RIO-SPECTIVE : le dressage, entre prouesses allemandes et britanniques
samedi 15 août 2020

A Rio, Charlotte Dujardin et Valegro sont devenus le troisième couple de l’histoire à signer deux médailles d’or olympiques consécutives ! © Eric Knoll

Il y a quatre ans jour pour jour, le rideau tombait sur les épreuves de dressage aux Jeux Olympiques de Rio. Si pour les Français, l’aventure s’était terminée à l’issue de l’épreuve par équipes, la finale individuelle donnait l’occasion aux spectateurs d’apprécier une fois de plus une lutte de haut vol entre l’équitation allemande et britannique.

D’entrée de jeu, les Allemands avaient de nouveau assis leur domination en s’emparant de la médaille d’or par équipe (la treizième victoire olympique pour l’Allemagne) sur le stade de Deodoro. Composé des jeunes Sonke Rothenberger/Cosmo, de la très sûre Kristina Brohring-Sprehe/Desperados, de la précise Dorothee Schneider/Showtime et de l’hégémonique Isabell Werth, associée pour l’occasion à Weihegold, le collectif d’Outre Rhin totalisait après le Grand Prix et le Spécial une note de 81,936%. De quoi reprendre aux Britanniques le précieux métal qu’ils avaient glané à Londres et que l’équipe anglaise présente au Brésil (Spencer Wilton/Super Nova II, Fiona Bigwood/Orthilia, Carl Hester/NipTuck et Charlotte Dujardin/Valegro) a échangé contre une breloque en argent, devant les Etats-Unis. Les Américains renouaient avec le podium douze ans après Athènes, notamment grâce au talent et au sang-froid de Laura Graves, formatrice de A à Z de son bon Verdades. Toute l’équipe s’accordait à dire que cette médaille était aussi le fruit du travail de leur chef d’équipe Robert Dover !

A la fin, ce n’est pas toujours l’Allemagne qui gagne !

La lutte germanico-britannique s’est poursuivie pour les médailles individuelles, mais a tourné cette fois-ci en faveur du dressage d’Outre-Manche. En défendant avec brio son titre olympique acquis à Londres, Charlotte Dujardin est entrée dans la légende. Après l’Allemande Nicole Uphoff et Rembrandt, médaillés d’or en 1988 et 1992, et la Néerlandaise Anke van Grunsven et Salinero en 2004 et 2008, l’Amazone et Valegro sont devenus le troisième couple de l’histoire à signer deux médailles d’or olympiques consécutives ! Les Allemandes n’étaient malgré tout pas loin, avec Isabell Werth sur la deuxième marche du podium et Kristina Broring Sprehe sur ses talons a la troisième place. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, c’était la première fois que deux représentants germaniques se partageaient le podium. Isabell Werth se payant même le luxe d’ajouter ainsi une dixième médaille olympique à son palmarès… rien que ça ! 

Les Bleus, lucides 

Si les Tricolores visaient la 6e place, synonyme d’une qualification de l’équipe pour le GPS, des prestations inégales et des fautes (évitables, au regard de reprises déroulées plus tôt dans la saison) ont finalement terminé 8e. Pas de finale par équipes donc pour Karen Tebar/Don Luis, Pierre Volla/Badinda Altena, Ludovic Henry/After You et Stéphanie Brieussel/Amorak. « Nous sommes à notre place, compte tenu de la concurrence très relevée et du manque d’expérience de nos jeunes couples », analysait alors la DTN adjointe à la discipline, Emmanuelle Schramm. « La marche est encore haute mais pas énorme. D’autant que techniquement, seul Pierre a fait mieux que d’habitude. Les autres ont tous été en peu en dessous, donc il faut qu’on se pose les bonnes questions pour savoir ce qu’on aurait pu optimiser dans notre préparation avant, mais aussi pendant l’évènement, et qu’on en tire  des leçons pour l’avenir ». Un avenir qui n’a pas été aussi brillant qu’espéré pour clan du dressage français… Avec une équipe complètement remaniée, la France terminait 10e des championnats d’Europe de Goteborg l’année suivante, avant de prendre la décision de n’envoyer tout bonnement aucune équipe aux Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018. Si les Bleus ont pu qualifier in-extremis une équipe dite "composite" pour les Jeux Olympiques de Tokyo (lire ici), leurs performances en championnat au cours de l'année 2019 n'ont pas été des plus convaincantes. Mais où est donc passé la motivation du staff fédéral, prégnante au retour des JO de Rio ? A quatre ans des Jeux de Paris, difficile d’imaginer un collectif qui pourrait tirer son épingle du jeu devant son public, alors que les JO à domicile sont la motivation suprême de tout athlète. Pourtant, impossible de ne pas penser au compte de fée des Britanniques, médaillés d’or sur leurs terres à Londres en 2012, alors qu’ils n’avaient jamais figuré en haut des classements… Mais il n’est surement pas encore trop tard !