Les 160 km de Florac stoppés par les intempéries
dimanche 20 septembre 2020

Le site de Florac
Le site de Florac © Jean-Louis Perrier

Au cœur des Cévennes, le circuit de l’endurance équestre de Florac n’a pas échappé à la violence de la météo du samedi 19 septembre. L’organisation a du arrêter la compétition après la première étape courue sous une pluie diluvienne. Depuis la création du Raid de Florac en 1975, ce n’était jamais arrivé !

Avec une Coupe des nations permettant un affrontement entre les trois meilleures nations européennes, l’édition 2020 des 160 km de Florac s’annonçait porteuse de beau sport. Il a vite tourné court, emporté par l’orage qui s’est invité pour accompagner les cavaliers à l’assaut de la corniche des Cévennes. Au terme de la première étape de 34 km à Barre des Cévennes, la décision d’arrêter la course a été prise. Christian Lozano qui présidait le jury explique : « Quand je suis arrivé au vet-gate de Barre, le site était déjà bien inondé ! S’il y a une alerte rouge, on doit tout arrêter, là nous étions en alerte orange où on peut décider de continuer ou pas. J’ai dit à l’organisateur Jean-Paul Boudon "Tu connais ton pays, qu’est ce qu’on fait ?", il a fait la moue, puis m’a dit qu’il fallait arrêter ! C’est dur pour tout le monde mais c’était la seule décision car très vite on a eu des informations sur la situation qui était catastrophique au mont Aigoual où devaient passer les cavaliers environ deux heures plus tard ! Nous avons rassemblé les chevaux sous toutes les tentes qui étaient disponibles en attendant qu’ils puissent revenir au site de départ en vans. »

« La course pouvait être très dangereuse »

La déception était perceptible pour tous, mais le danger trop grand. Klervi Lefèvre Bocher qui avait déjà vécu en Bretagne un CEI sous le déluge raconte : « J’avais couru Pontchateau sous des trombes d’eau, mais ce n’était pas de l’orage comme ici ! Je n’ai pas l’habitude de flipper, mais plus on montait, plus on avait l’impression de se rapprocher des éclairs avec des couleurs qui passaient du blanc à l’orange ! » Denis Pesce, qui est cévenol et connait bien le circuit puisqu’il en était à sa 31e participation, confirmait le caractère exceptionnel de cette météo. « Je ne me souviens que d’une édition où on avait fait le début de la course dans de très mauvaises conditions. Aujourd’hui ce n’était pas parti pour s’arranger, et ça pouvait être très dangereux car sur des sols qui étaient très secs, les phénomènes de ravinement se développent très vite, on pouvait se retrouver sur des chemins avec des avalanches de pierres, de quoi blesser un cheval, même le renverser ! C’est vraiment malheureux car l’organisation avait fait un travail remarquable pour préparer les pistes, tout va être à refaire ! »

Rendez-vous aux Pays-Bas

Après les annulations de toutes les échéances européennes et mondiales, la Coupe des nations de Florac était enfin l’occasion pour le sélectionneur Jean-Michel Grimal d’aligner une belle équipe, il restera sur sa faim ! Il avait choisi des cavalières déjà expérimentées comme Gaëlle Ollivier Jacob avec Pot Made, médaille d’argent par équipe en 2019, Klervi Lefèvre Bocher qui avait occupé fin 2019 la tête du ranking FEI grâce à ses performances notamment avec Vittel de la Majorie, ou Mélody Théolissat, médaillée de bronze aux championnats d'Europe 2013. Deux nouvelles cavalières faisaient leur entrée dans le team France : la provençale Camille Garbet qui enchaine les victoires avec Baltika d’Aurabelle (CEI 3* 2X90 km de Santa Susana  et CEI 2* de Jullianges) et la jeune bretonne Servann le Bitoux, elle aussi assidue des classements. Prochain rendez-vous pour le sélectionneur, Ermelo le 2 octobre où se déroulera le pré-ride de l’échéance européenne 2021, avec cette fois en plus, les inconnus du protocole sanitaire défini par les Pays–Bas pour autoriser l’accès aux compétiteurs ! 

Décidément 2020 est vraiment une année très compliquée !