Les jeunes dresseurs en stage fédéral à Mâcon
mercredi 23 décembre 2020

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C’est au centre équestre de Mâcon qu’une vingtaine de jeunes couples de dressage se sont retrouvés pour trois jours de regroupement fédéral, du 20 au 22 décembre. L’occasion pour la sélectionneuse des équipes de France Jeunes, Muriel Leonardi, de passer en revue les couples en cette fin d’année 2020 et de se projeter sur 2021.

De dimanche à mardi, une vingtaine de couples Poneys, Children, Juniors, Jeunes Cavaliers et même U25, se sont retrouvés pour leur regroupement traditionnel de fin d’année. Entourés par un staff fédéral au grand complet, composé de la sélectionneuse nationale, Muriel Leonardi, du sélectionneur des U25 et Séniors, Jan Bemelmans, de la DTN adjointe chargée du dressage, Emmanuelle Schramm, ainsi que du vétérinaire fédéral, les cavaliers ont présenté leurs chevaux et poneys lors d’une première journée d’entrainement, encadrés par leurs entraineurs respectifs. Le lundi, c’est sous l’œil avisé du juge international français, Lionel Dutranoy, que tous les couples ont déroulé la reprise Equipe de leur catégorie d’âge respective. L’occasion pour l’ensemble du staff fédéral de voir évoluer les couples expérimentés mais aussi de découvrir de nouvelles paires pour la saison 2021. « C’est l’occasion de parler avec les entraineurs des cavaliers, pouvoir leur expliquer ce que l’on attend dans les circuits Jeunes et de voir les chevaux hors contexte de concours. Cette année, nous avons un mélange de couples que nous connaissons déjà, certains qui vont rester sur le même niveau en 2021 qu’en 2020 puis d’autres qui vont monter d’une catégorie. Nous avons aussi certains couples pour lesquels il s’agit d’une vraie détection, notamment chez les Children », explique Muriel Leonardi

Sous l’œil du juge

Chacun leur tour et après avoir détendu comme en concours avec leurs entraineurs respectifs, les cavaliers ont déroulé la reprise équipe de la catégorie dans laquelle ils souhaitent évoluer l’année prochaine. Mais comme l’ont rappelé Jan Bemelmans et Lionel Dutranoy, l’important est de communiquer et de ne pas se laisser déborder par la timidité. « Le but n’est pas forcément de tout bien présenter, nous ne sommes pas en concours, il faut donc en profiter pour prendre des risques », lâche le sélectionneur des Bleus. « Le but est que l’entraineur habituel du cavalier voit de l’intérieur, en étant assis à côté du juge, ce qui va nous attirer l’œil sur la reprise. Et ce ne sont pas forcément les mêmes choses que celles qui attirent l’œil de l’entraineur en bord de piste, souligne Lionel Dutranoy. Je les ai jugés exactement comme s’ils avaient été en concours, nous avons particulièrement pu observer qu’il y a encore un déficit dans la précision et la préparation des figures et cela de manière assez globale », analyse-t-il.

A l’issue de chaque reprise, les cavaliers recevaient alors chacun leur tour les remarques du juge, Lionel Dutranoy, ainsi que celles de Jan Bemelmans. « L’idée est de trouver la bonne manière pour travailler pendant l’hiver. Nous ne sommes pas là pour donner une leçon au cavalier mais vraiment pour échanger avec l’entrainer qui aux côtés du couple au quotidien. L’objectif est d’échanger, de trouver des solutions en commun mais pour cela tout le monde doit discuter. Si les gens ne font qu’écouter il n’y a pas vraiment d’aboutissement. Et pour cela, le cavalier a la même responsabilité que son entraineur à parler, à dire ce qu’il ressent », insiste-t-il. « Ils doivent prendre conscience qu’ils n’ont pas assez de contrôle donc pas assez de marge de manœuvre en piste et ainsi pas assez de confiance en eux. Et la présence d’un juge est importante lors de ces regroupements car parfois les cavaliers ont un peu peur de nous. Cela leur permet de réaliser que l’on parle de la même chose, qu’ils aient confiance en ce qu’ils font en piste », ajoute Lionel Dutranoy.

Et lorsque de nombreux cavaliers de Grand Prix se trouvent parmi les entraineurs, tels que Carlos Pinto, Julia Chevanne, Sarah Magnusson-Lostria, Rémy Issartel, Ludovic Martin, cela facilite toujours un peu les choses. 

Vers 2021

Après avoir enregistré de nombreux conseils, tous les couples se sont retrouvés le mardi, pour une troisième et dernière journée de stage. Une dernière séance axée sur la mise en place des pistes de progression proposées la veille. « Après avoir observé les chevaux deux jours on souhaite que les entraineurs aillent un peu plus loin avec leurs cavaliers, voir si nos conseils sont possibles ou pas. Quelques fois il faut savoir un peu changer les choses et voir si cela fonctionne ou pas », souligne Jan Bemelmans. Un système mis en place il y a maintenant une dizaine d’années qui semble porter ses fruits puisque les jeunes dresseurs sont rentrés des championnats d’Europe de Budapest avec de très belles performances par équipes et en individuel. « Le travail commence à payer et les bons résultats obtenus motivent aussi les parents et les cavaliers à investir dans de bons chevaux. Ils se rendent compte qu’avec de bons chevaux, en travaillant et en ayant une infrastructure rigoureuse derrière eux ils obtiennent des points en concours. C’est très motivant pour tout le monde », précise Muriel Léonardi qui rappelait la chance que les jeunes ont eu malgré la crise sanitaire. « Je ne peux pas me plaindre puisque mes jeunes ont eu leurs championnats d’Europe, leurs championnats de France et leur regroupement ! Cela n’a pas été le cas pour les autres disciplines ». Et si habituellement, ce regroupement est aussi l’occasion de resserrer les liens entre les cavaliers, par l’intermédiaire d’activités sportives et physiques communes ou de repas conviviaux, cette année l’heure est au respect des règles sanitaires !

Un regroupement fédéral qui avait aussi le double intérêt de servir de potentiel repère pour les prochaines sélections internationales, dans le cas ou les concours nationaux seraient à nouveaux stoppés en raison de la Covid-19. « Normalement, pour participer à un international, les couples doivent d’abord courir sur un national mais notre premier CDI Jeunes se tiendra au Mans, en février. Si pour une raison quelconque les cavaliers ne peuvent pas participer aux nationaux prévus en janvier, alors ce stage me permettra d’avoir une base de travail pour mes sélections internationales », prévient Muriel Leonardi. Et avec des championnats d’Europe Jeunes organisés en Espagne du 5 au 11 juillet, la saison s’annonce d’ores et déjà très courte. « Nous avons déjà fait un planning de concours mais nous ne savons pas comment la saison va s’orienter et il faudra annoncer nos sélections pour les Europes à la mi-juin », en plein pendant les périodes d’examens des futures stars tricolores…