Polo : une équipe motivée pour développer toute la filière
jeudi 25 mars 2021

Jean-Edouard Mazery
Jean-Edouard Mazery, président de la fédération française de polo © Coll.

Jean-Edouard Mazery, nouveau président de la fédération française de polo, entend développer la discipline à tous les niveaux, attirer des cavaliers et faire reconnaitre l’élevage. Fédérateur, fort de l'appui d'un groupe représentant toutes les facettes du polo, il projette la création d'un stud-book dédié. Entretien.

L’Eperon: Elu à la présidence depuis deux mois, quelles sont vos priorités?

Jean-Edouard Mazery: L'envie de renouvellement est largement partagée dans le monde du polo français qui connait un rythme de progression soutenu ces dernières années. Avec 30 clubs répartis dans le pays nous sommes devenus la 4e nation mondiale derrière l'Argentine, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne et nous sommes très regardés en Europe. Nous souhaitons passer à la vitesse supérieure en développant TOUT le sport, depuis les journées d'initiation dans les clubs hippiques, à tous âges, jusqu'aux tournois de moyen et haut niveau. Il faut attirer de nouveaux joueurs en multipliant les écoles de polo comme en faisant partager nos joies aux cavaliers (et aux cavalières) qui ont envie de vivre l'expérience d'un jeu collectif dans une ambiance sympa, détendue. Nous allons augmenter les stages de formation d'enseignants, de cavaliers soigneurs et d'arbitres (qui sont les garants de la qualité du jeu) et ouvrir de nouveaux circuits, sans oublier d'accompagner les professionnels de niveau international. En France nous avons la chance de la variété en jouant sur neige, sur sable, à l'intérieur et naturellement sur les grands terrains officiels à la bonne saison.

Qui sont vos partenaires?

D'abord mon équipe de 20 passionnés énergiques (voir la liste ci dessous*). Nous collaborons avec la FFE pour le championnat de France de paddock-polo FFE FFP à Lamotte-Beuvron, qui se joue à 3 contre 3. Nous tissons des liens avec les Anglais pour profiter de leur expérience dans les écoles et les collèges et naturellement avec les Argentins car il n'est pas de polo sans eux!

Et quid des chevaux qui sont -dit-on- 80% de la réussite d'un match?

Les joueurs sont forcément passionnés de chevaux et souvent comme moi, issus des courses et de l'élevage. Le polo vit d'ailleurs en osmose avec les courses et Deauville où nous pratiquons au cœur de l'hippodrome, en est le meilleur symbole. Voilà mon credo: développer l'élevage et le faire reconnaître. En effet, après les criollos et les croisements importés d'Argentine, on a testé des pur-sang de réforme et la tendance a pris de l'ampleur. A juste titre. Car les petits gabarits, agiles, au mental apaisé, bien dressés par nos joueurs, fournissent d'excellentes montures. Un exemple qui fait plaisir et donne à réfléchir : Apparicion, une jument de réforme achetée et dressée par Pierre-Henri N'Goumou a gagné la Coupe d'or de Deauville où l'a remarquée et acquise un des dix meilleurs attaquants argentins, Fran Elizalde, qui intègre la Dolfina, l'équipe d'Adolfo Cambiaso, meilleur joueur mondial! Apparicion est un modèle mais ce n'est pas un cas unique. D'autres juments légitiment notre démarche car elles ont donné naissance à des produits qui jouent bien à 6 ou 7 ans. La France qui est une terre d'élevage, a su se spécialiser dans la reconversion des chevaux de course pour le polo et on compte une demi-douzaine d'élevages remarquables, notamment chez nos deux meilleurs joueurs, Pierre-Henri N'Goumou et Brieuc Rigaux et j'en passe... C'est pourquoi l'idée du stud-book, en gestation depuis des années, devrait aboutir.

Mais le polo reste mal connu...

Nous devons faire un gros effort de communication. Mais le polo à des atouts pour séduire! Comme je l'ai expérimenté à Deauville depuis que je préside le club, un défilé en ville et des exhibitions sur la plage attirent les gens aux matches et ils voient bien que notre sport se déroule dans une ambiance chaleureuse où l'on a plaisir à emmener ses enfants. L'esprit de famille est la clé du polo, les joueurs se passent facilement le virus de père en fils mais on voit aussi pratiquer pas mal de couples ; et les petits à shetland nous montrent l'exemple : dextérité, agilité, bonne assiette ... Avec eux on voit bien que le polo est un sport abordable ... et amusant tout de suite! Je vous le garantis, il procure vite des émotions intenses!

Comment êtes-vous tombé dans le monde du polo ?

Par la passion des chevaux que j'ai attrapée chez mon grand-père qui élevait dans la Sarthe. J'ai commencé à jouer en 2000 à Chantilly où le président Patrick Guerrand-Hermès nous a appris l'essentiel : l'éthique du jeu, l'amour des chevaux, du beau polo ... C'est un fédérateur qui a réalisé un travail considérable avec le DTN Philippe Perrier pour installer les bases de la réussite du polo en France. A nous de suivre leurs traces pour aller plus loin. A Deauville j'ai acheté mon premier cheval et créé l'équipe La Esperanza avec qui on a gagné une Coupe d'or ... En parallèle je me suis impliqué à la fédération dont j'ai été secrétaire général six ans ... Je connais donc bien cet univers, l'institution comme les réalités des terrains, et comme je suis entouré par un groupe compétent, représentatif et donc rassurant, je suis heureux d'aller de l'avant.

*L'équipe de la FFP: Caroline Anier, Jean-Luc Auclair, Arnaud de Chènevarin, Florence de Fréminville, Patrick Deedes, Daniel Devineau, Fredericka Dodge Tellier, Justin Gaunt, Rachaël Hugues, Eric Le Maire, Jean-Claude Le Grand, Arnaud Macquinghen, Bleuzeen Pech de Pluvinel, Bernard Perin, Naïma Reskallah, Chiara Ruta, Anna Salter, Coast Sullenger, Thierry Vétois,Philippe Perrier, Mathieu Delfosse, Patrick Paillol, Brieuc Rigaux.