Benoit Cernin : « Cookie a encore beaucoup évolué ces derniers mois »
lundi 19 juillet 2021

Benoit Cernin et Cookie de Vesgre remportaient ce week-end le CSI2* de Cluny
Benoit Cernin et Cookie de Vesgre remportaient ce week-end le CSI2* de Cluny © Jean-Louis Perrier

Même si c’est en voisin, il est bien rare que Benoit Cernin fasse le déplacement à Cluny pour rien ! Le CSI2* organisé par Horse Events n’a pas échappé à la règle avec une victoire dans le Grand Prix associé à Cookie de Vesvres. L’occasion de faire le point sur le piquet plein d’avenir du cavalier du Charolais.

Au terme d’un barrage à onze cavaliers épilogue de quatre jours de compétition sur la belle piste d’Equivallée-Haras National de Cluny, Benoit Cernin s’impose avec Cookie de Vesvres dans le Grand Prix 2* Horse Events. Pas vraiment une surprise, tant ce bai très stylise est une machine à gagner : deux victoires sur les Pro1 du Grand National sur le même terrain il y a trois semaines, gagnant puis deuxième sur 1,45 m lors du CSI4* de Grimaud en juin, le tout après une victoire sur le CSI4* de Bourg en Bresse. Ce fils de Dollar dela Pierre né chez Vincent Barletta en Saône et Loire, qui en est toujours le propriétaire, est entré dans le piquet de Benoit Cernin l’année de ses six ans. Il en est l’un des meilleurs éléments, mais pas le seul ! Analyse de son piquet avec le principal intéressé. 

Comment organisez-vous votre piquet ? 

J’ai vingt chevaux au travail. Uitlander du Ter (Clinton) et Seringat Galotière* Vitalhorse (Iowa) évoluent en 5* où ils sont épaulés par les neuf ans, principalement Cekanane de Ushara*Vitalhorse (Kannan) et Cappuccino (Huppydam des Horts). Cookie de Vesvres a déjà bien réussi en 4* et va passer en 5*. Carignan de Villeclare s’était blessé et va reprendre sur le Grand National le week-end prochain. J’ai aussi Call Me de Malotithe (Dollar dela Pierre), et Cinka Varennes (Tinka’s Boy), une jument qui est née chez Jean Martinot, près d’ici, et achetée cet hiver. Elle est quatrième du Grand Prix 1*. C’est une jument qui a beaucoup de force, avec un très grand galop, elle était plus tardive mais elle va vite évoluer pour faire des Grands Prix 4*.

Comment déterminer qu’un cheval peut passer au niveau supérieur ? 

Il faut être très attentif à leur physique et le respecter. Par exemple, Cookie qui n’est pas très grand a encore beaucoup évolué dans sa masse musculaire ces derniers mois. Ce n’est pas qu’une question d’âge, c’est comme les humains, avec le même entrainement, il y en a qui progressent plus vite ! Je travaille beaucoup au sentiment pour évaluer mes chevaux et depuis quelques mois j’échange beaucoup avec Eric Navet. C’est vraiment quelqu’un d’exceptionnel dans l’approche du cheval. Ma femme, qui connait mon admiration pour lui, l’a contacté pour m’offrir un stage, mais malheureusement quand il est venu en France l’hiver dernier, j’avais un problème de ménisque et je ne pouvais pas monter ! Nous avons gardé contact et j’espère bien travailler avec lui cet été. En attendant, on communique beaucoup via internet. 

Vous avez aussi un piquet de chevaux de huit ans, dans lequel on compte Deuxcatsix d’Eglefin (Vigo Cece) dont on parle beaucoup... 

Oui, c’est ce que j’appelle un cheval rare ! Il a toutes les qualités, la force et un caractère hors norme pour un entier. Il est "sérieux", ne se laisse pas déconcentrer comme d’autres qui sont difficiles à gérer. Par exemple à Chantilly, Uitlanders a pris un cheval en grippe au paddock et je n’ai pas réussi à le reconnecter en piste ! J’avais échangé avec Marie Pellegrin (ex-cavalière de Deuxcatsix, ndlr) pendant le CSI de Sainte Cécile il y a un an parce qu’elle avait le sentiment de ne pas y arriver avec lui. Pour moi, ce n’était qu’une question de temps, mais elle est arrivée à la conclusion que ce n’était pas un cheval pour elle. Elle m’a dit que le jour de cette discussion, elle avait pensé que c’est à moi qu’elle le confierait si elle décidait de ne plus le monter ! Nous avons un contrat moral avec l’objectif de Paris 2024. Je ne l’ai que depuis le mois de mai et ça se passe très bien, ce week-end il n’a pas touché une barre ! La famille Echelard vient de me confier Dont Worry Farmer (Kannan) qui a aussi de très gros moyens. J’ai Dynamite du Miral (Nabab de Reve) qui a beaucoup de caractère, c’est une jument qui veut tout faire d’elle-même, il faut prendre du temps pour qu’elle apprenne à m’écouter ! J’ai aussi Danaïde de Ruère (Kannan) qui progresse bien. 

Avec aussi des six et sept ans qui font les CSI réservés aux jeunes chevaux, vous êtes en concours tous les week-ends. Comment vous organisez-vous ? 

J’ai la chance d’avoir mes parents qui sont très investis dans l’écurie et je peux compter sur Héloïse, une cavalière anglaise qui monte les chevaux sur le plat. Mes installations à Génelard répondent bien à mes besoins mais il y a toujours des choses à faire pour améliorer le site ! 

Avez-vous un modèle économique qui fonctionne ?  

J’ai beaucoup de propriétaires qui ne sont pas vendeurs de leurs chevaux. Ça me donne un bon piquet, mais les pensions et les gains en concours ne permettent pas de faire face aux gros besoins. Par exemple, il va falloir que je change mon camion ! Il faut bien être conscient que c’est le commerce qui permet de faire des investissements qui sont toujours indispensables ! C’est pour ça qu'on achète des jeunes chevaux avec des investisseurs pour faire du commerce. J’ai commencé à élever aussi. Je m’intéresse aux origines pour développer cet élevage. Dans les chevaux que j’ai au travail en ce moment, il y a plusieurs Kannan, mais c’est un hasard ! Lorsque j’essaie un cheval, c’est avant tout le caractère, le mental et le respect que je recherche.