Simon Delestre : "Berlux a fait un parcours d’anthologie"
vendredi 06 août 2021

Simon Delestre
Simon Delestre a signé ce vendredi la plus belle performance de l'équipe de France en selle sur Berlux Z. © Scoopdyga

Après sa sixième place dans l'épreuve qualificative par équipes, le trio composé de Simon Delestre, Pénélope Leprévost et Mathieu Billot, revient sur sa performance. Si le premier est aux anges après son parcours à un point avec Berlux Z, les partenaires de Vancouver de Lanlore et de Quel Filou admettent qu'ils devront mieux monter demain. Quant au staff fédéral, il se dit satisfait de cette qualification mais se montre très critique sur le nouveau format de ces Jeux.

« Je suis plus que ravi de Berlux ! », se réjouit Simon Delestre. « Il a fait un parcours magnifique, d’autant plus qu’il n’est pas encore très expérimenté. Il a seulement 10 ans. Nous n’avons pas concouru depuis mi-juillet (CSI5* de Valkenswaard). Il sautait très bien à la warm up mais j’étais un peu inquiet qu’il soit tendu en piste. Honnêtement, je pense qu’il a fait un parcours d’anthologie. Berlux est un cheval hors norme, c’est un vrai crack qui est en train d’écrire sa légende. » Si le Lorrain se montre particulièrement enthousiaste, son équipière, Pénélope Leprévost, regrette sa faute dans le triple et son point de temps dépassé, qui lui ont coûté au total 5 points de pénalité. « Je n’ai pas effectué un très bon début de parcours, notamment à l’entrée du triple où j’ai décollé trop loin du spa alors que mon cheval sautait bien », indique la cavalière. « Heureusement, c’était mieux vers la fin. Au-delà du score, je ne suis pas très satisfaite de la façon dont j’ai monté. Je pense que je peux vraiment mieux faire. Demain pour la finale, je ferai tout pour être à 100% et je sais que je peux compter sur mon cheval qui le sera aussi. »

Pénélope Leprévost se prépare mentalement pour la finale, comme Mathieu Billot, qui indique que son cheval, Quel Filou 13, devra descendre encore en pression. « Mon cheval était très frais et il était encore bien nerveux avec tous les éclairages du stade. Il n’est vraiment pas facile à monter quand il est dans cet état. Il sautait très bien ce soir et il devrait normalement être encore beaucoup mieux demain. Les fautes sont pour moi. On est qualifiés ! Demain sera un autre jour et il ne faudra pas se louper. » Les analyses des cavaliers sont pour la plupart partagés par Henk Nooren, formateur : « Simon (Delestre) et Berlux Z ont fait un parcours magnifique. Pénélope a fait un tour correct. Mathieu (Billot) et Quel Filou 13 étaient beaucoup mieux aujourd’hui. On a eu l’impression que Mathieu montait un cheval différent. Quel Filou était très chaud, un peu stressé peut-être, mais il a bien sauté. Pour autant, pour tenter de décrocher une médaille, nous allons vraiment devoir nous surpasser. »

De l'optimisme mais un format très critiqué

Quant au staff, il se réjouit de cette qualification, qui était déjà un objectif en soi selon le sélectionneur national, Thierry Pomel. Ce dernier se veut optimiste pour la suite : « L’objectif était de rentrer dans la finale, nous y sommes », indique-t-il. « Pénélope et Mathieu sont largement capables de rectifier leurs petites fautes pour demain. La finale olympique par équipes réunira au départ les 10 meilleures nations, qui sont finalement celles qui trustent habituellement la discipline. Nos cavaliers sont prêts et motivés, leurs chevaux vont bien. Pour autant, le drame que nous avons vécu hier soir avec Urvoso du Roch (Nicolas Delmotte) nous rappelle que tout peut arriver. Nous courrons cette finale sans lui et sans Nicolas mais pour tous, le principal est qu’Urvoso rentre en bonne santé. » 
Si Sophie Dubourg, directrice technique nationale, partage l'enthousiasme du sélectionneur, elle ne mâche pas ses mots concernant le nouveau format des épreuves par équipes.  « Nous doutons clairement du bien-fondé de ce nouveau format olympique imposé par la FEI », pose Sophie Dubourg. « Autant de points et de pénalités engrangés juste pour une qualification ! Certes le parcours était difficile mais habituellement le drop score fait son œuvre puisqu’il y a 4 couples dans l’équipe. Ce format olympique nous inquiète même. Principalement parce que bon nombre de pays terminent à 2 équipiers seulement, sans compter qu’il est loin de privilégier le bien-être animal. Enfin, je ne vois pas comment des nations émergentes peuvent imaginer tirer leur épingle du jeu dans une compétition davantage imaginée pour les médias que pour le sport. J’espère que de vrais bilans seront tirés après tout ce qui s’est passé à Tokyo. »