En stage avec Jessica Michel-Botton : Redonnez-lui confiance
mercredi 16 décembre 2020

Aurore Delbecque au travail avec sa jument avec les conseils de Jessica Michel-Botton © DR

Dans ce troisième sujet technique réalisé lors du stage Dressage Pro avec Jessica Michel-Botton, organisé au mois de novembre au Pôle européen du cheval du Mans, la cavalière au trente-et-uns titres de championne de France Jeunes Chevaux apporte des conseils pour redonner confiance à votre cheval.

Venue de Belgique, la cavalière professionnelle Aurore Delbecque participait pour la première fois à un stage avec Jessica Michel-Botton. L’occasion pour elle de présenter sa bonne mais délicate jument de 12 ans, avec laquelle elle aborde à la maison les changements de pieds rapprochés, les pirouettes et les appuyers. « J’ai bien aimé la jument mais Aurore m’a tout de suite précisé qu’elle pouvait être délicate. Elle peut se faire un peu peur lorsque cela devient un peu dur pour elle et si sa cavalière va trop vite dans sa détente, cela peut la perturber, explique Jessica, il fallait alors trouver le bon fonctionnement pour lui redonner confiance puisqu’en début de séance, elle est sortie deux fois des aides alors qu’on ne lui demandait rien ». Avec un cheval qui peut se remonter dans la nuque et se figer dans le dos, pensez toujours à trouver une position confortable qui lui permettra d’utiliser tout son corps pour travailler. Pour Jessica, « on avait le sentiment que la jument n’avait pas trop confiance en elle ».

Gérer un problème de façon positive

Si le premier jour la jument de 12 ans a facilement coopéré, acceptant toutes les demandes de sa cavalière sous les conseils de Jessica, les difficultés rencontrées le lendemain n’ont pas été vaines. En effet, pour Jessica, lorsque des cavaliers viennent en stage, il est souvent très bénéfique de pouvoir observer les difficultés qu’ils rencontrent chez eux. « Si ce n’est évident pas ce que l’on souhaite, dans le fond en tant qu’entraineur, c’est bien de pouvoir voir ce qui ne va pas afin d’aider le cavalier. Le but des stages est quand même d’apporter des conseils dans ce genre de situation ».

Pour cela, Jessica a indiqué à Aurore de remettre sa jument dans une attitude un peu plus basse, en lui demandant de rallonger ses rênes pour lui permettre de rester plus décontractée dans le contact. « Elle a tendance à s’accrocher un peu ce qui, je pense, provoque trop de pression sur la ligne du dessus de la jument, elle peut alors se bloquer. Mais le but était quand même de faire des choses plus techniques que la veille puisque la jument est plus avancée dans son travail », poursuit Jessica. Et pour cela, Jessica a amené le couple à retrouver une confiance suffisante pour justement lui permettre de travailler sur des éléments plus techniques. « Au début, la jument était très crispée sur les changements de pieds, j’ai donc demandé à Aurore de rester sur un cercle de 20m au galop, de rallonger ses rênes de plusieurs centimètres tout en sentant la réactivité à la jambe ». Un travail de base que Jessica affectionne tout particulièrement. « La jument pouvait se freiner spontanément dans le dos et ne trouvait plus la possibilité de passer le changement de pieds avec son dos », explique la coach. « Garde de la rondeur avec la nuque plus basse sur le cercle à main gauche, caresse avec ta main gauche et pense à régulièrement sentir la réactivité à la jambe », pouvait-on entendre depuis le bord de piste. Mais pourquoi Jessica insiste-t-elle sur le fait de caresser avec la main intérieure ? « Pour qu’elle relâche un peut le contact sur sa rêne intérieure car elle ne laissait pas la possibilité à la jument de changer de pied », précise-t-elle.

Vers le confort

Installée sur le cercle de 20m au galop, dans une attitude plus basse sur des rênes mi-longues, Aurore peut enfin prendre la demi-diagonale pour changer de pieds. « La jument sait changer de pied, ce que nous cherchions était de la mettre dans le bon galop et dans une position de confort, pour lui montrer que même si elle était un peu plus délicate aujourd’hui, il était possible pour elle de travailler sur quelque chose de plus technique. Qu’en trouvant la position qui lui permet de fonctionner dans son corps, c’était possible de le faire », analyse la coach. Si sur les premiers changements de pieds la jument pouvait marquer un temps d’arrêt dans le mouvement, la persévérance et l’attention d’Aurore aux conseils prodigués par Jessica ont rapidement porté leurs fruits. « Lorsque un cavalier n’est pas habitué à monter avec des rênes plus longues, ce n’est pas facile au début. Mais c’est ce que nous voulons pour que la jument travaille avec son corps et son dos », insiste Jessica. « Donne lui du courage sur le cercle au galop, reste bien assise dans ta selle, conserve l’activité, sens ta rêne extérieure et prends la petite diagonale pour changer de pied, lâche-t-elle en précisant, on veut garder de l’activité dans le galop car la jument peut s’arrêter dans le mouvement, comme si elle avait une crainte d’y aller ».

Et pour continuer dans la remise en confiance, Jessica conseille à Aurore de se mettre en équilibre au galop après la bonne exécution du changement de pied. « Toujours en caressant avec la main intérieure, pour que la jument sente qu’on lui demande des choses faciles, que l’on n’est pas trop exigeant avec elle puisqu’aujourd’hui, nous avions le sentiment qu’elle n’avait pas trop confiance en elle ». Une fois les changements de pieds isolés stabilisés, le travail s’est poursuivi sur des appuyers au trot, avec toujours en tête cette notion de confort pour conserver la confiance retrouvée. « On prépare d’abord l’appuyer sur une volte sur laquelle on ne veut pas que la jument remonte trop sa nuque. Comme au galop, Aurore devait caresser avec sa main intérieure dans l’appuyer, toujours pour éviter que sa jument ne se fige dans l’encolure et n’est plus la possibilité de continuer à trotter et rebondir dans le mouvement ».

Tout est une nouvelle fois question de confort. « Je pense que c’est une jument sensible et qui, lorsqu’elle manque un peu de courage, ne veut plus trop faire l’effort d’y aller. Il faut donc trouver une position confortable pour la redescendre en pression avant de lui redemander l’exercice », conclut Jessica. Et pour Aurore, ces deux jours de stages avec Jessica auront été plus que bénéfiques. « Je pense que le travail effectué avec elle va m’apporter beaucoup plus de justesse. J’ai vraiment aimé son approche dans le calme et dans le respect du cheval », s’enthousiasmait la stagiaire, impatiente de renouveler l’expérience.