Triple Couronne : deux étapes pleines de surprises
mardi 21 septembre 2021

La Magdeleine remporte l'Open de France de Chantilly
La Magdeleine remporte l'Open de France de Chantilly © RB Presse

La Coupe d'Or de Deauville et l'Open de France de Chantilly achevaient la saison du polo de haut niveau en Europe. Alors que Sam Sztarkman, dix-neuf ans, gagnait la première début septembre avec ses Gragones, La Magdeleine d'Alexandre Garese a remporté l'Open de France à l'issue de deux parcours impeccables.

Avec une participation en hausse, des équipes renouvelées, des matchs serrés, incertains, brillants et des scores réduits, c’est forcément un beau spectacle qui s’est tenu sur la finale de l'Open de France, dimanche dernier à la ferme d'Apremont à Chantilly. La victoire est revenue à La Magdeleine d'Alexandre Garese, contre Kazak de Sébastien Aguettant. L’une des clés de sa réussite était sans conteste sa capacité à préserver ses meilleures juments sur toute la durée du tournoi pour pouvoir les solliciter en finale. Celles qu’on peut comparer à des Ferrari, issues de l'élevage de l'Argentin Pablo Mac Donough, étaient imparables. Alors que pendant trois semaines les matchs ont été serrés, la finale a eu l'air d'une promenade de santé pour La Magdeleine, qui a pris la main tout de suite avec un score de 4 à 1 en première période, pour monter jusqu'à 12 à 5 à la fin de la partie. Selon Patrick Paillol, pilier de Kazak qui construit cette équipe sous la houlette de Sébastien Aguettant depuis neuf ans à La Moinerie, « ils ont joué leur plus beau match en finale, et nous le moins bon ! On a perdu confiance après avoir raté des tirs au début alors qu’eux se sont senti pousser des ailes ». Jusqu’ici, Kazak rendait coup pour coup, en réagissant vite avec un jeu ouvert, vivant, et beaucoup de tentatives de tir dès qu'un des leurs pouvait sortir du paquet de défenseurs. L’équipe avait fait un parcours lisse, remportant tous ses matchs grâce à la coordination entre le virtuose argentin Jero del Carril et Patrick Paillol. Mais Alexandre Garese avait aussi chez La Magdeleine son duo bien huilé avec Facundo Llorente et Tito Ruiz Guinazu, diablement efficaces, ainsi qu’une cavalerie plus rapide. Désireux d'apprendre de cet échec, Kazak va corriger son organisation puisque Sébastien et Patrick partiront en Argentine chercher des chevaux et s'entraîner dès novembre. 

Jeunesse dorée

Pour la première fois, l'Open de France, qui ferme la saison du haut niveau en Europe, avait réuni dix équipes, les meilleurs capitaines français et onze virtuoses latinos. Edouard Carmignac avait recruté le jeune prodige Jeta Castagnola, si véloce et habile, avec Tommy Beresford, atout maître pour gagner. Son équipe Talandracas a marqué le plus de buts sur le tournoi mais termine troisième, après un match rude contre les Dragones de Sam Sztarkman, équipe qui gagnait la Coupe d'Or de Deauville début septembre. À dix-neuf ans, Sam est le plus jeune capitaine français à l’avoir empochée. Heureux comme un roi, il reconnait qu'il est difficile d'enchaîner l'Open de France après la Coupe d’Or. « À Deauville, nous avons joué tous les deux jours et à Chantilly tous les trois jours. C’est un peu dur pour les chevaux, commentait-il. Nous avons eu de belles actions, nos matchs se sont joués à un point ou en période supplémentaire. Notre équipe est soudée, avec un moral au top, mais en demi-finale contre Kazak, nous avons peut-être eu moins de chance et le score se joue à presque rien. » Cependant, il garde d’excellents souvenirs de Chantilly, comme celui d’avoir réussi « le goal en or qui apportait la victoire contre Mungo, qu'on avait déjà battue à Deauville en finale de la Coupe d’Or ». Son prochain objectif ? Le championnat de France, en parallèle de ses études de commerce.

Une année particulière

Créée il y a trois ans, la Triple Couronne de France (en écho à la Triple Couronne argentine, considérée comme le championnat du monde de polo professionnel) compte normalement trois étapes : la Coupe d'Argent puis la Coupe d'Or à Deauville et l'Open de France à Chantilly. Cette année, la Coupe d'Argent a été supprimée. « À cause du Covid, les Anglais ont retardé leur série de tournois d’été, expose Jean-Edouard Mazery, président du polo à Deauville. On a du annuler la Coupe d'Argent pour permettre à Talandracas d'être là. Edouard Carmignac y joue en voisin et nous est fidèle. » En tant que président de la fédération, Jean-Edouard Mazery est allé plus loin dans la coordination des événements. « Les étrangers veulent caler leur séjour en France sur trois semaines. Nous avons donc intérêt à ce que les grands clubs aient chacun leur moment fort. Ainsi, les joueurs peuvent circuler et le spectacle est garanti, avec plus d'équipes et de beaux matchs équilibrés. »

En parallèle le club accueillait la dixième édition de l'Open féminin avec sept équipes. Il est tombé dans l'escarcelle de Polopark Zurich, la formation de Morgan Von Overbroek, qui s'était associée aux soeurs Venot, trois Cantiliennes. Elles ont battu DS Automobiles, pourtant emmenée par la meilleure joueuse mondiale Hazel Jackson. En parallèle se déroulaient également trois tournois de moindre niveau, concentrant en tout 800 chevaux. Une sacrée organisation saluée par les joueurs. Avec neuf terrains, Chantilly est le seul site qui puisse réaliser un tel événement en Europe.

Tous les matchs de l'Open de France sont visibles sur pololine.tv.