Ch-Monde Pise : Mélody Theolissat mène C’Pieraz du Vialaret sur la 3e marche du podium
jeudi 26 septembre 2019

Mélody Theolissat et C'Pieraz du Vialaret
Le travail d'équipe a permis à Mélody Theolissat de faire monter C'Pieraz du Vialaret sur la 3e marche du podium © Coll

Excellentes performances des Français le week-end passé au championnat du Monde des jeunes chevaux de Pise avec deux Tricolores dans le top 5 de cette course de 120km. Si Sonia Bourle permet à Sadahay El Hourya de prendre la 5e place, la plus belle prestation revient à C’Pieraz du Vialaret. Mené par Mélody Theolissat, le fils de Djin Lotois s’est octroyé la médaille de bronze.

Une course réussie

Le championnat du Monde des jeunes chevaux de Pise a été une réussite pour la France, Mélody Theolissat offrant à C’Pieraz du Vialaret la médaille de bronze, avec une course terminée en 5h24’27 avec une moyenne de 22,19km/h. Le couple est devancé par Kalia des Cygnes montée par Suhail Ali Rashed Ali Al Ghailani pour les Emirats Arabes Unis (or) et Lepanto de Guadarranque sous la selle de Gil Berenguer Carrera pour l’Espagne (argent). Une grande satisfaction pour Mélissa qui n’a rien lâché : « Au vu de la saison, je me disais que tout était possible puisqu’à chaque fois on gagnait ou on faisait des supers résultats. Je gardais dans le coin de ma tête que tout pouvait arriver ».

La compétition était de taille, avec de nombreux représentants des Emirats, connus pour truster les podiums de cette discipline. « J’avais plutôt programmé une vitesse, pas tellement une place parce qu’on sait que les Emirats partent très vite. Je ne pars jamais aussi vite qu’eux qui sont à 25 ou 26km/h de moyenne sur la première étape, surtout avec des 7 ans ». Elle s’est ainsi calée sur 21km/h et des relais ont été effectués, d’abord avec l’Italienne Melissa Bisoffi, puis avec la Française Sonia Bourle. « On a continué sur un pied de 21 à 21,5km/h et les chevaux récupéraient bien. Sur la dernière boucle, les deux cavaliers des Emirats et celle du Bahreïn étaient devant. Il était probable que le podium ne pourrait pas se jouer. C’était dommage mais on gardait en tête que l’un d’entre eux pouvait se faire éliminer ou caler ».

Retournement de situation puisqu’au point d’assistance, le conjoint de Mélody lui a indiqué qu’il ne pensait pas que la cavalière du Bahreïn tiendrait jusqu’au bout. La cadence a été accélérée durant la dernière boucle ce qui a permis de la doubler juste à l’entrée de l’hippodrome. « Une fois sur l’hippodrome, comme la 3e place se jouait c’était chacun pour soi. On a lancé le sprint dans la dernière ligne droite. J’ai tout donné, Pirazou aussi et on les a battus ».

Qui est C’Pieraz du Vialaret ?

Cet hongre de 7 ans a été confié à Mélody et son équipe à 5 ans par Audrey Andre, sa propriétaire et naisseuse. Il n’est autre que le fils d’Une Pieraz du Vialaret, jument que Mélody a valorisé jusqu’à haut niveau. « Pirazou » a fait Uzes à 5 et 6 ans et couru le CEI 1* de Fontainebleau cette année où il termine 2e.

Un autre futur se dessine toutefois pour lui et Epona du Vialaret puisque tous deux ont été vendus à la Chine en avril. Mélody a pu continuer à le monter cette année, à la demande de ses nouveaux propriétaires : « Ils n’avaient pas le temps ou n’étaient pas là. Ils étaient censés le monter à Pise sur la 2* mais il s’est avéré qu’ils avaient une 2* en Chine au même moment donc ils n’ont pas pu venir. Ils m’ont donc demandé de le monter dans les 7 ans parce que ça valorisait le cheval. J’étais ravie de le faire (rires) et eux le sont suite au résultat du championnat ».

C’Pieraz restera à l’entraînement chez Mélody avec Epona, même si la Française ne le montera en principe plus lors de courses. Elle ne l’aura au final eu sous sa selle que très peu de temps, n’effectuant au total que deux compétitions – dont le championnat – avec. « Nous avons beaucoup de chevaux chez les 5 et 6 ans et je ne peux pas tous les monter sachant qu’ils font tous Uzes. J’en ai monté d’autres que lui, surtout que c’est un petit cheval donc je lui mettais des petits cavaliers ».

C’Pieraz, qui au départ était assez froid, « il faisait son job mais n’avait jamais trop d’envie ou de compétitivité », a progressé cette année. « Depuis sa deuxième 120km, il s’est pris au jeu quand il a vu qu’il y avait un peu d’action. Il a dit ‘oui, je veux me battre !’. Il a la niaque et ça fait plaisir ! ». Froid mais conservant toute son énergie pour le moment adéquat, il est présent quand il le faut. Son potentiel ne demande qu’à être dévoilé à l’avenir.