Jazz, sportif et reproducteur d'exception
jeudi 09 janvier 2020

Jazz et Tineke Bartels aux Jeux Equestres Mondiaux à Jerez de la Frontera en 2002
Jazz et Tineke Bartels aux Jeux Equestres Mondiaux à Jerez de la Frontera en 2002 © Scoopdyga

Après Don Schufro, un autre grand étalon nous a quittés. Il s'agit de Jazz, décédé le 5 janvier 2020.

Jazz a mené une carrière emplie de superlatifs, non seulement sur le plan sportif mais surtout comme reproducteur. En 2008, il était déjà en tête des meilleurs reproducteurs selon le classement de la WBFSH, cela a duré quatre ans. Puis il s’est trouvé entre la 2e et la 5e position pour de nouveau se hisser en tête en 2019 avec 21.578 points. Fait remarquable : il est suivi à la 2ème place par son fils Johnson. Horstelex affiche 2.751 descendants, Rimondo 458 et la F.N. note 222 produits qui sortent en compétition dont 52 chevaux en dressage niveau Grand Prix ainsi que 23 fils étalons approuvés. 

Du foal à l’étalon KWPN « keur » et « prefent »

Jazz (Cocktail x Ulster) est né chez Huub et Tinie van Helvoirt aux Pays-Bas le 21 mai 1991, sous le nom de Jacob. Déjà foal, Jazz montrait beaucoup de qualité, pourtant Huub et Tinie van Helvoirt ont décidé de le vendre à l’âge de 6 mois, parce que il aurait été difficile pour eux d’élever le jeune mâle, qui montrait un fort caractère, parmi leurs juments. C’est ainsi que Bob van Rijsdijk fait son acquisition.

A l’âge de 2 ans et demi, Jazz est préparé pour le concours d’approbation et en 1994, le stud-book KWPN l’approuve. A partir de ce moment, le nom de Jacob est changé en Jazz. L’étalon réussit le test de performance avec de bonnes notes. Tineke Bartels, à qui la formation de Jazz a été confiée, explique : « Jazz est intelligent, il est tourné vers l’homme et en plus, il est très curieux. Coopératif dans le travail, il me donne beaucoup d’énergie positive. »

Il se révèle que Jazz n’était pas seulement un bon cheval de dressage, mais aussi un reproducteur très demandé. En 2001, un groupement financier avait été créé pour pouvoir garder Jazz aux Pays-Bas. En 2004, Cees et Anne Broere décident d’acheter les parts des autres investisseurs et l’étalon alezan change son nom en « Broere Jazz ». Etalon « Keur » depuis 2002, Jazz obtient en 2006 la distinction « Preferent ». En 2007, il est élu « cheval KWPN de l’année 2006 ». 

La carrière sportive

Engagé de 2002 jusqu’à 2007 dans les championnats nationaux des Pays-Bas, Jazz termine toujours parmi les sept meilleurs. En 2002, Jazz et Tineke Bartels font partie de l'équipe néerlandaise lors des Jeux Equestres Mondiaux à Jerez de la Frontera en Espagne où elle obtient la 5ème place par équipe. Dès 2001, Jazz est sorti en épreuves de dressage CDI-W à Amsterdam, Maastricht, 's-Hertogenbosch, Aix-la-Chapelle, Hickstead… où il est régulièrement très bien classé en Grand Prix et Grand Prix Freestyle. Stoeterij Broere met un terme à la carrière sportive de Jazz en 2011. 

La descendance 

Jazz est le père de nombreux étalons approuvés qui, à leur tour, ont également réussi en compétition et possèdent une carrière de reproducteur parfois impressionnante. 

En France, on pense d’abord à Don Juan de Hus (mère par Krack C) qui est décédé trop tôt en 2017. Sous la selle de Jessica Michel Botton, Don Juan de Hus a été champion de France des 4 ans (GS de Saumur) en 2012. Une année plus tard, le couple a obtenu la 6ème place à la finale des Championnats du Monde à Verden. Don Juan de Hus a été aussi un bon reproducteur, de nombreux fils ont été approuvés dont D’Avie, D’Egalité, Emotion de Saint Val, Diamond de Saint Val, Einstein du Parc, DSP Don Royal … 

Johnson (Glock’s Johnson TN), né d'une mère par Flemming, suit les traces de son père Jazz. Champion suprême de son approbation KWPN en 2005, il est aussi un étalon KWPN « preferent » depuis 2018. Propriété de Glock Horse Performance Center, il est monté par Hans Peter Minderhoud avec lequel il a décroché la médaille de bronze par équipe lors des championnats du Monde à Caen en 2014, mais aussi la médaille d’or par équipe lors des Championnats d’Europe à Aix-la-Chapelle en août 2015, la 4ème place par équipe aux Jeux Olympiques à Rio de Janeiro en 2016. Sa descendance ne doit pas se cacher : Bretton Woods, étalon KWPN approuvé (mère par Partout), aujourd’hui sous la selle de Matthias Alexander Rath, a été 3e aux championnats du Monde des jeunes chevaux de dressage à Verden en 2011. Meggle’s Boston, KWPN (mère par Partout), réussit en Grand Prix International monté par Matthias Bouten. Eddieni, KWPN (mère par Negro), est gagnant en épreuve de dressage 3* sous la selle de Patrik Kittel. 

En France, 71 chevaux descendant de Johnson sont enregistrés auprès de SIRE ; parmi eux, la jument Bella Josi L (mère par Belissimo M), 5e lors du championnat des 7 ans en France en 2019 sous la selle d’Alexia Stüllein, affiche l’indice le plus élevé (IDR 134). 

Wynton, KWPN (mère par Matador II), un autre fils de Jazz, a gagné à trois reprise le championnat des étalons KWPN à 's-Hertogenbosch et il était 4e aux championnats du Monde pour jeunes chevaux de dressage en 2008. Boston, KWPN (mère par Flemmingh), a été élu champion suprême des étalons en Grande Bretragne en 2008 avant de rejoindre les écuries d’Isabell Werth. Blue Hors Don Olymbrio, KWPN (mère par Ferro) évolue sous la selle de Daniel Bachmann Andersen. 

Parzival, l’inoubliable partenaire d’Adelinde Cornelissen, est le descendant de Jazz avec le palmarès sportif le plus impressionnant : deux participations aux JO en 2012 et en 2016, deux JEM en 2010 et en 2014, quatre finales Coupe du Monde et trois championnats d’Europe. 

Jazz a été aussi un bon père de mère, à l’instar des étalons approuvés comme Blue Hors Zack, Five Star, Antango, All at Once 2, Ferrari STH, Galaxy Win T, Apeldoorn, Charmeur, Asgard’s Ibiza, Governor, Olivi et encore Vivaldi. 

La jument Zaire E (Son de Niro x Jazz) a été 3e à l’épreuve CDI5* lors de la finale des Top Ten à Stockholm en novembre 2019 après une très belle saison sportive au niveau Grand Prix sous sa cavalière Jessica von Bredow-Werndl.