Stéphanie Brieussel : "C'est une période très difficile"
lundi 31 août 2020

Stéphanie Brieussel
Stéphanie Brieussel © Eric Knoll

Stéphanie Brieussel, cavalière de l’équipe de France de dressage aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 et Jeux Equestres Mondiaux de Caen en 2014 avec Amorak (Special D x Inspekteur) attendait avec impatience les JO de Tokyo. Evidemment déçue de l’annulation des JO en 2020, la cavalière pointe également du doigt les problèmes que pose l’absence de compétition plus généralement depuis le début de la crise sanitaire.

Si toutes les disciplines ont été durement touchées par l’absence de compétition due à la crise de Covid-19, la situation concernant le saut d’obstacles et le concours complet semble moins compliquée que pour le dressage. Pour les deux premières disciplines citées, le calendrier s’est relativement vite étoffé après les premiers déconfinements européens, et les cavaliers français ont la chance de pouvoir compter sur des organisateurs tricolores motivés, ce qui leur  permet de ne pas avoir à trop sortir du territoire. Côté dressage, en revanche, les Tricolores peuvent évidemment compter sur le circuit du Grand National, mais le calendrier international reste bien vide…  Une situation complexe pour les chevaux de compétition de dressage, qui sont préparés lentement et avec précision pendant un certain nombre d’années pour atteindre la maturité de leur carrière entre 10 et 15 ans.

« C’est une période difficile, très difficile », dit Stéphanie Brieussel. « On entretient les chevaux, on travaille à la maison bien sûr, on dresse les plus jeunes, mais pour les chevaux plus mûrs c’est très compliqué parce qu’il y n’a pas de concours ! C’est une période qu’on n’a jamais connu et ce n’est pas facile du tout. »

Depuis 2017, après une performance décevante aux JO de 2016 à Rio, Stéphanie s’entraine avec la célèbre cavalière Finlandaise Kyra Kyrklund et son mari l’entraineur Richard White, basés au sud de l’Angleterre. Kyra Kyrklund a participé à six Jeux Olympiques et a gagné la coupe de monde à Paris en 1991. Ses livres sont de référence en Angleterre, Danemark et Allemagne.  « Ça n’allait plus avec Amorak », explique Stéphanie. « J’ai arrêté les concours après une mauvaise saison, je me suis dit « stop » ! Daniel Pinto, un ami, m’a recommandé Richard et Kyra. J’ai vu l’évolution de son cheval depuis qu’il travaille avec eux, et j’ai donc commencer à y aller également. Richard est quelqu’un d’extraordinaire, il est très humain, il a une gentillesse et une patience qui sont assez rare. »

Pour Richard White, entraineur de plusieurs cavaliers de Grand Prix en Europe, Stéphanie est une cavalière douée. « Elle est ouverte et prête à changer. Beaucoup de cavaliers atteignent un niveau et ils se trouvent sur un « plateau », ils sont alors obligés d’aller voir en dehors des sentiers battus. Amorak est un super cheval, mais un cheval avec du caractère. Il a une encolure très haut et il est aussi léger dans le contact. Il ne faut pas le monter qu’avec de la puissance et de la pression, il faut le détendre. On a beaucoup travaillé avec lui et plusieurs autres jeunes chevaux. Je pense que Stéphanie a une perspective différente maintenant. »

Stéphanie et son mari Dominique ont déménagé cette année, et à cause du confinement, l’amazone française n’a toujours pas pu aller voir Richard en Angleterre. Mais elle a envoyé de temps en temps des vidéos et reçoit ses conseils en retour. « Richard et Kyra travaillent beaucoup sur le biomécanique du cheval, le fonctionnement et le sentiment du cheval, c’est très différent et ça m’as beaucoup aidé, même avec les chevaux ici », confirme-t-elle. 

Cette période insolite est certes difficile, mais Kyra n’y voit pas que des mauvais côtés. « C’est le moment de revenir aux fondamentaux, de revenir aux problèmes de base », conseille-t- elle. « Nous avons le temps de nous concentrer sur les petits problèmes. Quand les concours s’enchainent, nous ne voulons pas déranger ou  vexer notre cheval, on évite de changer trop de choses. Mais cette période nous donne le temps de nous améliorer ! » conclut-elle. 

Nouveaux chevaux pour la rentrée 2020 pour Brieussel

Si la période est difficile, Stéphanie Brieussel peut tout de même se réjouir de l’arrivée de nouvelles recrues dans ses écuries pour la rentrée 2020. Elle monte désormais le jeune étalon approuvé en Allemagne Quaterhit ainsi que Don Vito de Hus, tous deux âgés de six ans. Achetés par la cavalière Dominique Degueldre, ils représentent une nouvelle opportunité pour la cavalière de haut niveau national et international.

« J’ai de la chance d’avoir une propriétaire très sympa », glisse Stéphanie. « Je suis allée essayer les deux chevaux. Quaterhit est prometteur, et Don Vito de Hus aussi, bien qu’il soit beaucoup plus timide -mais il est jeune, ça va prendre du temps. »

Quaterhit par Quatergold, et Poetin lll (par Sandro Hit x Brentano ll) est approuvé pour la reproduction en Allemagne et au Danemark ou il était deuxième dans les tests de performance des étalons de 35 jours. Il a été monté par le Danois Kenneth Damgaard ; il a concouru aux championnats National des jeunes chevaux en 2018, où il finit 4eme. Il a été vendu par Andreas Helgstrand à la cavalière Dominique Degueldre qui va le monter avec sa coach Stéphanie. 

Don Vito de Hus (Don Juan x De Niro) est d’origine française, il a été élevé par Xavier Marie et monté par Jessica Michel-Botton. Le couple terminait 14eme des Championnats mondiaux des jeunes chevaux en 2019. Le cheval avait ensuite été vendu à Andreas Helgstrand et est désormais de retour en France !