A la Baule, Blum prive Guerdat du triplé
dimanche 19 mai 2019

Simone Blum - DSP Alice
La championne du monde en titre, Simone Blum, remporte le Grand Prix du CSIO de La Baule en compagnie de sa toute bonne DSP Alice. © Eric Knoll

A l'issue d'un haletant barrage à huit, c'est finalement la championne du monde en titre, Simone Blum, qui boucle de manière magistrale l'édition 2019 du CSI-O de La Baule. En selle sur son excellente DSP Alice, la gagnante prive Steve Guerdat d'un triplé : vainqueur de la Coupe des Nations vendredi, du Grand Prix du samedi, le Suisse prend la deuxième place avec Albfuehren's Bianca devant l'Irlandais Darragh Kenny et Important de Muze.

Il fallait composer sans oublier de galoper, ce dimanche après-midi, sur la pelouse du stade baulois François-André. Le chef de piste, Frédéric Cottier, qui n'a pas ménagé ses ouailles, a proposé un parcours ultra sélectif aux 45 couples engagés dans l'épreuve phare du week-end. Si le premier sans faute ne s'est pas fait attendre, le numéro 2 au départ, le Brésilien Eduardo Menezes associé à H5 Quintol, les sélectionnés ont eu à soigner un oxer n°2 très délicat et, surtout une ligne rivière-double, à 6 ou 7 foulées selon les stratégies, qui faisait réellement office de juge de paix dans l'épreuve.

Des Tricolores pas si loin du sans faute

Parmi les cravaches tricolores, Olivier Robert, dossard numéro 7, a signé le deuxième sans faute : associé à son tout bon gris, Vangog du Mas Garnier, le cavalier, dans une cadence soutenue pour entrer dans les 81 secondes autorisées, a réalisé une performance à mettre en avant, se qualifiant pour le barrage. Emeric George et Chopin des Hayettes, 8 points, font également les frais de l'oxer numéro 2 et de la ligne rivière - double, tandis que Roger-Yves Bost et Sunshine du Phare, auteurs d'un bon début de tour, se voient pénalisés de 13 points après des fautes commises sur cette fameuse ligne et sur l'oxer n°12. La ligne rivière - double a également coûté cher à Pénélope Leprévost et Vancouver de Lanlore : sans faute jusqu'à cette fameuse ligne, l'amazone et sa monture ne se comprennent pas sur la reprise avant le double. Vancouver, trop bien revenu, cale devant le double et le franchit malgré tout. La cavalière préfère en rester là. Mathieu Billot et son Quel Filou 13 écopent de 5 points, comme Simon Delestre et Uccello de Will. Guillaume Foutrier et Valdocco des Caps s'en tirent avec une faute, et pour sa première participation, le jeune Pierre-Marie Friant et Urdy d'Astree, recevant une véritable ovation du public baulois à leur entrée sur le terrain, sortent avec un honorable score de 12 points. Huit points, toujours sur ce fameux double vert derrière la rivière, privent Pierre-Alan Mortier du barrage.

A très peu de chose du clear round, Thierry Rozier, double sans faute dans la Coupe des Nations vendredi, commet un malheureux 4 points de pénalité en sortie de triple avec sa bonne Venezia. Quatre points également dans le fameux double pour la bondissante Sultane des Ibis, hyper démonstrative sous la selle de Félicie Bertrand, comme pour Edward Lévy et Drag du Buisson Z, qui passe non loin du parcours parfait.

Huit nations distinctes à l'arrivée

Outre Menezes et Robert, le cavalier néerlandais Doron Kuipers et Charley, le Belge Gregory Wathelet et Iron Man Van de Padenborre ainsi que la talentueuse Britannique Amy Inglis et Wishes, parviennent à se tirer des embuches proposées par Frédéric Cottier. Pilier de la victoire suisse vendredi dans la Coupe, gagnant du Grand Prix du Samedi avec Flair, Steve Guerdat, dont on peut dire que le week-end baulois se passe sous les meilleurs auspices, met également sans difficulté sa toute bonne Albfuehren's Bianca au barrage. Le couple est rapidement imité par les championnes du monde en titre, Simone Blum et DSP Alice, ainsi que par l'Irlandais Darragh Kenny et Important de Muze. Huit cavaliers, le chiffre parfait,  parviennent ainsi à se qualifier pour la finale au chronomètre : parmi eux, un seul représentant français en la personne du champion de France Pro Elite en titre,Olivier Robert, et surtout huit nations distinctes. 

Premier à s'élancer, Eduardo Menezes n'a pas le choix : le Brésilien prend des risques, tourne et commet 8 points de pénalité en fin de parcours avec un excellent chrono de 42,84. Olivier Robert, dans une bonne galopade, en 43,69, fait chuter le deuxième élément de la combinaison, le triple transformé en double… au grand dam du public. Le Néerlandais Doron Kuipers, plus lent (48,81) fait tomber l'ultime obstacle. La Britannique, 22 ans, plus jeune engagée de l'épreuve, assure le premier clear round en 48,84. Un temps aisément prenable pour les poids lourds à prendre le départ. En 43,04, avec plus de cinq secondes de mieux, la victoire semble promise au Belge Gregory Wathelet. Qui commet 4 points de pénalité sur le dernier ! Sans faute en 43,82 avec sa bonne Bianca, Steve Guerdat prend la tête de l'épreuve. Pour une courte durée cependant : la championne du monde Simone Blum, sans faute, améliore le chrono et signe un parcours en 43,33. Dernier à s'élancer, Darragh Kenny signe également un parcours sans pénalité mais plus lent, en 43,90. Il termine troisième derrière l'Allemande et le Suisse. 

"Une année spéciale et une qualification olympique"

"Je savais que Steve avait fait fort avant moi", concède la gagnante. "Je n'avais pas le choix, il fallait que je galope. Mais ma jument est très rapide, elle a de bons réflexes et aujourd'hui, elle a vraiment bien sauté. A la fin de mon barrage, j'ai regardé le chrono, je ne savais pas trop si j'avais gagné ou non : je savais que Steve était aussi en 43 secondes…" Sixième au classement et seul Tricolore classé, Olivier Robert était forcément un peu déçu après la finale au chronomètre. "La Baule, c'est quand même quelque chose. Après mon sans faute, je visais un podium. Les 4 points du barrage viennent indéniablement gâcher un peu la fête… Mais je suis très fier de mon cheval, qui a sauté avec la manière. C'est encourageant pour la suite."

Auprès de ses cavaliers sur la compétition, Thierry Pomel vivait sa première édition de La Baule en tant que chef d'équipe. "Après cette épreuve, je suis forcément un peu déçu pour les cavaliers : beaucoup sont passés vraiment très près de l'exploit. Mais le sport se joue parfois à un souffle, comme on l'a vu aujourd'hui. Je suis néanmoins ravi car l'ambiance entre les cavaliers français est formidable, il y a un réel esprit d'équipe et ça, c'est important, surtout dans le cadre de cette année un peu spéciale, où il faudra aller chercher une qualification olympique. Mais j'ai bon espoir : nous avons de très bons cavaliers, dont certains jeunes qui arrivent sur le devant de la scène, et de prometteurs jeunes chevaux…