Belle retraite Quabar !
vendredi 14 août 2020

Quabar avec Charlotte Lebas lors du BIP de Fontainebleau, un terrain qui lui a particulièrement réussi © Eric Knoll

Dans quelques jours, les jeunes cavaliers de l’équipe de France se retrouveront à Fontainebleau pour courir le CSIOP. Pour la première depuis bien longtemps, Quabar des Monceaux n’en prendra pas le départ et pour cause : le crack va désormais profiter d’une retraite bien méritée.

Lors du CSI du Mans fin juillet, Quabar des Monceaux n’a pas terminé son parcours dans le Grand Prix. Lui qui adore le public et qui se transcende lors des grands événements n’a pas retrouvé son brillant habituel. « Physiquement, il est en pleine forme, mais je pense que le confinement ne lui a pas fait du bien, il a un peu débrayé et nous n’avons pas envie de le pousser dans ses retranchements », confiait Claude Castex, son entraineur de toujours, à nos confrères de Poney As. En accord avec ses propriétaires, Chantal et André Magdelaine, sa cavalière, Romane Ohrant, et ses parents, il a été décidé de le retirer des terrains de compétitions à l’âge de seize ans. 

Une poulain attendu qui n'a pas déçu 

André Magdelaine élevait des chevaux de sport depuis longtemps lorsqu’il flashe sur une photo de Nabor en lisant le Hors-Série de l’élevage de L'Eperon en 1999. « Il  toisait 1,38m mais sautait plus haut que sa taille, était beau, et finaliste aux championnats d’Europe. Je me suis dit qu’il irait bien avec la Rosire (Gina des Monceaux, descendant de sa jument de base Urgence A, que sa petite taille avait rendue plus difficile à la commercialisation). J’avais toujours un peu dans l’idée de faire des poneys pour essayer. Je me renseigne au Normandie Horse Show et on me signale que les paillettes ne valent rien. J’ai dû attendre quatre ans avant d’apprendre un jour qu’il venait faire la monte à Saint-Lô. C’était en 2003 », confiait André dans le reportage qui lui était dédié dans le numéro 351 de L’Eperon. 

Quelques mois plus tard, Quabar pointe le bout de son nez et le résultat est à la hauteur des espérances d’André après cette longue attente. « Il était joli avec de la présence, se déplaçait super et n’était pas trop grand », se remémorait l’éleveur. Les années passent et le jeune prodige commence à  se faire un nom : il est sacré champion des mâles PFS et champion sûpreme à 3 ans, il est Elite à 4 et 5 ans, Excellent à 6 ans sous la selle de Gwénaëlle Anne. Les demandes de vente et de location affluent de plus en plus mais André ne cède pas jusqu’à ce qu’il trouve LA bonne personne pour monter son étalon. Ce sera Ninon Castex. Pas de chichi, pas de contrat, les deux parties se tapent dans la main et l’aventure vers le haut-niveau peut débuter. 

Au service de l’équipe de France 

Le couple prend toutefois son temps pour faire connaissance. Ninon ne pèse pas très lourd et elle doit trouver les boutons. Quant à Quabar, malgré son bon caractère, il doit apprendre à gérer son propre corps. Quelques mois plus tard, tout se met en place et la paire termine 6e du championnat D1 Excellence (1m10) et de là, tout ira très vite puisque deux ans plus tard, elle se retrouve aux championnats d’Europe d’Arezzo après un titre de vice-championne de France en As Poney Elite Excellence. Cette première échéance européenne ne se passe pas tout à fait comme prévu à cause d’un inexplicable refus dans le triple de la dernière manche qui prive le couple d’un sacre individuel mais qu’importe, il revient encore plus fort l’année suivante après avoir remporté huit Grands Prix d’affilée et à Millstreet, l’or individuel ne lui résiste pas. Quabar devient alors le premier poney français à remporter le Graal européen. Quand Ninon est devenue trop âgée pour les internationaux, Charlotte Lebas puis Romane Ohrant ont pris la relève. Avec ses différentes cavalières, Quabar aura glané deux médailles d’or et quatre médailles d’argent aux championnats de France en As Poney Elite Excellence et cinq aux championnats d’Europe, un palmarès qui n’est pas prêt d’être battu… 

Un père déjà reconnu

Quant à sa carrière de  reproducteur, Quabar a déjà pris les devants : il compte plus de 300 produits nés en France et il saillit tous les ans plusieurs dizaines de juments. Les plus vieux ont onze ans et s’illustrent déjà à haut niveau à l’instar de Valiant des Charmes (IPO 177/19), qui tourne en As Poney Elite avec Lola Brionne, Vainqueur de la Lande (IPO 123/18), Valois du Montier (IPO 141/13), Vallee de la Hague (IPO 160/19), Arobase du Moulin (IPO 150/18)…

D’autres, plus jeunes, se distinguent sur les concours de modèles et allures, tout comme leur père avant eux. Hold Up des Charmes et Hello de la Hague terminaient premier et deuxième du championnat des mâles de 2 ans PFS l’an dernier. Après avoir conquis les coeurs du public français sur les terrains de concours, « Chouchou » est bien parti pour devenir un grand sire.