Beerbaum en toute tranquillité
lundi 19 décembre 2005

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Ludger Beerbaum et Gladdys - Ph. www.csicasasnovas.com

C’est en toute sérénité que le leader de l’équitation allemande, Ludger Beerbaum, s’est adjugé le Grand Prix Telefonica de la Corogne, dans le gigantesque et luxueux manège du centre équestre Casas Novas. Une victoire sans histoire, à l’en croire : pas si évident que cela !

« C’était un parcours qui convenait bien à l’hétérogénéité du plateau, nous confiera Ludger à propos de la première manche. Il y avait un peu de tout dans cette liste de départ et le chef de piste s’en est adroitement bien sorti. C’était un parcours dans des cotes normales pour un 5*, assez gros donc, mais sans vraiment de difficultés techniques. Oui… peut-être cette ligne courbe entre la palanque (vagues bleues) et l’oxer Rolex, mais dans l’ensemble c’était un tour qu’il fallait monter en avançant. En tout cas cela n’a pas été un gros souci pour Gladdys. » Une Gladdys effectivement à son affaire sur cette manche initiale qui n’aura laissé filtré que sept sans faute dont – bonne surprise – celui d’Illostra Dark qu’Eugénie Legrand a lancé dans le grand bain un peu poussée par les événements (le coup de sang de Cigale, qui va mieux). C’est d’ailleurs le couple français qui ouvrait le feu des sans fautes suivie en cela par pratiquement toutes les têtes de série du concours sauf Rodrigo Pessoa (un pédalage de Sigane sur l’ultime oxer) et Meredith Beerbaum (Shutterfly s’est légèrement aplati sur l’oxer de sortie du double n°8.)

Eugénie devait donc ouvrir le bal du barrage. Cela a commencé par deux magnifique sauts sur les deux premiers oxers du parcours d’Illostra, qui décidemment a de la qualité pour de vrais Grands Prix. Mais cela s'est arrêté après un virage serré à gauche sur le vertical sur bidet n°3 que la jeune fille de Palestro a regardé, négligeant son saut : un choc qui a éjecté Eugénie de sa selle.Après le sans faute calculé de Samantha McIntosh, toujours bien remontée par Günther Orschel comme avec ce hongre de 10 ans nommé Loxely, Ludger fut à vrai dire le premier à véritablement tenter le diable, mais « sans prendre de risques insensés. La jument n’a jamais été dans le rouge… à quoi bon. » Pourtant, il prenait là un autre genre de risque, celui de se faire battre par des clients habitués à ne pas traîner dans les barrages : Steve Guerdat/ Tijl van Pallieterland, Marco Kutscher/Montender ou encore Bernado Alves/Topic van’t Voorhof qui arrivaient ensuite. Mais Ludger fut heureux sur cette affaire : Guerdat fut 45 centièmes plus lent, Kutscher 61 centièmes et si « speedy Gonz’Alves » fut nettement plus rapide (-1”43) ce fut au prix d’un certain désordre et d’une faute à l’entrée du double !

Après un an de pause, Gladdys retrouve semble-t-il une seconde jeunesse : cette victoire (60.000 €) est la seconde dans une épreuve majeure, après celle dans le Masters de Stuttgart, depuis sa rentrée en octobre : « Je veux rester prudent, mais elle a l’air bien. Je ne la vois pas à Aix-la-Chapelle : une finale de Coupe du monde lui irait mieux. Pour les JEM, mais là aussi, je reste très prudent, je songe plutôt à Goldfever que nous sommes en train de remettre en route et qui repartira sur de petits concours en janvier, » nous a confié un vainqueur heureux. « Ce concours est vraiment relaxant pour nous. Ici, tout est parfait. Les écuries permanentes sont calmes. Le paddock (un deuxième manège) est gigantesque et tranquille. Quand vous détendez à Hanovre ou à Stuttgart, vous avez à peine la moitié de cette surface avec mille personnes qui vous crient dessus ! Cela a beau être à 2000 Km de chez moi, c’est un week-end presque reposant ! »

C’est également l’avis des Français (« quel bonheur d’être ici » nous répétait Olivier Guillon) qui avaient bien débuté la journée en assurant le spectacle de la première épreuve (Trophée ADT en deux phases), s’emparant des quatre premières places. C’est Michel Robert qui avait posé les règles du jeu : « qui veut battre le Million ?» Pas grand monde jusqu’au passage de Robert Breul qui, avec Ionesco du Moulin, améliora le chrono du Hollandais de Michel Robert de 67 centièmes : « Cela m’a agacé, je n’allait pas le laisser gagner comme ça, s’amusait Michel. Alors j’ai tenté le diable avec Jusqu’Ou Pérou, qui n’est pourtant pas habitué à ce genre de challenge. »Légende photo: Battu sur le fil par Robert Breul, Michel Robert a remporté le lendemain une "difficulté progressives" avec Jusqu'ou Perou


Mais l’aîné échoua… d’un centième. Julien Epaillard est venu compléter ce beau tableau de chasse en s’emparant de la 4e place avec Kilt de Grez. Robert Breul était content de son coup avec ce cheval qui lui appartient : « j’ai acheté Ionesco du Moulin à 6 ans. Il est assez tardif et manque encore de confiance en lui. C’est un cheval adorable, volontaire. Il est capable de faire un Gand Prix à 1m60, mais il ne le sait pas ! »Photos par www.csicasasnovas.com