Para-dressage : Lee Pearson, Sanne Voets et Michèle George décrochent l’or
jeudi 26 août 2021

Lee Pearson
A Tokyo, Lee Pearson s'est offert une douzième médaille d'or paralympique © FEI/Liz Gregg

Un peu plus de deux semaines après la fin des Jeux olympiques, ce jeudi 26 août marquait le début des épreuves paralympiques d’équitation. Et pour cette première journée de compétition, ce sont les para-dresseurs des grades II, IV et V qui avaient rendez-vous en piste pour l’épreuve individuelle. Au programme : peu de surprises, mais de belles revanches.

Para-dressage, jour un ! Les cavaliers paralympiques se sont à leur tour élancés sur la piste du parc équestre Baji Koen de Tokyo. Durant cette première journée de compétition, avait lieu le Grand Prix individuel pour les cavaliers des grades II, IV et V . Et contrairement aux Jeux olympiques, l’objectif de cette épreuve est double : décrocher une médaille en individuel et/ou se qualifier pour l’épreuve de la reprise libre en musique, à laquelle seuls les huit meilleurs couples ont accès. Dans la catégorie du grade II, c’est l’Américaine Béatrice de Lavalette, en selle sur son KWPN de quatorze ans Clarc, qui a ouvert le bal de cette épreuve, dans laquelle toutes les figures sont réalisées au pas et au trot. Tout de suite, la cavalière de vingt-trois ans a donné le ton en passant la barre des 70 %. Mais il en fallait plus pour s’imposer dans cette épreuve… Très vite, le couple américain s’est fait devancer par l’Allemande Heidemarie Dresing et La Boum 20 (72,294%), puis par la jeune Britannique Georgia Wilson associée à sa jument de seulement sept ans Sakura (72,765%) et, enfin, par la légende autrichienne Pepo Puch – ancien cavalier olympique de concours complet accidenté en 2008, puis sacré champion paralympique en 2012 et 2016 – aux rênes de Sailor’s Blue (73,441%). Il ne fallait donc pas crier victoire trop vite dans cette épreuve, d’autant plus que le redoutable cavalier Britannique Lee Pearson partait en avant-dernière position, avec Breezer. Et qui d’autre que celui qui totalise un incroyable record de quatorze médailles paralympiques – dont onze en or – à son palmarès pour remporter cette épreuve ? Après Sydney en 2000, Athènes en 2004, Pékin en 2008, Lee Pearson est de nouveau médaillé d’or à Tokyo, grâce à une reprise notée à 76,265 %, soit près de trois points de plus que la meilleure performance jusqu’ici. Il s’impose donc face au tenant du titre Pepo Puch, médaillé d’argent, et sa compatriote Georgia Wilson, médaillée de bronze.

S’ils n’ont pas réussi à monter sur le podium de cette épreuve individuelle, l’Allemande Heidemarie Dresing, l’Américaine Béatrice de Lavalette, la Danoise Katrine Kristensen, le Japonais Mitsuhide Miyaji et la Russe Iuliia Poliakova pourront de nouveau tenter leur chance lors de la reprise libre en musique, puisqu’ils tout de même décroché leur qualification, tout comme les trois médaillés. Tous ont donc rendez-vous lundi 30 août, à 12h47 (heure française), pour cette ultime épreuve.

Côté tricolores, Céline Gerny et son expérimentée Rhapsodie n’ont malheureusement pas été autorisées à dérouler leur reprise… Cela, parce que le couple est rentré en piste au-delà de la limite de temps accordé, la cavalière n’ayant pas entendu le premier son de cloche. Coup dur pour le couple et le clan français. « J’étais tellement concentrée sur la reprise que je n’ai pas entendu la cloche. J’ai regardé autour de moi pour trouver des repères qui puissent m’indiquer à quel moment entrer en piste et malheureusement, je n’ai pas trouvé le chronomètre. Quand j’ai enfin entendu la cloche, c’était celle de mon élimination. C’est la première fois que cela m’arrive et il est clair que ce sera aussi la dernière dans ma carrière. C’est une grosse déception mais je dois reprendre le dessus pour montrer ce que Rhapsodie et moi sommes capables de faire pour l’équipe si j’ai la chance d’être sélectionnée », confiait la cavalière en sortie de piste. « Céline et la jument étaient prêtes. Il semble que sa concentration était telle que cela a dépassé sa gestion du temps. Mais Céline est une championne, elle va se remobiliser c’est certain », analysait quant à elle Fanny Delaval, cheffe d'équipe.

Grade IV : Sanne Voets prive Rodolpho Riskalla du titre

Les quinze cavaliers du grade IV sont ensuite à leur tour entrés en piste pour tenter de décrocher une médaille individuelle et se qualifier pour la reprise libre en musique. Contrairement aux passages précédents, cette fois-ci, dans cette catégorie, les cavaliers ont à réaliser des figures aux trois allures. Troisième cavalier à passer, le Brésilien – et grand favori de cette épreuve – Rodolpho Riskalla a très rapidement prouvé qu’il était venu pour gagner. Aux rênes de son Don Henrico, il déroule une belle reprise et séduit les juges, qui lui accordent la très bonne moyenne de 74,659 %. Nombreux sont ensuite les couples qui ont tenté d’égaler une telle note, sans pourtant y arriver… Très longtemps en tête du classement provisoire, la victoire semblait d’ores et déjà acquise. Mais c’était sans compter sur le duo néerlandais Sanne Voets/Demantur, venu détrôner le Brésilien grâce à une superbe reprise notée à 76,585 %. Deux points de plus que le grand favori ! Un véritable exploit, qui a suscité la joie et ému au larmes toute l’équipe néerlandaise. La cavalière décroche-là la dernière médaille manquante à son palmarès, puisqu’elle avait déjà auparavant été sacrée championne du monde et championne d’Europe dans l’épreuve individuelle ainsi que dans la reprise libre en musique, et avait également déjà décroché l’or paralympique dans ce dernier test. À Tokyo, la Néerlandaise a donc connu une véritable consécration. Dans ce Grand Prix individuel, la médaille de bronze revient quant à elle à la Belge Manon Claeys, ici associée à San Dior 2.

Du côté des qualifiées, la Suédoise Louise Etzner Jakobsson, la Danoise Susanne Jensby Sunesen, l’Allemande Saskia Deutz, l’Américaine Kate Shoemaker et la Sud-Africaine Philippa Johnson-Dwyer ont réussi à décrocher leur ticket pour la reprise libre en musique. Le Français Vladimir Vinchon passe, lui, non loin de cette qualification puisqu’il se classe neuvième de cette épreuve individuelle, à un petit point du duo sud-africain. Mais le cavalier tricolore n’aura assurément pas démérité. En selle sur son fidèle Fidertanz For Rosi, il signe une reprise notée à 68,695 % et est apparu très heureux en sortie de rectangle. « J’ai eu de bonnes sensations. Fidertanz a été un peu plus regardant que lors des 2 familiarisations depuis notre arrivée. Néanmoins, il était très présent et énergique. J’en attendais peut être un peu plus de lui mais il n’a que 8 ans et ce sont ses premiers Jeux.  Même si je suis parti avec des objectifs en tête, je ne me suis pas mis la pression et j’ai monté pour mon cheval, pour qu’il prenne aussi de l’expérience », expliquait le Tricolore après sa reprise.

Grade V : Michèle George a pris sa revanche

Les cavaliers du Grade V étaient les derniers à s’élancer aujourd’hui. Et parmi les quatorze au départ de ce Grand Prix, se trouvait la tenante du titre, Sophie Wells, cette fois-ci accompagnée de Don Cara M, ainsi que les deux autres médaillés de Rio, la Belge Michèle George et le Néerlandais Frank Hosmar. La compétition s’annonçait donc rude. Première de ces trois champions à passer, la cavalière aux couleurs de Belgique a déroulé une reprise toute en légèreté, en fluidité et en précision, en selle sur sa jument hanovrienne de onze ans Best Of 8. Résultat : 76,476 % et de nombreux cris de joie dans le clan belge. Tel était donc le record à battre et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la barre a été placée très haute. Si haute que le couple médaillé de bronze à Rio, Frank Hosmar et Alphaville, n’a pas réussi à faire mieux. Le duo néerlandais sort de piste avec la très bonne moyenne de 73,405 %, et a certainement perdu quelques points en raison du départ au galop échappé à la fin d’une des diagonales au trot. Est ensuite entrée en piste la championne paralympique titre, aussi bien en individuel qu’en équipe : Sophie Wells. La cavalière de trente et un ans et son hongre Don Cara M ont offert aux juges et aux téléspectateurs une magnifique reprise, avec un très beau travail aux trois allures. Le tout, avec beaucoup de finesse et d’élégance. Mais, contre toute attente, cela n’a pas non plus suffi à devancer Michèle George, qui a décidément frappé très fort ! Le duo britannique décroche la très belle moyenne de 74,405 % et s’intercale donc à la deuxième place, entre la cavalière belge et le cavalier néerlandais. Voilà donc – sans grande surprise – la composition podium de ce grade V : l’or revient incontestablement à Michèle George, l’argent à Sophie Wells et le bronze, comme à Rio, à Frank Hosmar. Une belle revanche pour la cavalière belge qui, après avoir été vice-championne paralympique à Rio, décroche enfin ici à Tokyo le titre suprême.

À quelques marches du podium, l’Allemande Regine Mispelkamp, la Russe Natalia Martianova, la Suédoise Lena Malmstrom, le Belge Kevin van Ham et l’Australienne Amelia White se qualifient quant à eux également pour la reprise libre en musique de lundi prochain.

Prochain rendez-vous en para-dressage : demain, dès 9h (heure française), pour les épreuves individuelles des Grades I et III. À noter que, du côté des tricolores, Anne-Frédérique Royon passera à 9h16 et Chiara Zenati à 12h46. Pour regarder leurs passages, rendez-vous sur France TV Sport.

Pour consulter les résultats complets de l’épreuve individuelle du grade II, cliquez ici.

Pour consulter les résultats complets de l’épreuve individuelle du grade IV, cliquez ici.

Pour consulter les résultats complets de l’épreuve individuelle du grade V, cliquez ici.