CDI4* du Mans : les Français jouent leur place à Tokyo, Patrik Kittel encore devant
samedi 19 juin 2021

Patrik Kittel et Well Done de la Roche CMF
Patrik Kittel et Well Done de la Roche CMF © Les Garennes

Vainqueur du Grand Prix et de la Libre du CDIO 5* de Compiègne, fin mai, c’est sur le premier CDI 4* du Mans que le Suédois Patrik Kittel est venu terminer sa préparation olympique avec Well Done de la Roche CMF. Le couple s’est emparé ce vendredi du Grand Prix qualificatif pour le Grand Prix Spécial tandis que les Tricolores continuent de défendre leurs chances en vue d’une sélection pour Tokyo.

Le CDI4* du Mans est incontestablement le rendez-vous qu’il ne fallait pas manquer pour espérer intégrer l’équipe de France aux Jeux olympiques de Tokyo, dont les épreuves débutent le 25 juillet. Annoncé comme la dernière étape de sélection par le staff fédéral, c’est en toute logique que les couples pressentis pour s’envoler pour le Japon se sont tous retrouvés en cette fin de semaine au Boulerie Jump, à l’exception de Nicole Favereau avec Ginsengue. Vingt-cinq couples étaient alors au départ du deuxième Grand Prix de la semaine, cette fois qualificatif pour le Grand Prix Spécial, dont neuf qui représentaient la France. « On a regroupé tous les couples pressentis pour Tokyo dans le Grand Prix qualificatif pour le Spécial puisque ce dernier est aussi une épreuve importante au Japon. Si le Grand Prix va en effet définir le classement des huit équipes qui vont se qualifier pour le Spécial, notre but est quand même d’atteindre cette finale par équipe, il était donc intéressant pour les cavaliers de dérouler cette épreuve ici au Mans », souligne Emmanuelle Schramm qui, accompagnée de Jan Bemelmans, de Sophie Dubourg et Stéphane Fresnel (le vétérinaire de l’équipe de France), a pu observer tous les couples sur ce dernier Grand Prix avant l’annonce de la sélection olympique le 1er juillet par le CNOSF. « La saison a été chaotique pour tout le monde mais certains ont quand même réussi à sortir un peu plus en fonction des aléas. Il y a aussi des chevaux qui n’ont pas beaucoup évolué en concours et à qui cela a clairement manqué », poursuit-elle. Cela a notamment été le cas pour Actuelle de Massa sous la selle d’Anne-Sophie Serre, qui après une très belle saison en 2019 et un titre de championne de France Pro Elite en 2020, n’a évolué en compétition internationale que deux fois cette année, à Hagen, fin avril et ici-même, au Mans. Le couple a déroulé un Grand Prix très sérieux malheureusement entaché d’une grosse faute sur le dernier piaffer sur la ligne finale. Un désordre qui coûte très cher à la protégée de l’élevage Massa et sa cavalière, qui sortent malgré tout de piste avec une note de 69,109% (13ième). Un manque de sorties notable aussi pour Arnaud Serre, absent des terrains internationaux depuis mars 2020 avec Vistoso de Massa. Si le couple parvenait à dérouler son premier Grand Prix de l’année lors du CDI 3* de Compiègne, Arnaud est toujours en pleine rééducation du bras gauche après s’être fracturé l’humérus fin avril. Le cavalier a dû composer avec une énergie un peu débordante de son partenaire gris et sort de piste avec un score de 67,392% (17ième). Elle aussi inscrite sur la liste JOP 2021 pour Tokyo, Isabelle Pinto obtient une note de 68,848% avec La Gesse Hot Chocolate VD Kwaplas pour une 14ième place, après avoir obtenu des notes de plus de 70% sur les CDI4* d’Ornago et CDIO5* de Compiègne. 

Morgan Barbançon et Sir Donnerhall II meilleurs tricolores

Lui aussi absent de la scène internationale en 2020 mais sacré vice-champion de France Pro Elite à Vierzon, Zo What, sous la selle d’Alexandre Ayache, réussissait un début de saison 2021 parfait en décrochant un score de plus de 72% dans le Grand Prix du CDI3* du Mans, en février dernier. Le fils de Scandic se blessait malheureusement à Ornago, en Italie, début mai, alors qu’il était engagé dans le CDI4*. Une blessure qui éloignait aussi le couple du CDIO5* de Compiègne. De retour sur la dernière étape de sélection des Bleus pour Tokyo, la paire a elle aussi présenté un Grand Prix sérieux, très bien géré par le cavalier du sud de la France. Malgré une note sévère de 65,761% du juge néerlandais Eduard de Wolff van Westerrode, Alexandre et Zo What parviennent quand même à décrocher une moyenne de 69,913% (10ième). Le cavalier présentait aussi sur ce Grand Prix son qualiteux mais encore délicat Double Dutch, avec lequel il obtient la note de 64,652%. La meilleure performance tricolore est alors revenue à Morgan Barbançon, grâce à une reprise maitrisée et un Sir Donnerhall II OLD toujours aussi stable dans ses points. Le couple a obtenu une note de 72,674% et la troisième place de l’épreuve. « Je suis très contente du cheval mais je suis assez fâchée après moi d’avoir plutôt mal monté mes appuyers qui sont l’un de nos points forts habituellement », lance celle qui prépare ses deuxièmes Jeux olympiques mais les premiers sous les couleurs du drapeau français. « Gus est de plus en plus stable et de plus en plus motivé à chaque sortie. Il est beaucoup plus frais et désormais on ne voit plus un cheval que je dois pousser en permanence. Je suis un peu déçue des points, notamment ceux du juge belge mais je suis contente de voir que mon plan de préparation pour Tokyo fonctionne. En effet, pour la détente du Grand Prix, j’ai mis en place le protocole que je souhaite faire à Tokyo en raison de la chaleur qui nous attend sur place, à savoir un échauffement très court, de 20 minutes dont 5 minutes de pas ! », précise Morgan qui sera donc au départ du Spécial dimanche. « Gus profitera ensuite d’un peu de repos mais il ne ressortira pas d’ici à son départ en quarantaine le 6 juillet. Nous allons faire des balades et je vais me concentrer sur son cardio, le garder en forme physique et travailler sur le côté explosif ». Une autre tricolore a su tirer son épingle du jeu sur cette dernière étape de sélection, Maxime Collard avec Cupido PB. Le couple a franchi pour la première fois la barre des 70% en international, décrochant même une note de 71,848% synonyme de 4ième place, grâce notamment à un travail au passage et piaffer très dynamique. Des résultats qui ne vont pas manquer de faire réfléchir le staff fédéral en vue de l’annonce des noms des quatre couples qui prendront l’avion pour Tokyo le 14 juillet. « Il reste encore le Spécial de dimanche puis nous allons voir tous les chevaux lundi pour un contrôle vétérinaire puisqu’il ne s’agit pas d’un petit déplacement, cela va donc évidemment faire partie des critères de sélection, précise Emmanuelle Schramm. Nous allons échanger avec Jan et Stéphane puis nous allons proposer notre sélection de quatre couples à Sophie Dubourg et Serge Lecomte qui la proposeront au CNOSF ». Le 6 juillet, les quatre heureux élus entreront en quarantaine dans une écurie en Normandie avant de prendre la route pour l’aéroport de Liège le 14 juillet. « Les chevaux s’envoleront le soir même tandis que les cavaliers et le staff prennent l’avion le 15 dans l’après-midi. Si Aix-la-Chapelle sera le site de quarantaine de nombreuses nations, nous avons décidé de rester en France, entre nous, sur un site validé par la DSV, puisqu’il s’agit aussi avant tout d’un regroupement de préparation ».

Patrik Kittel sans surprise

Du côté des résultats, c’est sans trop de surprise le Suédois Patrik Kittel qui a remporté ce Grand Prix qualificatif pour le Spécial, en selle sur sa jument Well Done de la Roche CMF. Pour sa deuxième sortie officielle cette saison, la sensible jument baie a prouvé à son cavalier qu’il pourrait compter sur elle à Tokyo. « Je pense qu’elle était encore meilleure qu’à Compiègne, encore plus relâchée, elle a bien marché, elle a présenté de bons allongements qui n’ont jamais été son point fort, mais la différence avec Compiègne est que nous avions les juges des Jeux olympiques alors qu’ici on sent que certains se cherchent un peu plus ». Avec une note de 76,196% (et deux juges à 74%), le chef de file suédois devance alors sa partenaire d’équipe et son élève, Juliette Ramel avec Buriel KH (72,783%). Et pour sa première édition du CDI4*, le Boulerie Jump du Mans a pu compter sur une très belle participation internationale et la venue de cavaliers de renom, à cheval mais aussi à pied, tels que les Néerlandais Anne Meulendijks et Hans Peter Minderhoud, les Suédois Patrik Kittel et Therese Nilshagen (Dante Weltino), le Finlandais Henri Ruoste ou même l’Allemand Hubertus Schmidt. « On sent qu’il y a un très beau potentiel pour organiser un bel évènement de niveau 4* mais il y a encore quelques réglages à trouver pour un concours de cette catégorie. Pour une première en 4* et en extérieur il y a de nombreux points positifs, le nombre de piste pour monter, leur qualité, les boxes, et je pense que les nombreuses annulations de concours et la proximité de ce 4* avec Tokyo ont permis au Mans d’attirer de belles têtes d’affiche qui n’étaient jamais venues ici », souligne le 14ième au classement mondial. Alors que l’annonce de la sélection suédoise devrait avoir lieu mercredi ou jeudi de la semaine prochaine, Patrik Kittel se dit plutôt serein quant à son départ pour le Japon. « Je dois dire qu’après ce Grand Prix je suis assez confiant sur ma sélection pour Tokyo, si rien ne se passe d’ici-là », lâche-t-il en riant. Pour les Français, habitués au terrain du Boulerie Jump, le concours est resté fidèle à lui-même. « C’est toujours un concours très agréable, les pistes sont très bonnes et nous avons eu un plateau très relevé », précise Morgan Barbançon tandis que Marie-Emilie Bretenoux renchérit, « en France nous avons la chance d’avoir de beaux concours, très bien organisés, avec de bonnes pistes, on peut quand même dire que nous sommes vraiment gâtés ». 

En 2022, le CDI4* du Mans retrouvera sa date initiale, prévue début mai, avec le retour très attendu des Coupes des nations Jeunes. « Je tiens à remercier Stéphane Bonifay et EquiAction pour leur implication sans laquelle l’organisation de ce 4* n’aurait pas été possible, notamment d’un point de vue des dotations », conclut Emmanuelle Schramm. 

Les résultats complets sont à retrouver ici.