Corentin Pottier : « Pour un premier Grand Prix je ne pouvais pas rêver mieux »
dimanche 25 avril 2021

Corentin Pottier et Gotilas du Feuillard
Corentin Pottier et Gotilas du Feuillard sur le Grand Prix du Mans © Coll.

Douzième des championnats du monde à 7 ans, champion de France des 7 ans et vice-champion de France en Pro 2, Gotilas du Feuillard faisait ses grands débuts en Grand Prix ce week-end à l’occasion du concours Pro Huis Clos du Mans. Et pour une première, le fils de Totilas de 10 ans n’a pas déçu son cavalier, Corentin Pottier, décrochant une troisième place avec une note encourageante de 69,710%.

Quel est votre sentiment sur ce premier Grand Prix déroulé en compétition avec Gotilas du Feuillard ? 

C’était super, je dois dire que je suis très content de mon cheval, il s’est très bien comporté. Pour un premier je ne pouvais pas rêver mieux. C’était fluide, facile, ce n’était pas parfait car il y a eu quelques petites fautes sur une pirouette, le changement de pied après l’allongement au galop, mais sur ses points forts comme le passage et le piaffe, cela s’est super bien passé. Cela a confirmé le sentiment que nous avons notre place à ce niveau.

Quel était le mot d’ordre pour ce premier Grand Prix ? 

Je l’ai monté très relâché. Je suis arrivé dans la piste en me disant que techniquement nous étions sûrs de nous, que nous sommes prêts et que cette bonne préparation amène à un bon résultat. L’objectif n’était pas d’aller chercher les plus gros points possibles mais vraiment de faire la reprise la plus propre, la plus fluide possible, que tout le monde soit en confiance pour que par la suite, nous puissions nous rapprocher de ce que l’on sait faire à la maison. Nous n’avons pas un axe de travail précis puisque tout est plutôt pas mal, on va juste faire en sorte que les 7 deviennent des 7,5 et que les 8 restent des 8 (rires).

« Je garde les championnats d’Europe dans un coin de ma tête »

Vous avez effectué de nombreuses sorties en Pro 1 avant de vous lancer sur le Grand Prix. Etait-ce une préparation indispensable ? N’avez-vous pas regretté d’attendre pour effectuer ce premier Grand Prix ?

Je n’ai pas du tout de regret de ne pas m’être lancé plus tôt, au contraire. Le cheval était censé faire le CDI en février, ici au Mans, mais j’ai finalement mis un gros coup de frein en disant que je ne me sentais pas, que je n’étais pas prêt, j’ai donc dit que ce n’était pas la bonne marche à suivre au dernier moment. Puis, le Grand National sur lequel nous étions à nouveau engagés le mois dernier, toujours au Mans, a été annulé ce qui nous a mis un deuxième coup de frein qui n’était pas de ma volonté cette fois-ci. Cela a finalement été très bénéfique puisque pendant ces deux mois j’ai beaucoup répété les bases pour arriver sur ce premier Grand Prix vraiment très sereinement. Et je pense que d’avoir fait les Pro 1 (que le couple gagne à plus de 72% la veille du Grand Prix, NDLR) avant cela a bien évidemment tout changé, pour le cheval comme pour moi. Ce n’est pas pour rien que tous les commentaires que j’ai et l’impression qui ressort de cette reprise sont la fluidité, la facilité, et je pense que si j’avais été plus vite, si j’avais tout de suite fait le Grand Prix en me disant que c’était l’objectif final, je serais allé droit dans le mur. Avec du recul, maintenant que le premier Grand Prix est passé, je suis convaincu que c’était la bonne chose à faire.

Avant même que Gotilas n’ait déroulé son premier Grand Prix, tout le monde parlait de lui, la presse, les gens du milieu, il y avait et il y a toujours beaucoup d’attente autour de lui. Comment vivez-vous cette pression permanente ? 

Pour être honnête c’est un phénomène qui existe depuis sa première épreuve dans les 7 ans. Il a toujours suscité cet engouement, cette attente et cela a été confirmé lors des championnats du monde à Ermelo. Il y a toujours eu beaucoup d’attente autour de lui donc d’une certaine façon je n’ai jamais été aussi prêt à commencer un niveau que là sur le Grand Prix. Après coup, je me dis que c’était presque plus facile d’avoir fait le Grand Prix que lorsque j’ai commencé les Pro 1, les Pro 2. Je savais que cela pouvait bien se passer, je n’avais pas de pression extérieure. Il est évident que lorsque nous avons fait les plans en début de saison j’ai ressenti de la pression mais je pense que plus on est sûr de soi techniquement moins on ressent de pression. Il y a un vrai travail technique qui a été fait sur le cheval pour cette échéance-là, mais il y a aussi eu un gros travail de préparation mentale.

Quels sont vos plans pour la suite de la saison ? 

Il est un peu compliqué de prévoir quoique ce soit vraiment en avance puisqu’il y a encore des annulations de concours mais l’objectif de la suite de la saison va être de participer à des internationaux et au Grand National en parallèle. L’idée est de confirmer nos bons débuts et surtout de rester dans le même état d’esprit dans lequel nous sommes avec ce cheval depuis le début, à savoir ne pas aller trop vite, y aller étape après étape et jusque-là cela a très bien fonctionné. On envisage d’aller sur un CDI début mai en Belgique ou Hollande puis nous espérons participe au CDI 3* de Compiègne fin mai.

En septembre prochain, les championnats d’Europe se tiendront à Hagen, en Allemagne. Gardez-vous cette échéance dans un coin de votre tête ? 

Les championnats d’Europe auront lieu en fin de saison, c’est une réalité et si je ne connais pas les plans de la Fédération, il s’agit d’une des plus grosses échéances qui existe. Si cela continue à se passer aussi bien avec mon cheval et que l’on prend des points sur les internationaux cette échéance sera bien évidemment dans un coin de ma tête.