Les championnats du monde jeunes d'endurance de 2023 pour Castelsagrat
samedi 19 juin 2021

Jean-Jacques Donzelli, Anne Donzelli et Franck Verbrugge
De gauche à droite : Jean-Jacques Donzelli, Anne Donzelli et Franck Verbrugge, prêts à acceuillir les championnats du monde jeunes en 2023 © Claire Sapet

C’est officiel : les prochains Championnats du Monde Jeunes d'endurance auront lieu en France, à Castelsagrat, dans le Tarn-et-Garonne. Réputée pour être une course technique, il faudra avoir un bon niveau d’équitation pour prendre le départ. Mais quels sont les enjeux d’un tel championnat dans l’hexagone ? Sera-t-il une aubaine pour l’endurance chez les jeunes ? L’Eperon en a discuté avec Jean-Michel Grimal, entraîneur national d’endurance, Jean-Jacques Donzelli, co-organisateur, et Jaume Punti Dachs, champion du monde 2021 par équipe.

Pourquoi avoir candidaté pour l’organisation d’un tel événement ?
Jean-Jacques Donzelli : Avec l’équipe, nous avions envie d’aller de l’avant. N’ayant pas la place pour un Championnat du Monde Sénior, nous nous sommes lancés pour les Jeunes. La course sera intéressante car il faudra être un bon pilote pour tirer son épingle du jeu ! En fait, depuis 4 ou 5 ans, nous organisons nos courses comme une répétition pour un tel championnat, pour nous améliorer. Cela germe depuis longtemps : Bénédicte Emond Bon et Alain Soucasse nous avaient déjà soufflé l’idée.
Jean-Michel Grimal : On ne trouve généralement que du plat pour ces championnats ! La FEI souhaitait un parcours technique et Castelsagrat l’est, avec des grandes montées et descentes. De plus, les derniers championnats organisés en France, c’était en 2013 à Tarbes : ça date ! Mais il faut avoir les reins solides pour organiser un tel événement car le cahier des charges est très lourd, mais Castelsagrat Endurance Équestre les a. Cela fait plus de 20 ans qu’il y a des courses ici.

Quels sont les atouts de Castelsagrat ?
Jaume Punti Dachs : On oublie souvent que l’endurance c’est aussi ça : de beaux paysages, des terrains vallonnés. Ce n’est pas que des courses plates. La technique c’est très éducatif, même si courir sur du plat oblige le cavalier à réguler son cheval car c’est tentant d’aller vite. Ici, ce sera une grande course technique, éducative, dure. C’est très important !
Jean-Jacques Donzelli : Ici, nous pratiquons une endurance de nature, avec des terrains variés. On ne peut pas monter les fesses dans la brouette, et en avant ! Courir chez nous, c’est aussi voir de beaux paysages, les chevaux sont très visibles tout le long de la course et faciles à suivre par les assistants et le public. La convivialité est également un de nos points forts. Pour la course, nous avons beaucoup de facilités et d’alternatives de pistes, ce qui nous permet de changer des tronçons si besoin, d’améliorer certaines parties. Les agriculteurs s’engagent de manière importante en nous prêtant leurs terrains. Les Italiens et les Espagnols badent notre zone de grooming ! Nous l’avons améliorée d’années en années : personne n’a les pieds dans l’eau. De plus, l’eau est récupérée puis recyclée.
Jean-Michel Grimal : Un Championnat du Monde, ça doit tourner, il faut du plat, du dénivelé et ici, on a tout ! Cela va être compliqué d’aller vite… Ici, c’est le top du top et on aura de très belles images.

Pensez-vous que ce championnat en France donnera un coup de booster à l’endurance chez les jeunes, notamment en club ?
Jean-Michel Grimal : Honnêtement, je ne vois pas comment on peut attirer avec ce type d’événement. Je ne pense pas que cela fera découvrir la discipline, car ceux qui veulent pratiquer en font déjà. Ce n’est pas parce que l’on va en parler que cela va attirer.
Jaume Punti Dachs : Les cavaliers qui participent à ces championnats sont presque professionnels et montent dans des écuries pro. Mais cela peut motiver des jeunes à se mettre à l’endurance.

Question organisation, où en êtes-vous ? Y-aura-t-il suffisamment d’hébergements ?
Jean-Jacques Donzelli : C’est un vrai challenge, mais qui est parfaitement maîtrisé. La machine est en marche ! Il reste à prévoir un beau décorum, mais le format actuel est bon. Le grooming et le trotting le sont également. Pour la zone de repos, nous pouvons déjà accueillir 120 chevaux. Nous installerons de grandes tentes comme à Euston Park et Pise avec des espaces délimités pour chaque pays. Il y aura peut-être une course de 120km après cet événement, mais ce qui est sûr, c’est que le jour J, il n’y aura que le championnat. Des animations sont déjà prévues. Les cérémonies d’ouverture et de clôture se feront sur la place du village pour laisser les chevaux au calme, et pour être avec la population. Il y a aura des bandas, typiques de chez nous. On a plein d’idées ! Pour l’hébergement, on a déjà tout ce qu’il faut. Tout prêt d’ici, il y a des gîtes allant jusqu’à 18 personnes, des chalets et à maximum 20 minutes, on peut trouver de l’hébergement de luxe.

Votre équipe est déjà constituée ?
Jean-Jacques Donzelli : Cette année, nous avions 120 personnes, 14 juges et 10 stewards. En 2023, nous serons 250, avec beaucoup de bénévoles. Pour l’équipe officielle, ce sont des juges qui se connaissent déjà, mais aussi des nouveaux, tous venus du monde entier. Nous avons un énorme soutien avec bien sûr Francine Fillatre, la maire de Castelsagrat, mais aussi du département, de la région, de Jean-Michel Baylet (fondateur de La Dépêche, ancien Ministre et Sénateur du Tarn & Garonne, ndlr). Nous avons le soutien de tout le monde, tant techniquement que financièrement. Nous sommes trois à la tête de l’association : Anne Donzelli, secrétaire de l’association qui gère tout l’administratif, Franck Verbrugge le trésorier qui s’occupe de la logistique, de la restauration, de la buvette et de l’électricité, et moi-même. Je suis juge international, 1er adjoint à la mairie de Castelsagrat et chef de piste. Notre force, c’est que nous sommes tous d’ici.

Les français courront à domicile, et si l’événement est bien médiatisé, il est possible qu’il suscite l’envie chez de jeunes cavaliers de découvrir l’endurance. Avec les drones, il sera beaucoup plus facile de suivre la course et de profiter de la beauté de Castelsagrat et alentours. En attendant 2023, toute l’équipe prépare déjà le pré-ride qui aura lieu l’année prochaine : une répétition grandeur nature du championnat.