CEI 3* Florac : Le bon « Spirit » d’Allan Léon
mardi 10 septembre 2019

Allan Léon et Spirit de Crouz au CEI *3 de Florac 160km
Allan Léon et son Spirit de Crouz ont survolé la course © Anne Jonchery

Comme à l’accoutumée, les 160 km de Florac-Ispagnac ont tenu leur promesse. 4h30 : 42 partants s’élancent pour une longue journée de course ; 19 termineront. Si le Mont Aigoual, point culminant de la course avec ses 1 565 mètres d’altitude extrêmement ventés, était l’une des difficultés, il fallait garder la dernière boucle en ligne de mire : le passage du col de Montmirat, 478m de dénivelé sur 9km, ne serait pas de la rigolade.

Pour certains, les kilomètres ont semblé s’avaler « plus facilement ». Pour d’autres, ce fut un remake d’ « Une journée en Enfer » ! Mais celui à qui revient la palme du courage (ou de l’inconscience ?), est le cavalier chinois Zhiqiang Wang. Il n’est pas prêt d’oublier son premier Florac (et première participation de la Chine sur cette course) : chute, épuisement, vomissements… l’ont laissé à genoux de longues minutes avant qu’il ne puisse se mettre à cheval par ses propres moyens (c’était la condition du médecin pour qu’il continue), et repartir sur la dernière boucle. Il se classera 16e avec une douleur cuisante à l’entre-jambes due à une mauvaise réception sur sa selle.

Un podium presque 100% français

Allan Léon et Spirit de Crouz ont survolé cette course avec maestria, à 16.674km/h de moyenne. 2ème lors des 3 premières boucles, ils se sont installés à la 1ère place à la quatrième étape et ne l’ont plus quittée. Cerise sur le gâteau, Spirit de Crouz remporte également la Best Condition.Allan Léon avait mûrement réfléchi sa stratégie de course : « Spirit n’est pas très bon en descente. Je devais donc prendre un maximum d’avance en montée pour contrer Rouchka de Luc. Pour lui, c’est l’inverse et Marijke descend vite ». Le choix fût bon : 19.27mn séparent les deux concurrents à l’arrivée !

« Une course parfaite et intelligente », c’est ainsi qu’Allan Léon décrit la course de Spirit de Crouz, découvrant un cheval ayant gagné en maturité « Spirit a su se préserver pendant 120km, ce qu’il ne faisait pas avant : c’était plutôt un warrior. Il s’est réveillé juste quand il fallait ! Il était beaucoup plus à l’écoute. Son mental s’est affirmé ». Côté préservation, le cavalier a su soulager son cheval quand nécessaire : Allan a couru environ 15km à côté de Spirit, dont 10km d’affilés lors de la dernière descente. Un entraînement de plus pour celui qui fait un semi-marathon et un Half Ironman par an, « sauf cette année où j’ai eu une petite fille. Pas le temps de m’entraîner en plus du travail des chevaux ». S’il n’a pas avalé le bitume pour parfaire sa condition physique, Allan a tout de même enfilé sa combi pour aller nager à contre-courant avec ses chevaux : « On fait des séances de 3/4 d’heure à 1 heure et on marche aussi beaucoup sur la plage ».

La 2ème place s’est jouée au sprint entre la Néerlandaise Marijke Visser et la Française Annie Marchant / Alaska de Rivoiron. Marijke monte finalement sur la 2ème marche du podium emmenant avec elle un peu de France. Son cheval, Rouchka de Luc, fils de Khadar, est né en France à l’élevage de Christophe Giraldi. Son naisseur était fort ému par cette performance à laquelle il a contribué puisqu’il faisait, avec sa fille Lou, partie de l’équipe d’assistance. Cette course a ravivé de beaux souvenirs pour l’élevage de Luc, Rouchka de Luc étant le demi-frère, par sa mère Touchka II, de la Championne du Monde, Georgat.

Clin d’œil et coup de chapeau !

Amandine Gourdon / Bako de Traclin, à 16 ans, se classe 5ème. Superbe performance d’autant qu’il s’agissait de la première 160 pour la cavalière et le cheval. Applaudissements également pour Joël Marescassier qui à tout juste 61 ans, termine sa 15ème Florac ! L’ancien coach de ski, l’homme aux 350 victoires, aux 160 Best Conditions, aux 600 Top Ten, l’habitué de la Tevis Cup, le vainqueur en individuel et par équipe de la Gobi Desert Cup 2018, l’Américain Christoph Schork, 66 ans, était lui aussi à Florac-Ispagnac, et ce pour la première fois!

Une race mal aimée

Spirit de Crouz est un Shagya, et Allan croit beaucoup en cette race : « Sur les 25 chevaux que j’ai à l’entraînement, les quatre meilleurs sont des Shagyas. J’ai quatre produits de Spirit à la maison dont sa propre sœur par la mère, avec Khadar comme père (comme Rouchka de Luc ndlr) : elle a 6 mois. Il y a encore des paillettes de Spirit et je crois beaucoup en cette race : ils sont au-dessus des autres, lorsque l’on sait produire comme le font Catherine et Antoine Roland (naisseuse et propriétaire de Spirit ndlr) ».

Les acheteurs, majoritairement moyen-orientaux, ne voulant pas entendre parler de cette race, il y a peu de production de Shagyas, principalement à cause de son gabarit plus imposant que le pur-sang arabe, et de croisements malheureux il y a quelques années. A Florac-Ispagnac, Spirit de Cruz redore le blason de cette race.

Les résultats complets : ICI.