la visite vétérinaire et même au travail mais nous n’avons voulu prendre aucun risque et nous dire ensuite que ce n’était rien mais que l’on a forcé dessus entrainant ainsi un problème. 

Après les dégâts causés par la tempête Alex, la Covid-19, l’épizootie de rhinopneumonie, le forfait de Zo What et le départ précipité d’Ornago, cela commence à faire beaucoup pour cette année 2021… Avec la quarantaine liée au cas positif déclaré à Ornago, qu’en-est-il de votre participation au CDIO 5* de Compiègne ?

J’ai envie de dire qu’avec tout ce qu’il se passe depuis le début de cette année je suis le roi de l’improvisation ! Nous allons donc continuer à marcher sur un fil et voir comment cela se passe. L’avantage avec Zo What est qu’il est très routiné et il l’a prouvé depuis un an et demi voire même deux saisons. Depuis le CDI 5* de Francfort, que cela soit sur de plus petits concours ou de plus grosses épreuves, il a toujours répondu présent en répétant les points et en faisait son job ! Il est certain que si mon cheval olympique devait être Double Dutch, alors de ne pas pouvoir finir le concours à Ornago et de ne peut-être pas pouvoir concourir à Compiègne aurait été presque dramatique puisque le cheval a obtenu une fois 65% puis 72%, ce qui représente un grand écart. Avec Zo What, j’ai la chance d’avoir répété les bonnes performances, il a énormément de métier et je le connais sur le bout des doigts mais il est certain que cela m’aurait bien arrangé de pouvoir aller à Compiègne histoire de confirmer les points, de répéter encore un coup les mêmes performances ! Maintenant, nous allons voir ce qu’il va se passer avec la quarantaine des chevaux qui sont rentrés d’Ornago et si nous avons la chance de pouvoir aller à Compiègne, j’espère pouvoir y emmener un maximum de chevaux afin de préparer aussi ma relève et de sortir les très nombreux talentueux chevaux que j’ai dans mes écuries.