CDI5* Lyon : Isabell Werth, encore
jeudi 28 octobre 2021

Isabell Werth et Weihegold remportent le Grand Prix short d'Equita Lyon
Isabell Werth et Weihegold remportent le Grand Prix short d'Equita Lyon © PSV Photos

Après une année blanche, la piste de Lyon a retrouvé ce jeudi ses habits de Coupe du monde. C’est le dressage qui a ouvert le bal avec le Grand Prix, qui se courrait sur le format court. Sur cette reprise, où les mouvements s’enchainent plus vite, c’est une nouvelle fois Isabell Werth qui a pris le meilleur sur ses concurrents, avec sa fidèle Weihegold*OLD.

Après avoir remporté avec Emilio 107 les éditions 2016, 2017 et 2018, Isabell Werth compte cette année à Equita Lyon sur non pas sur le fils de Ehrenpreis mais sur Weihegold OLD (Blue Hors Don Schufro) pour ajouter un nouveau trophée à sa collection. Ce jeudi matin, elle a une nouvelle fois récolté la meilleure note auprès des juges, qui l’ont gratifiée de 78.421%. « Je suis très contente de Weihegold, affirmait-elle après la remise des prix. Bien sûr il y a encore quelques petites choses à améliorer, sur lesquelles elle n’était pas très à l’aise et ne savait pas vraiment quoi faire ni où aller. Elle a quand même très bien fait son travail. » En effet, la cavalière détentrice de pas moins de cinquante-deux médailles en grands championnats déroulait pour la première fois la version courte du Grand Prix, imposée par la FEI pour faciliter la retransmission télévisuelle. « C’était un sentiment très étrange, explique-t-elle. Weihegold était un peu surprise, il faut dire que ça faisait six ans qu’on déroulait le même Grand Prix. Même si nous avons travaillé ce nouveau format à la maison, c’était vraiment différent de la présenter en concours. » Avec moins de temps accordé à chaque reprise, les figures s’enchainent plus vite et la moindre erreur a évidemment des répercussions sur le mouvement en cours, mais peut aussi en avoir sur les figures à venir. « Je vois difficilement en quoi elle est bénéfique pour la discipline, lâchait Isabell Werth. Il n’y a presque pas de moment suffisamment long pour remettre de l’ordre et je trouve que la reprise est tellement courte que vous avez l’impression qu’à peine commencée, elle se termine déjà. » Mais visiblement, l’inédit réussi aussi à la cavalière allemande puisqu’elle devance son compatriote Frederic Wandres, sur Duke of Britain FRH (Dimaggio), d’environ 2.5 points (75.947). La troisième place revient au Danemark et alors qu’on aurait pu attendre Cathrine Dufour, vainqueur de l’étape Coupe du monde d’Herning la semaine passée et qui venait pour la première fois à Equita Lyon, c’est Nanna Skodborg Merrald qui vient talonner Frederic Wandres. Avec Atterupgaards Orthilia (Gribaldi), seize ans, elle s’adjuge une jolie moyenne de 75.342%. Cathrine Dufour termine quant à elle sixième avec le jeune (mais déjà très bon) Vamos Amigos (Vitalis), neuf ans, légèrement inquiet par l’ambiance et qui obtient 73.895%. 

« J’adore ce format court ! »

Neuvième avec Quantico (Fighting Fit) pour 71.842%, le jeune et sympathique Espagnol Juan Matute Guimon revenait à Equita avec la rage au ventre. « Quand je suis rentré sur la piste, je me suis dit "C’est parti pour le show, je donne tout". Je suis un showman, j’adore quand il y a du public, de l’ambiance, des gens qui applaudissent, donc demain je ferais tout mon possible pour être dans les huit et faire le tour d'honneur », déclarait-il avec une énergie débordante. « Demain, je suis sûr que je serais en mesure de faire une bonne performance et obtenir de tous les juges un bon score, même celui en C ! », plaisantait-il. En effet, alors que ses collègues le notaient tous à plus de 71.842%, la juge Francis Verbeek van Rooij abaissait le score de plus de deux points. « Je pense que la juge en C voyait plus facilement l’orientation du cheval et le pli, ce qui peut parfois être difficile à gérer avec Quantico parce qu’il est chaud, analyse l’Espagnol. Parfois, il est tellement chaud qu’il a tendance à se reculer et je suis pénalisé pour un manque de tension. » Contrairement à la multi-médaillée Isabell Werth, lui s’est régalé sur la piste lyonnaise. « J’adore ce format court ! C’est rapide, ça va vite, les mouvements s’enchainent. Il faut dire aussi qu’aujourd’hui j’ai fait une reprise sans faute, je ne sais pas ce que ça aurait donné avec des fautes parce que tout s’enchaine très vite et que les mouvements arrivent sans prévenir », reconnait-il. Là où certains se sont sentis déboussolés par le changement, lui a apprécié la nouveauté. « Quantico connait tellement la reprise habituelle qu’il anticipe les mouvements. Là, il attend mes demandes, j’étais vraiment content de lui. » Il aurait d’ailleurs été difficile pour le hongre de quinze ans de connaître la reprise en avance puisque même son cavalier ne la connaissait pas avant de prendre la route pour la Ville des Lumières. « Je l’ai apprise dans le camion cette semaine et j’étais très surpris de n’avoir oublié aucune figure et d’avoir suivi le tracé comme il le fallait ! », s'amusait-il avec un sourire communicatif. 

Morgan Barbançon huitième 

Côté Français, ils étaient quatre à se présenter devant les juges. Sans surprise, Morgan Barbançon réalise la meilleure performance avec son inséparable Sir Donnerhall II. Comme il y a deux ans, le fils de Sandro Hit a laissé explosé sa fougue au moment de quitter le rectangle, même si cette fois, la figure est apparue moins acrobatique pour sa cavalière. « Gus était en très, très bonne forme aujourd’hui, peut-être un peu trop », souriait-elle. Après un début de reprise où « le feeling était superbe », Morgan s’est retrouvée quelque peu dépassée par l’énergie de son cheval dans le deuxième appuyer, où celui-ci lui a « un peu pris la main », entrainant une « perte de contrôle, ce qui me fait rater mon enchainement arrêt/reculer, c’est dommage », analyse Morgan, qui n’a pas manqué de faire remarquer les progrès de Gus dans le piaffer. En revanche, « il y a eu des fautes au galop que nous ne faisons normalement jamais, c’est vraiment dommage. » Malgré ces petites erreurs, le couple termine huitième (et dernier classé !) avec une moyenne de 72.079%. Morgan se dit contente de sa reprise et de l’état de forme de l’étalon âgé de quinze ans, avec qui elle vise la finale Coupe du monde, qui se déroulera à Leipzig du 6 au 10 avril 2022. « Nous avons raté les deux dernières, qui ont été annulées. J’espère que cette fois sera la bonne ! », conclut-elle. 

Un peu plus loin dans le classement, on retrouve Anne-Sophie Serre, ouvreuse de l’épreuve, en onzième position avec Actuelle de Massa (Pastor Gub Lus), notées à 69.905%. Marie-Emilie Bretenoux et Quartz of Jazz (Lawrence) voient leur moyenne s’afficher à 68.553%, les plaçant au quinzième rang. Une moyenne nettement abaissée par la juge en C qui les notait à 66.184 alors que les quatre autres accordaient au minimum 68.816%. Pour sa première apparition en Coupe du monde avec Silvermoons Mariechen (Silvermoon), Pierre Volla termine seizième avec un total général de 68.184%. Seuls les quinze meilleurs étant qualifiés pour la reprise libre en musique, qui se teindra ce vendredi à partir de 16 heures, ce dernier ne pourra pas y prendre part. 

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