Finale Grand National Dressage : les Ecuries Coho et Cavalcar à l’honneur au Mans
dimanche 20 décembre 2020

Morgan Barbançon Mestre et Sir Donnerhall II, vainqueurs de cette ultime étape du Mans
Morgan Barbançon Mestre et Sir Donnerhall II, vainqueurs de cette ultime étape du Mans © FFE/PSV

Pour la première fois en treize saisons du Grand National, les écuries engagées dans cette édition 2020 devaient se qualifier pour une grande finale avant de pouvoir connaitre le nom de celle qui serait sacrée cette année. Un rendez-vous auquel les huit meilleures écuries au classement général de la saison étaient alors conviées.

La saison 2020 du Grand National FFE-AC Print s’est conclue sur une nouveauté, une double finale en dressage et saut d’obstacles. À l’issue de quatre étapes, les quinze écuries engagées dans le circuit en dressage ont pu accumuler des points pour tenter d’intégrer le Top 8 du classement général à l’issue de la dernière étape, à Cluny, en septembre. Initialement prévue en parallèle du salon Equita Longines, à Lyon, l’annulation de l’évènement en raison de la Covid-19 a poussé la Fédération française d’équitation à repenser l’organisation de cette finale, finalement tenue au Pôle européen du Mans. Organisée en deux temps, d’abord sur le Grand Prix puis sur la Reprise Libre en Musique, cette finale du Grand National regroupait donc les huit meilleures écuries du classement général de la saison. Cependant, seules les six premières pouvaient encore engranger des points sur cette finale pour le classement général du circuit, avec en tête l’Ecurie Cavalcar, représentée par Charlotte Chalvignac et Maxime Collard, devant les Ecuries Coho (Stéphanie Brieussel et Morgan Barbançon-Mestre) et Forestier-E-Riding Solutions (Nicole Favereau et Marine Subileau). Ces trois écuries n’ont évidemment pas manqué ce dernier rendez-vous ! Et pour l’occasion, ce ne sont pas un mais bien deux prix qui auront été décernés à la fin du week-end. Le premier, pour la meilleure écurie de la finale, le second pour récompenser l’écurie la plus régulière. « Le classement par écurie en fin de saison est l’essence même du Grand National et cette finale permettait d’apporter les derniers points pour définir ce classement définitif. Il y avait donc deux classements et deux dotations permettant de redistribuer de l’argent aux cavaliers, ce qui tombait bien puisque nous nous sommes trouvés dans une année difficile, explique Jean Morel, directeur du Grand National en précisant, après treize années du Grand National il était important de changer les règles et d’évoluer. Cette finale redynamise le circuit ». 

Coho domine la finale…

Alors que douze couples étaient au départ du Grand Prix, ils n’étaient que six à repartir dans la Reprise Libre en Musique, deuxième manche de cette finale, soit le meilleur couple de chaque écurie à l’issue de la première manche. C’est sans trop de surprise que la meilleure cavalière française du classement mondial, Morgan Barbançon-Mestre, a dominé ces deux épreuves en réalisant les très bons scores de 73,935% dans le Grand Prix et de 78,425% dans la Libre. Deux victoires qui ont permis à l’Ecurie Coho - avec Stéphanie Brieussel, elle aussi présente au Mans avec Amorak - de s’imposer dans cette toute première édition de la finale du Grand National. « C’est la deuxième année que je participe au Grand National qui est vraiment un chouette circuit. Il nous offre quasiment des conditions que l’on retrouve en internationaux avec de bonnes pistes, de bons juges, de beaux terrains, de bons horaires. Et puis, cette année, les étapes du Grand National ont quasiment été les seuls concours que nous avons pu faire donc il a été très important pour nous, a réagi Morgan après sa victoire en ajoutant, sur le Grand Prix, pour la première fois, j’ai senti que lorsque je suis entrée en piste Gus (Sir Donnerhall II OLD, NDLR) me disait que nous allions le faire ensemble. Il a beaucoup mûri cette année et même si nous savons qu’il n’est pas le cheval pour être numéro un mondial, il a tout donné et jusqu’à présent, je n’avais jamais eu ce sentiment ». Grâce à leur deuxième place dans le Grand Prix (71,109%) et dans la Libre (75,980%), Nicole Favereau et Ginsengue ont classé leur écurie Forestier-E-Riding Solutions à la deuxième place de cette finale, devant l’écurie Kineton-Planète Broderie, (avec Bertrand Liegard) représentée au Mans par Marie-Emilie Bretenoux et Quartz of Jazz (69,566% et 73,790%). 

… et Cavalcar s’empare du titre

Malgré sa victoire dans la finale, l’Ecurie Coho n’est pas parvenue à rattraper son retard de six points sur l’Ecurie Cavalcar (Charlotte Chalvignac Vesin et Maxime Collard), qui après ses victoires à Vierzon et Cluny et une quatrième place dans la finale, remporte finalement le circuit 2020. L’Ecurie Coho est donc deuxième devant l’Ecurie Forestier-E-Riding Solutions. « L’année prochaine, nous allons d’ailleurs repartir sur ce schéma pour le CSO et le dressage, avec des étapes sur la saison et une grande finale en fin d’année, en pensant à pouvoir y intégrer à termes une finale en complet », insiste Jean Morel. Une finale qui a été aussi l’occasion de faire un point avec la DTN adjointe au dressage, Emmanuelle Schramm, sur la drôle de saison écoulée et sur les perspectives pour l’année 2021. « La saison a été compliquée pour tout le monde mais finalement, en dressage nous ne nous en sommes pas si mal sortis en ne perdant qu’une étape du Grand National et en étant la seule discipline olympique dont le championnat de France a pu se tenir », analyse la DTN qui souligne elle aussi l’importance du rôle qu’a joué le Grand National cette année. « Nous allons organiser comme chaque année un regroupement pour les Séniors au mois de janvier pour parler de la saison 2021 et notamment du fait que notre structure autour des Groupes 1 et 2 ne peut pas être prise en compte actuellement puisque les cavaliers n’ont pas pu sortir en internationaux », poursuit-elle tandis que lors d’une allocution en amont de la remise des prix du Grand National, la Directrice technique Nationale, Sophie Dubourg, accompagnée du président de la FFE, Serge Lecomte, a annoncé qu’une liste de cavaliers allait être proposée en suivant des critères précis tels que : « l'expérience, le potentiel, l'engagement, la bonne entente, le suivi du programme sportif, le suivi longitudinal, médical et vétérinaire du cavalier et du cheval. Ce sont des points qui vont nous permettre de sortir très rapidement nos listes de cavaliers pour Tokyo 2021 car nous sommes à cinq mois de la sélection ». Et pour Emmanuelle Schramm, « l’idée est évidemment d’aller en concours et ils sont pour le moment très nombreux au programme de la FEI ! Nous allons mettre en place un planning avec les cavaliers et nous adapter à l’actualité mais aujourd’hui, les Jeux olympiques sont maintenus et nous aurons en plus un championnat d’Europe organisé au mois d’août. Le but étant de participer aux deux échéances », conclut-elle.