Mario Deslauriers : « 50 % des couples qui participent à ces Jeux peuvent gagner »
vendredi 09 juillet 2021

Mario Deslauriers et Bardolina 2
Mario Deslauriers et Bardolina 2, ici lors du Grand Prix de La Baule 2021 © Scoopdyga

À 56 ans, Mario Deslauriers s’apprête à disputer ses troisièmes Jeux olympiques. Suite à la disqualification de l’équipe canadienne et au retrait de son compatriote Eric Lamaze, le Bromontois se retrouve de nouveau propulsé sur le devant de la scène. Soutenu par sa famille, et notamment par sa fille Lucy, il aborde cette importante échéance avec une sérénité déconcertante.

Ce week-end, vous êtes en France pour le CSI5* de Chantilly. Est-ce la première fois que vous venez fouler cette piste en herbe ?

Je suis venu ici il y a vingt ans, lors de la première édition je pense. Nous courrions sur la petite piste en bas. Cette année, avec le nouveau terrain, c’est fabuleux. Quand tu rentres en piste, tu regardes les grandes écuries, le château… Le paysage est si beau que tu oublies tout, même de trouver ta distance ! (rires)

Pourquoi avoir choisi de vous arrêter ici ?

Je suis installé à Chamant, chez les Paillot. Je suis tout d'abord allé à La Baule, avant de venir à Chantilly. Ma fille Lucy, qui court pour l’équipe américaine, est elle aussi ici et a participé aux CSIO5* de Sopot et Rotterdam il y a quelques jours. Nous sommes tous les deux là ce week-end puis nous allons à Dinard. Nous faisons une petite tournée en France, lors de laquelle nous nous rendons sur des concours fantastiques, organisés dans de superbes endroits, sur herbe. On s’est payé de belles vacances en France en quelque sorte !

Quel est votre objectif ce week-end ?

Je monte la jument qui m’accompagnera aux Jeux olympiques, Bardolina 2 (Clarimo). Elle va courir deux petites épreuves. J’ai aussi un neuf ans et un dix ans, qui vont sauter dans les plus grosses. Ce sont des chevaux que je dois encore un peu former. Ma fille a son bon cheval Hester (Wandor van de Mispelaere). Elle sera plus dans le coup que moi cette semaine, mais je vais jouer le jeu.

Pensiez-vous vraiment être sélectionné pour Tokyo ?

Cela fait six mois que l’on y pense. Depuis la tournée en Floride cet hiver, je savais que ma jument était très bien. Il n’y avait qu’une seule place aux Jeux olympiques pour le Canada cette année et quelques cavaliers la voulaient. J’ai été vraiment chanceux de l’avoir.

Ce sera votre troisième participation olympique, après Los Angeles en 1984 et Séoul en 1988. Vous êtes inoxydable !

Oui, et je me sens de mieux en mieux ! Actuellement, je fais de la gym en plus de monter à cheval, et cela me permet d’être en plus grande forme. Et puis j’adore monter, j’adore la compétition et j’adore le faire avec ma femme et ma fille, tous ensemble. Mon fils est aussi dans le coup maintenant et s’occupe de la gestion et de la logistique. Toute la famille est investie, c’est vraiment plaisant et amusant.

La famille est un élément important pour vous...

Oui, très important. Ma femme et moi sommes très proches de nos enfants, qui font encore leurs études. Il leur reste une année à l’université avant d’être diplômés. Lucy fait les deux en même temps et, cette année, les choses ont été plus simples pour elle avec la pandémie car elle pouvait travailler à la maison et monter en même temps, alors que d’ordinaire elle fait de nombreux allers et retours.

Y a-t-il malgré tout une compétition entre Lucy et vous ?

Toujours ! Elle pense à chaque fois que je vais la laisser gagner mais je fais de mon mieux pour ne pas le faire (rires). On a couru beaucoup de Grands Prix ensemble, on a souvent été premier et deuxième, c’est vraiment chouette.

Que représentent ces Jeux pour vous ?

Cette édition est particulière. Ces Jeux ont été retardés d’une année à cause de l’épidémie de Covid-19, nous devons faire beaucoup de tests et, à Tokyo, rien ne va se dérouler comme d’habitude. Par exemple, je dois arriver deux ou trois jours avant sur place et, seulement vingt-quatre heures après la fin de l'épreuve, je dois avoir quitté le Japon. Le protocole est très strict. Je ne peux même pas rester afin de regarder la compétition par équipe. Ce sera également différent car nous n’aurons pas l’ambiance habituelle des Jeux et nous ne pourrons pas rencontrer les autres athlètes par exemple. Malgré tout, quand on a la chance d’aller aux Jeux, il faut en profiter.

Comment s’est déroulé le processus de sélection ? Vos expériences à Los Angeles et Séoul vont-elles vous servir ?

Nous nous étions qualifiés lors des Jeux panaméricains. Puis, nous avons eu quelques petits ennuis et c’est pour cela que nous n’avons plus qu’un seul cavalier. J’ai déjà vécu toutes ces choses-là en allant à Los Angeles et Séoul. Malgré tout, ça a été des moments inoubliables. On va simplement aller à Tokyo en espérant faire de bonnes choses.

Quel est votre objectif ?

J’ai une très bonne jument, Bardolina 2, qui appartient à Rosalind Schaefer et qui saute très bien actuellement. Mais ce qu’il faut, c’est être dans une bonne semaine. 50 % des couples qui participent à ces Jeux peuvent gagner. Il faut avoir de la chance, que ce soit le bon moment et que toutes les étoiles s’alignent.

Ce sera peut-être votre dernière participation ?

Je ne sais pas. On essaie quand même de se préparer pour Paris. J’ai deux autres très bons chevaux, et ce serait quand même chouette de les emmener à Paris dans trois ans. Il n’y a rien d’impossible.