Pauline Guillem : « Je ne m’attendais pas à ce que cela se passe si bien »
vendredi 14 août 2020

Pauline Guillem
Pauline Guillem © Elodie Muller

La première médaille d’or de ces championnats de France de dressage 2020 est décernée à Pauline Guillem, 27 ans, qui a remporté ce vendredi le niveau Pro 3 avec Don Easy. Le couple a cumulé un total de 138,915 points grâce à des notes de 69,813% et 69,102% sur l’ensemble du championnat. La cavalière installée à Rouen nous en dit plus sur son fils de Don Frederico de 8 ans.

L’Eperon : Quel bilan tirez-vous de ce championnat Pro 3 ? 

Pauline Guillem : Le cheval est tout jeune et il s’agissait de son troisième concours seulement. Nous étions au Haras du Pin début août, concours sur lequel il pouvait encore faire des fautes donc l’objectif ici était de dérouler des reprises sans faute et fluides. Le contrat a largement été rempli (rires). 

Dès la première manche, sur laquelle vous terminez deuxième, ce championnat pro 3 s’est avéré très ouvert. La médaille d’or vous semblait-elle atteignable ? 

Je savais que je pouvais rester sur le podium si je déroulais une reprise sans faute. Je n’ai pas vu la reprise d’Isabelle (Gayot, médaillée d’argent avec Daydream d’Arion, NDLR) puisqu’elle est passée juste avant moi mais je suppose qu’elle a fait quelques fautes, l’objectif était donc de rester au moins sur le podium. On s’était dit qu’il fallait assurer et finalement c’est passé donc je suis très contente.

Pouvez-vous nous en dire plus sur Don Easy ?

C’est un cheval qui appartient à Claire Mathieu, dont je montais déjà Blackstage dans les 6 ans. Don Easy est un cheval que j’ai à la formation depuis un an pour aller au moins au St Georges mais il a une bonne capacité à se rassembler donc on espère qu’il fera le Grand Prix. 

Claire devait initialement le monter en concours mais Blackstage étant plus adapté à sa taille et Don Easy à la mienne nous avons décidé d’échanger, elle le récupérera ensuite sous sa selle.

Participer à ce championnat de France Pro 3 est-il dans vos plans après si peu de sortie en concours pour Don Easy ?

Cela s’est fait au fur et à mesure des sorties. Au Mans, début juillet, il était encore très vert donc nous avons décidé de le sortir à nouveau au Haras du Pin un mois plus tard. Finalement sur ce concours, Claire a qualifié son cheval pour le Master Pro en Pro 2 donc elle m’a proposé d’emmener aussi Don Easy. On ne pensait pas que cela se passerait aussi bien très honnêtement (rires). Il a plus que les Pro 3 dans la boite mais il n’avait vraiment aucune expérience en concours donc je ne voulais pas le lancer directement en Pro 2. Ces épreuves sont un bon compromis car la Pro 3 Grand Prix est quand même difficile mais avec une tolérance que nous n’avons pas en Pro 2. 

Quelle va être la suite du programme pour lui ?

C’est un cheval qui a vraiment trois supers allures, il trotte et galope très fort, d’ailleurs le premier jour il prend 9 dans le galop allongé ! Pour autant il manque encore de condition physique. Si nous avions eu à dérouler une troisième reprise sur ce championnat je sais qu’il aurait manqué de condition. Ce niveau est vraiment un bon tremplin surtout pour les chevaux qui n’ont pas eu la possibilité de courir dans les Jeunes Chevaux. L’idée est donc de continuer la saison dans les Pro 2, certainement au mois d’octobre au Mans, mais pour le moment il va profiter de vacances bien méritées et moi aussi (rires). 

Après avoir passé quelque temps en Allemagne, vous êtes rentrée en France pour vous installer à votre compte en Normandie. Quel est votre entourage au quotidien ?

Je suis installée à Rouen depuis maintenant trois ans dans les écuries du cavalier d’obstacle Timothée Anciaume. C’est vraiment sympa de partager la structure avec lui, on s’entend très bien dans le boulot, il a un œil bienveillant sur moi au quotidien. Il y a une vraie entraide, nous ne sommes pas deux écuries séparées donc c’est vraiment agréable. De plus il a une expérience du haut niveau que je n’ai pas donc c’est vraiment un plus pour moi. J’ai beaucoup appris à ses côtés. Cela fait presque deux ans que je m’entraine avec Annick Dauban. Elle vient toutes les trois semaines à la maison, en une journée on passe une dizaine de chevaux puis elle me suit sur tous les concours. C’est quelqu’un d’assez exceptionnelle je tiens à le dire ! Elle a un œil toujours positif malgré une exigence très carrée donc c’est vraiment agréable. En parallèle, même si cela a été compliqué ces derniers mois avec le confinement, je m’entraine en Allemagne avec Hartwig Burfeind que j’essaye d’aller voir quand on a un problème technique plus poussé mais aussi pour avoir un autre œil extérieur.

Depuis votre retour en France vous avez développé un piquet de chevaux très compétitif. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai beaucoup de chance (rires). Actuellement j’ai seize chevaux à la maison, des chevaux personnels mais aussi de clients. J’ai la chance de travailler avec le Haras de Malleret et aussi Guillaume Truibil qui me fait confiance avec ses jeunes (notamment Magic Moment vice-champion de France à 4 ans en 2019, NDLR). Pour le cas de Guillaume, je forme ses jeunes chevaux pour qu’il puisse ensuite les récupérer sous sa selle tandis que pour le Haras de Malleret il y a plus un objectif de valorisation pour la vente, bien qu’ils ne soient pas fermés à ce que l’on essaye d’emmener un cheval vers le haut niveau. 

Plus d'informations sur le championnat Pro 3 : ICI.