Francqueville, ministre du dressage
vendredi 02 avril 2004

franqueville
Alain Franqueville - Ph. Claude Bigeon

En ces temps de questionnement politique, la France du dressage piaffait d’impatience depuis novembre dernier en attendant de savoir qui allait l’administrer.

Le nom qui circulait en coulisse depuis des mois a été validé par le ministère des Sports à la veille du deuxième tour des Régionales : Alain Francqueville sera bien en charge du dressage dans le gouvernement Le Page. Equitant depuis toujours en saut d’obstacles puis dressage, ancien militaire et écuyer du Cadre Noir, juge international de dressage, cet homme de cinquante-six ans, à la passion maîtrisée, ne craint pas les lourds dossiers : il a récemment conçu les nouveaux brevets professionnels qui remplaceront prochainement, dans tous les sports, le brevet d’éducateur sportif du 1er degré. Alain Francqueville, délégué auprès de notre Fédération par son ministère, prendra ses fonctions le 1er mai.

Il était cependant à Saumur ces 30 et 31 mars (l’Ecole nationale d’équitation accueillait aux mêmes dates un stage de formation pour l’habilitation des centres de formation au futur Brevet professionnel) pour s’assurer du bon déroulement d’une des premières actions de son cabinet – déjà - composé des responsables des sept commissions (cavaliers, juges, entraîneurs, organisateurs, éleveurs, enseignants, communication), l’organisation du premier stage de haut niveau au pôle France de l’ENE avec l’Allemande Monica Theodorescu, au palmarès évocateur : triple championne olympique par équipe, deux fois vainqueur de la finale de la Coupe du monde sans parler des médailles mondiales, européennes et nationales. A quarante et un ans, la fille de Georg Theodorescu - dont les plus anciens se souviennent qu’il était entraîneur de l’équipe de France quand elle fut médaillée de bronze aux Championnats d’Europe de Mondorf en 1995 - envisage avec une grande sérénité une responsabilité, nouvelle pour elle, la mise au niveau international d’une équipe nationale, la nôtre. Et, bonne nouvelle, les stagiaires ne seraient pas aussi mauvais qu’on l’a entendu dire ces derniers temps ! Un constat qui ne manquera pas de leur redonner le moral.

Les neuf cavaliers présents, Dominique d’Esmé, Catherine Henriquet-Durand, Stéphanie Collier, Constance Ménard, Philippe Limousin, Dominique Brieussel, Fabien Godelle, Thibault Cambourieu et la présidente de leur association Marina van den Berghe, semblaient plutôt satisfaits de la reprise de ces stages et de la pédagogie très positive et très efficace de l’intervenante. Deux autres rendez-vous sont prévus d’ici l’été qu’ils attendent avec impatience, en espérant que le programme 2004-2005 sera plus étoffé.

Ce qui à coup sûr sera étoffé, c’est le planning d’Alain Francqueville qui envisage de remettre au directeur technique national Olivier Le Page, courant juin, un plan d’action tous azimuts destiné à (re)lancer le dressage français. Principaux axes de ce projet qui s’inscrit dans la durée : le perfectionnement des cavaliers et pas seulement de haut niveau qui passe forcément aussi par celui des juges, des entraîneurs et des enseignants ; la détection des cavaliers et chevaux ; l’organisation de la base qui est large mais dont l’économie est loin de bien fonctionner. Tout cela suppose la mise à plat d’une foule de dossiers. Et surtout une budgétisation adaptée. Indubitablement, l’ampleur de l’action à mener nécessitera un effort financier très conséquent du côté de la Fédération si la volonté de ses responsables est effectivement, comme le prouve cette nomination d’un DTN-adjoint, de mettre un terme à cette grosse verrue qui entache de manière récurrente l’équitation française.