CEI3* Fontainebleau : la famille Théolissat en force
lundi 18 octobre 2021

À Fontainebleau, Melody Théolissat s'est imposée dans le CEI3*
À Fontainebleau, Melody Théolissat s'est imposée dans le CEI3* © B.F

Pour la douzième année consécutive, à raison de deux événements annuels à l’exception de mars 2020 et 2021, Grand Parquet Endurance proposait du 15 au 17 octobre des épreuves du niveau amateur au CEI3*, ainsi que la finale du Top 7.

Caroline Cabardos, à la tête de l’organisation aux côtés de son époux Gilles, se disait satisfaite des 380 engagés sur cette édition automnale, conforme à la participation de la fin de saison 2020. Au registre des nouveautés à signaler, la dernière boucle de 25 kilomètres avec arrivée sur la piste en sable de l’hippodrome de la Salamandre, qui permettait aux cavaliers de se livrer à des sprints endiablés. 

Melody Théolissat s’impose dans le CEI3*

Tandis que seuls dix sept des vingt-huit couples au départ de l’épreuve reine des 160 kilomètres parviennent à franchir la ligne d’arrivée finale sans encombre, Melody Théolissat s’impose aux commandes de Chanel du Jip Jap, Pur-Sang Arabe de neuf ans, fille de Muguet de Pascade et d’une mère par Gual Parsa, propriété d'Olivier Soulié (élevage de Galonne), labellisée « Excellente » à cinq et six ans à la Grande Semaine d’Uzès, septième cette saison de la CEI3* de Castelsagrat, et déjà gagnante en 2020 de l’épreuve bellifontaine des 120km. Ravie de la prestation de Chanel, qui conclut une course de 8h et 12 minutes à une moyenne de 22,92 km/h, la cavalière de trente-deux ans, troisième au classement mondial, s’apprête à quitter sa base actuelle de Digne-les-Bains pour rejoindre l’exploitation qu’elle a acquise dans sa région natale de Viens (84), où seront accueillis trente-cinq chevaux à l’entraînement et vingt-cinq d’élevage. En 2022, Melody pourrait tenter le championnat du monde de Vérone avec Chanel – à condition qu’elle ne soit pas vendue – ou avec Kaïs de Jalima (Sadepers), sélectionné à l’issue du championnat d’Europe à Ermelö, où l’équipe devait se contenter de l’argent, suite aux dix kilomètres supplémentaires en raison d’un balisage imprécis.

En deuxième position, avec un retard 4’05’’, Roman Lafaure, vingt-sept ans, en selle sur Akim Cabirat (Rhalan Cabirat), hongre de onze ans produit de l’élevage familial, qui pointait à la vingtième position des championnats du monde de Pise au printemps. Le cavalier, qui travaille dans l’entreprise familiale d’exploitation de carrières de pierre et d’argile, rend hommage à l’élevage familial de Monptazier (24), créé par son père Jean-Noël et fort aujourd’hui de près de cent vingt chevaux dont une dizaine de naissances par an, géré par son frère Julien, sa compagne Elena Paton et sa sœur Morgan. Roman vise également le championnat du monde. Le podium est complété par Géraldine Brault associée à Gronwel Caboul (Gronwel Tammah), neuf ans, qui franchit la ligne d’arrivée 14’39’’ après Melody. Coup de chapeau également à Jean-Michel Grimal, sélectionneur de l’équipe de France, qui s’octroie la neuvième place avec Calcium Artagnan (Sadepers).

La finale du Top 7

Pour la première fois se déroulait à Fontainebleau la finale du circuit Top 7, circuit réservé aux chevaux de sept ans depuis 2019, courue sur une CEI2* de 122 km, dont les points comptaient double dans le calcul final. À noter, grâce aux 100 euros d’engagement par cheval, que les cinq premiers bénéficiaient d’une belle dotation de 4800 euros. Treize des dix-sept couples au départ se présentent à l’ultime contrôle, mais le premier binôme à pénétrer dans l’aire vétérinaire après récupération (délai maximum de vingt minutes), repère pris en compte pour le classement quelque soit l’ordre d’arrivée, est composé de Lola de Jalima, fille de Baltik des Ors et Ismaël d’Aubanel, née chez Jean-Claude Guillaume, à l’entraînement chez Melody Théolissat et confiée aux rênes de sa sœur Pauline Théolissat, vingt-huit ans, qui ne cachait pas son enthousiasme. « Le tracé était formidable, notamment la dernière boucle. Et quand on a un cheval qui vole, tout va bien ! », lançait-elle à l’arrivée de cette course de 6h et 11 minutes.

Deuxième de l’épreuve avec un décalage de 2’05’’, Clémentine Chaud, en selle sur Ermine Dartagnan, fille de Ulm de Domenjoi et Almeria de Bigorre par Persicko, née chez son compagnon Jean-Michel Grimal à Artagnan (65), où sont accueillis soixante chevaux dont une dizaine de poulinières. La cavalière, salariée dans la fonction publique en tant que coordinatrice enfant jeunesse, notait une piste un peu « travaillée » en ce deuxième jour, mais intéressante à monter dans un cadre très agréable. « Aujourd’hui, on pensait faire le tour en peu en-deçà, mais elle a une réelle capacité de récupération métabolique et une incroyable facilité sur la piste », confiait-elle.

Warda de Galahad, fille de Dynamite de Galahad et Pégase EF, propriété d’Isabelle Nard, confié à Virginie Atger, troisième à se présenter au contrôle vétérinaire, complète le podium. La cavalière basée à proximité d’Aix-en-Provence avec soixante-dix chevaux, en charge de l’entraînement de sa protégée depuis le début de sa carrière, en convient : le règlement de ce championnat, avec un vet gate à l’arrivée, permet de détecter les chevaux en mesure de repartir pour une boucle supplémentaire pour courir une 160km.

Au calcul des points obtenus par les chevaux au fil de la saison (Fontainebleau 26 /27 mars, Uzes 24/25 avril, Castelsagrat 05 /06 juin, Compiègne 12/13 juin, Wimmenau 17 /18 juillet , Jullianges et Corlay 31 juillet/1er août, Monpazier 28 /29 août, Fontainebleau 15 octobre), la victoire dans le championnat revient à Lola de Jalima, Ermine Dartagnan remporte la médaille d’argent, tandis que Eiwa de Bozouls et Warda de Galahad se partagent le bronze.

Le bilan du Directeur technique adjoint

Comme l’explique Martin Denisot, directeur technique adjoint, « la FFE a créé le circuit du Top 7 en 2019 lorsque la FEI a décidé que les chevaux ne pourraient se qualifier qu’à partir de l’âge de huit ans pour le championnat du monde, et non plus sept comme précédemment. Il nous fallait proposer un projet sportif à cette classe d’âge, soit une étape par mois sur des belles courses à travers l’ensemble du territoire. » Plus généralement, Martin Denisot se dit plutôt satisfait des équipes de France, grâce aux jeunes champions du monde et aux séniors vice-champions d’Europe. « Suite à la crise sanitaire, le commerce, particulièrement actif grâce aux pays du Golfe habituellement, est encore assez calme, ce qui permet de conserver les bons chevaux sur le territoire, ajoute le DTN. Nous réfléchissions à dynamiser la compétition Club et Amateur, avec un projet d’initiation pour les tout petits, avec des critères de jugement sur des éléments de formation que peuvent juger les enseignants, tels que la manière de présenter son cheval, la position et l’équilibre du cavalier au galop, la régularité sur une boucle de cinq kilomètres. L’objectif est de mettre l’accent sur le plaisir d’évoluer en extérieur. Nous prévoyons également un championnat de France Amateur sur 60, 80 et 100 kilomètres, fin juillet à Jullianges, avec un trophée des régions, tandis que le championnat Pro se déroulera uniquement sur 120 et 160 kilomètres. » Concernant le règlement international, le DTN adjoint se réjouit de la mise en œuvre des nouveaux tests de sensibilité des membres pour décourager les éventuelles méthodes peu orthodoxes appliquées par certains pour bloquer ou limiter les boiteries.

Au programme pour Grand Parquet Endurance, qui se félicite de la confiance de la FFE : un week-end international et amateur ainsi qu'une première étape du Top 7 les 25 et 26 mars 2022, tandis que la session de mi-octobre accueillera le championnat de France Master sur 120 et 160 km et la finale du Top 7.

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