Une légende est née : L’open d’Argentine à Deauville
dimanche 02 août 2009

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Clemente Zavaletta © R&B Presse Pascal Renauldon

On attendait une partie exceptionnelle, frénétique, historique : pari tenu. Les deux meilleures équipes argentines, au top du classement mondial, ont bien « vendu » le polo. « C’est un sport d’ équipe fabuleux, populaire, le plus ancien du monde, martèle le président de la fédération internationale de polo, Patrick Guerrand-Hermès, qui a monté le coup.

Ellerstina ouvre la marque d’entrée de jeu, 1, 2, 3 buts d’affilée, une vraie démonstration de Facundo Pieres qui traverse la moitié du terrain au galop. Le ton est donné. Ce sera chaud et rapide. La Dolfina, menée par Adolfo Cambiaso et soutenue par Jaeger-LeCoultre, colle au score, rend coup pour coup mais ne prend l’avantage qu’une fois. Et plus le match s’avance et plus on accélére. En dix secondes, l’avantage change de camp. Un attaquant met le feu dans le camp adverse et bouleverse la donne d’un seul coup de maillet et les poneys virevoltant au galop font vibrer le sol. Les coups subtils se succèdent : stopper la balle du vol avec son maillet, traverser seul la moitié du terrain pour marquer son but, voler la balle d’un drible arrière en un instant, faire rebondir la balle sur son maillet comme au tennis, attendre ses équipiers en tournant sur soi … Ces huit -là sont impressionnants. Ils surprennent toujours. Le public (clairsemé hélas) a mis une demi-heure à s’échauffer avant de crier sa joie… et de porter le match… Huit ? En fait ils sont neuf. Blessé au poignet, le défenseur Lola Castagnola est remplacé par Guillermo Tereira, un attaquant de génie. Il marque trois buts et sera primé «meilleur joueur » par la FIP. « Il a fallu revoir la tactique … mais pas de problème, on était dans le match » explique Adolfo Cambiaso, père et coach. La Dolfina est une équipe rôdée, on se connait par cœur, on joue de mémoire ! » Mais elle a enchainé les déboires ; Lucas Monteverde glisse sous son cheval et casse une bride… Adolfo Cambiaso fils se prend un poteau en pleine tête… La dernière période est magique, tendue à mort, à un point prés : on change de monture deux minutes avant la fin, les attaquants font merveille, il suffit d’un rien. Mais… Ellerstina gagne 11 à 10 : « Un rien, les deux équipes se valent, absolument », conclut Facundo Pieres, le N°1.On aura le plaisir de le retrouver à Deauville, comme membre de Royal Barrière sur la coupe d’Or qui se joue tout le mois d’août. Lucas Monteverde de la Dolfina fera partie de Talandracas, ils n’ont pas fini de se jauger !La revanche de la finale de l’open d’Argentine à Deauville visait trois buts : montrer le meilleur polo possible, le retransmettre dans le monde entier en direct, Eurosport l’a diffusé dans 102 pays, projeter Deauville et la Normandie comme La Mecque du polo en Europe. Pari réussi …Philippe de Nicolay, président du polo de Deauville est un homme heureux. Béni des dieux, la pluie s’est arrêtée 5minutes avant le début du match et a repris 5 minutes après la remise des prix. Le nouveau terrain fibreux a tenu. Le public était ravi, les joueurs aussi.Reste juste un autre pari à gagner : qu’Ellerstina et la Dolfina soient encore en finale de l’open d’Argentine cet hiver. Elles sont d’accord pour revenir jouer la revanche l’an prochain à Deauville. « Sinon, il faudra convaincre les autres … »

Photo d'Illustration