On a testé pour vous, un stage avec Anne-Sophie Serre
lundi 28 décembre 2020

Stage avec Anne-Sophie Serre
Stage avec Anne-Sophie Serre © DR

Puisque les cavaliers de l’équipe de France de dressage n’ont pas été accaparés par les compétitions internationales et nationales cette saison, c’était l’occasion pour Anne-Sophie Serre de se déplacer dans les Yvelines, fin décembre, pour un stage exceptionnel de deux jours. Nous n’avons pas hésité une seconde à y participer pour vous en faire un petit résumé.

Quelques jours avant Noël, la championne de France Pro Elite 2020 et membre de l’équipe de France de dressage, Anne-Sophie Serre, s’est rendue dans les Yvelines, en région parisienne, pour deux journées de stage. L’occasion de découvrir la méthode de travail et les trucs et astuces de celle qui brille actuellement sur la scène internationale avec Actuelle de Massa. C’est avec ma jument de 5 ans que j’ai pu participer à ces deux journées enrichissantes. Le premier jour, Anne-Sophie a observé la jument se déplacer et remarque très rapidement un manque de rectitude. Il faut dire qu’elle peut être une vraie anguille ! Avec une jument disponible, mais qui a quand même vite dévoilé son énergie au fil de la séance, les conseils d’Anne-Sophie étaient alors orientés sur la remise en ligne des épaules, notamment à main droite. Pour cela, je me suis installée sur un grand cercle en tournant toujours ma jument à l’aide de la rêne extérieure tout en ramenant l’épaule gauche à gauche. Immédiatement, les hanches, un peu trop vers la droite, se remettaient alors en ligne.

Détendre sous l’œil de la coach

Si la jument a montré quelques réticences à la jambe gauche, notamment au galop, lors de la première séance, je l’ai sentie plus disponible au trot lors de la détente de la deuxième séance. « Dans cette attitude un peu basse on va commencer les cessions à la jambe. Ne va pas trop vite pour aborder le demi-cercle du doubler dans le contrôle. Qu’elle se tienne un peu plus dans la cession en réduisant un peu le trot dans le mouvement ». Avec une jument si énergique, les conseils d’Anne-Sophie me permettent de la garder dans le calme pour ne pas lui laisser la possibilité de prendre trop de force en s’appuyant sur cette énergie. « Sur le cercle, va bien de piste à piste, ne rentre pas dans les coins. Fais quelques transitions dans le trot pour qu’elle t’écoute et laisse repasser devant. Pense toujours à lui bouger la base d’encolure pour la garder souple ». En enchainant les petites transitions inter-allure sur le grand cercle et les longueurs, Anne-Sophie cherche à ce que ma jument soit plus à l’écoute, qu’elle ne court pas et qu’elle n’utilise pas son énergie naturelle contre moi. La jument est appliquée et studieuse, en place dans son corps grâce au travail sur les cessions à la jambe. Nous pouvons alors poursuivre le travail au galop. 

Garder le contrôle grâce aux transitions

Sur le cercle de 20m à main gauche, les premières coquineries de fraicheur apparaissent. « Sur la longueur tiens l’épaule droite à droite. Sur le cercle, tourne les épaules à gauche et garde le contrôle sur la rêne extérieure puis repasse au trot, tiens l’épaule droite à droite, qu’elle se tienne dans la transition descendante. Fais bouger la base d’encolure qu’elle reste souple et qu’elle ne vienne pas s’ouvrir dans la transition ». Pour le moment, le contrôle n’est pas optimum et mes transitions ressemblent plus à des pertes d’équilibre avec une grande foulée de trot. « Elle doit passer cette transition plus par le dos. Garde la droite dans son contact, qu’elle ait envie de suivre la rêne gauche (toujours à main gauche, NDLR), assieds-toi, calme dans le trot et reprend le galop ». Mais la jument s’ouvre et pars un peu vite dans le trot. « Garde la ronde, tiens l’épaule droite à droite, ne la laisse pas te pousser à gauche et se remonter, garde la droite, ne va pas vite et ne pars pas au galop tant qu’elle discute dans son contact, pense à la qualité du trot et à la disponibilité de la jument avant de penser départ au galop ». Sauf que ce jour-là, la jument avait très envie de discuter ! C’est en restant sur le cercle de 20m et en enchainant les transitions trot-galop et galop-trot, que nous allons parvenir à retrouver la concentration et le contrôle. « À main droite, assieds-toi et prends le galop, reste sur le cercle puis prends la longueur, qu’elle cède à droite, puis à nouveau au trot et qu’elle t’écoute, qu’elle reste stable, souple dans sa base d’encolure. Pour cela bouge un peu le garrot avec tes deux mains ensemble et tiens l’épaule extérieure, qu’elle ne tourne pas en se couchant sur l’épaule intérieure. Dans la transition garde un petit trot, ne pousse pas, de l’énergie il y en a assez, on peut en donner (rires) ». 

Redescendre en pression

Malgré une jument compliquée, le travail se fait dans la bonne humeur et la décontraction. La coach est patiente et enchaine les conseils adaptés à la situation. « Dans ce contexte-là, ne cherche pas d’expression au trot. Plus elle est expressive et plus elle a le dos dur, on veut un petit trot dans le lequel elle se relâche en bougeant toutes les parties de son corps ». La jument se détend alors même que j’ai le sentiment de ne pas du tout avancer. Mais l’engagement et l’activité des postérieurs sont bien là et la connexion passe par tout le corps. « On ne veut pas du tout d’allure, un tout petit trot, qu’elle reste stable à la fois sur le cercle, la diagonale et les longueurs. Fais bouger la base d’encolure tout en restant dans ce petit trot, moins de rebond et moins d’expression. Je pense que c’est vers ce travail-là que tu dois te diriger quand elle est comme aujourd’hui. Qu’elle utilise son dos mais qu’elle ne se serve pas de sa force et son énergie pour être plus forte que toi. Quand elle est comme ça cherche à désamorcer la machine, à la mettre en sous régime, qu’elle s’endorme un peu et qu’elle se relâche dans sa ligne du dessus, qu’elle se rende progressivement plus disponible ». C’est avec une jument à l’écoute, calme et concentrée que je termine ma séance avec de nouveaux conseils plein la tête. Avec les jeunes chevaux, on ne s’ennuie jamais !