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« Nous étions contrôlés dès le passage de frontière en Autriche », Morgan Barbançon-Mestre
vendredi 29 janvier 2021

Morgan Barbançon-Mestre et Sir Donnerhall II, sixièmes à Salzbourg en ce début d'année 2021
Morgan Barbançon-Mestre et Sir Donnerhall II, sixièmes à Salzbourg en ce début d'année 2021 © DR/Equestrian Worldwide - EQWO.net

En fin de semaine dernière, Morgan Barbançon-Mestre était au départ de la deuxième étape de la Ligue d’Europe de l’Ouest de la Coupe du monde FEI de dressage. Avec Sir Donnerhall II OLD, la Française a pris une bonne sixième place à Salzbourg, face à une concurrence très relevée. Retour sur ses performances mais surtout sur les mesures sanitaires mises en place en Autriche et sur les concours à venir, pour permettre aux cavaliers de poursuivre leur saison sportive.

Vous étiez au départ du CDI-W de Salzbourg, en Autriche, un pays dont les frontières sont fermées en raison de la crise sanitaire. Quelles étaient les mesures mises en place pour permettre aux cavaliers de participer à cette deuxième étape de la Ligue d’Europe de l’ouest de la Coupe du monde FEI ? 

En ce qui concerne les normes sanitaires, nous devions avoir effectué un test PCR 48h avant de rejoindre l’Autriche. Je suis arrivée en voiture et ai été contrôlée à la douane autrichienne, contrôle lors duquel j’ai dû présenter mon test ainsi que le document prouvant que je participais au CDI-W de Salzbourg. Nous avons eu l’autorisation d’entrer dans le pays grâce à une dérogation obtenue par la FEI et les organisateurs de l’étape de la Coupe du monde. Même en voiture, tout le monde était contrôlé pour entrer dans le pays. Sur le concours, nous ne pouvions pas entrer sans passer directement par le secrétariat, il n’y avait qu’une seule entrée possible. Nous devions déposer notre test PCR pour récupérer nos bracelets. Nous pouvions ainsi nous déplacer mais toujours en portant le masque. Rien n’était ouvert, pas de restaurant à l’hôtel, tout était à emporter, tout comme sur le concours ou nous pouvions récupérer des plats à la cantine ou manger une crêpe au stand qui se trouvait aux écuries. Nous étions tous au même hôtel et faisions les allers-retours entre ce dernier et le concours. Les boxes étaient plus espacés que d’habitude puisqu’à Salzbourg les passages entre les allées sont habituellement assez serrés. Ils ont supprimé une allée et ils ont réparti les boxes dans plusieurs halls, ils étaient bien séparés. 

Vous avez pris une belle sixième place dans la Reprise Libre en Musique, support de la Coupe du monde, avec Sir Donnerhall II OLD. Quel a été votre sentiment sur cette première Coupe du monde depuis un an ? 

Si j’ai participé à des étapes de la Ligues d’Europe de l’Est cet été, cela faisait un an - depuis le CDI-W de Malines - que je n’avais pas participé à une étape de ma propre ligue, celle d’Europe de l’Ouest. Gus s’est très bien comporté. Le premier jour, nous étions un peu rouillés dans le Grand Prix commettant des fautes inédites mais je pense que cela était dû au manque de routine. Nous nous sommes réveillés le lendemain pour tout donner dans la Libre. Le cheval a fait beaucoup de progrès dans les piaffers et malgré une grosse faute dans le Grand Prix, où il est repassé au trot entre le zig zag au galop et la ligne de changements de pieds aux temps, ce qui nous a pénalisé sur les deux mouvements à coefficient 2, nous obtenons quand même plus de 72%. Une note qui n’aurait pas été possible avec les notes de piaffer que nous obtenions antérieurement. Nous avons un demi, voire un point de plus dans les piaffers par rapport à l’année dernière ! Le cheval est dans une forme incroyable. Il est plein d’énergie, il se sent bien, il a envie de travailler, il est super positif au travail et j’en suis très contente. Malgré la grosse concurrence présente à Salzbourg, on a réussi à se faufiler entre tous les bons. De terminer sixième derrière les quatre allemandes et Patrik Kittel, ce n’est pas rien !  

« Je prépare Gus pour les Jeux olympiques et les championnats d’Europe »

Du 25 au 27 février, vous participerez au CDI 5* d’Al Shaqab, à Doha, au Qatar. Connaissez-vous les règles sanitaires mises en place sur cette compétition ? 

Nous devons tous passer un test PCR qui doit évidemment se révéler négatif, et devrons le présenter à l’aéroport de départ. Tous les cavaliers, accompagnateurs, staff, juges, doivent arriver en même temps par avion entre le samedi et le dimanche avant 20h, puis des bus viendront nous chercher à l’aéroport de Doha pour nous conduire jusqu’à l’hôtel, qui sera le même pour toutes les personnes du concours. Cet hôtel sera fermé donc nous ne pourrons pas en sortir et nous effectuerons tous les jours les allers-retours entre l’hôtel et le concours par l’intermédiaire de bus ou voitures privées du concours. Pendant toute la durée du concours il s’agira donc des mêmes personnes que cela soit à l’hôtel ou sur le terrain. Le masque sera obligatoire dans l’hôtel et sur le concours. 

Comment vous, les cavaliers, percevez-vous l’instauration de telles mesures ? 

Personnellement je n’ai pas trouvé cela difficile à gérer, il faut porter le masque comme dans la vie de tous les jours actuellement. Les stewards sont aussi là pour rappeler aux gens de le porter. La seule différence est qu’il n’y a pas de public et c’est peut-être pour cette raison que de nombreux concours se résignent à annuler leurs évènements. Beaucoup font payer leurs entrées ce qui créé une rentrée de fonds, mais je ne connais pas les détails de leurs raisons. S’il faut mettre en place ce genre de restrictions pour continuer à faire du sport de haut niveau, nous nous plions aux règles, ce n’est pas insurmontable. Les cavaliers veulent absolument sortir en concours ! Personne ne trouve tout cela contraignant et je trouve cela dommage que nous ne puissions pas avoir accès à plus de concours. Sur les Coupes du monde ou le CDI 5* de Doha par exemple, le nombre de places est limité. Ce sont ainsi les mieux classés dans la ranking qui sont prioritaires ce qui ne laisse que très peu de places aux autres cavaliers. Il y a tellement peu de concours que Dorothee Schneider, avec qui je m’entraine, se pose même la question de venir sur le CDI 3* du Mans ! 

Comment gérez-vous l’incertitude qui plane autour du maintien des Jeux olympiques de Tokyo ? 

Je me dis que nous aurons dans tous les cas les championnats d’Europe donc je me prépare de toute façon pour un grand championnat en 2021. Les deux évènements sont censés se tenir à un mois d’intervalle, je prépare donc mon cheval pour les Jeux olympiques et pour les championnats d’Europe. Il connait son métier, il a juste besoin de routine de concours en essayant de maintenir le rythme d’un concours par mois si c’est possible ! Au moins sortir de la maison, le natter, l’habiller en tenue de concours, de quoi le garder en forme puis, à la maison, continuer de travailler le cardio, peaufiner sa base. Ce qui est important est de le garder en forme, content, avec l’envie de travailler et ensuite il fait son boulot en piste. 

Quelle est la suite de votre programme de concours dans les semaines à venir ?

Lilo est prêt pour le Grand Prix, il s’agit juste d’attendre le bon concours pour le sortir mais j’attends dans tous les cas les épreuves en extérieur. Il en est de même pour Habana. Même si j’avais fait ma demande dans le Medium Tour pour le CDI 3* du Mans, en février, je préfère attendre les concours en extérieur pour le sortir. Je souhaite peaufiner le tout pour qu’il soit le plus prêt possible pour le lancer sur ce niveau. C’est une année de transition pour lui, afin de le préparer au Grand Prix. Dans l’idée je pense les sortir sur le CDI de Mâcon, fin mars, puis sur les deux semaines de concours à Valence, en Espagne, fin avril.