Benoit Cernin : "voir les fruits de mon nouveau système en 2020"
mardi 14 janvier 2020

Benoit Cernin
Après l'évolution de son sytème en 2019, Benoit Cernin a les yeux rivés sur la saison sportive 2020 ! © Eric Knoll

Pour Benoit Cernin, champion de France de saut d’obstacles Pro Elite en 2019, la saison passée s’est déroulée à l’écart des plus gros concours étoilés. Une année de transition pour le cavalier bourguignon, qui a vu certaines de ses montures passer le cap des grosses épreuves et a drastiquement revu le système au sein de ses écuries.

Benoit Cernin avait été l’une des révélations françaises du saut d’obstacles 2017, terminant cette année-là sur de magnifiques performances au CSI 5* de Genève après avoir foulé quelques unes des plus belles pistes du monde à l’instar de celles de Hickstead, St Gall ou encore Chantilly. Deux ans plus tard, le cavalier a évolué un peu plus à l’écart des gros rendez-vous internationaux, mais ne regrette pas que 2019 ait été une année dédiée à la mise en place d’un nouveau système et à l’évolution de chevaux prometteurs. « Après le titre de champion de France acquis à Fontainebleau, je sentais que Uitlanders du Ter (Clinton x Hurlevent) avait besoin de souffler un peu. Il a toujours été un cheval très sensible, même si il est aujourd'hui beaucoup plus serein, et je ne voulais pas lui en demander trop, au risque de le payer par la suite », explique Benoit, qui considère le titre national comme l’un des moments forts de l’année 2019. Il a également eu la satisfaction de voir de plus jeunes montures évoluer de manière significative. « Vackanda de Lojou (Apache d’Adrier x Diamant de Semilly) a vraiment passé un cap cette saison, surtout sur les derniers mois de l’année, classant plusieurs Grands Nationaux avant de gagner finalement à Paris. Tous les ingrédients étaient réunis pour réussir, c’était vraiment super ! Quant à Ciesto VD Vogelzang Z (Cicero Z x Ulft), arrivé une peu avant Compiègne en aout 2019, il s’est vite mis sur la hauteur mais était assez spécial. Lui aussi commence a devenir plus régulier. Ce sont deux chevaux sur lesquels je vais pouvoir compter la saison prochaine ! ». 

Un système revu et corrigé

Et avoir des chevaux sur lesquels compter pour courir des Grands Prix est devenu la priorité de Benoit. En fin d’année, le cavalier a réduit d’un tiers l’effectif dans ses écuries, passant de trente à vingt chevaux, dans le but de se concentrer uniquement sur les chevaux présentant les qualités nécessaires pour le haut-niveau. « Je n’ai gardé que les chevaux d’avenir ou performants à l’heure actuelle. A la fin on ne peut pas tout faire. J’ai goûté au plus haut-niveau et je veux m’y installer durablement. Pour ça, il fallait faire des choix ». Si il avait conscience depuis un moment que son système devait évoluer pour lui permettre d’atteindre ses objectifs, se séparer de propriétaires reste un risque financier pour le cavalier. « Jusqu’à aujourd’hui, la situation était trop instable, c’est pour ça que je prenais aussi beaucoup de chevaux. Aujourd’hui, je prends des risques c’est sûr, mais je sens qu’il n’y a qu’en allant dans cette direction que l’on peut avancer », admet Benoit. « Grâce à cette réduction d'effectif nous avons plus de temps à accorder à chaque cheval. Je vois déjà la différence. Pour évoluer, je pense que c’est le meilleur schéma. Et comme les choses évoluent bien, j'y prends plus de plaisir aussi, c'est un tout ». 

Cap sur 2020

Si humainement il n’a pas été facile de se séparer de certains propriétaires, Benoit comptera toujours en 2020 sur sa cavalière maison, sa groom et ses parents pour l’épauler au quotidien (« une équipe qui roule ! ») et aimerait bénéficier plus souvent des stages fédéraux dispensés par Henk Nooren et Barnabas Mandi. « J’ai eu l’occasion d’en faire un à la sortie de l’hiver et un début décembre. Ils insistent sur des choses simples, mais qui font toute la différence. »

Alors que peut-on souhaiter à Benoit Cernin pour 2020 ? « Avoir des chevaux de Grand Prix. Actuellement, j’en ai trois, un ou deux de plus dans mon piquet, ce serait l’idéal. Après le tri effectué dans mes écuries, je suis en mesure d’accepter tout cheval qui présente des qualités sans me poser de questions. Avant que je ne décide de réformer mon système, on m’amenait des chevaux compliqués, que les autres ne voulaient pas. J’ai acquis la réputation de m’en sortir avec les chevaux difficiles et peu classiques, mais le problème c’est que quand il y a un bon cheval, on ne pense pas à moi. C’est pour ça que je me suis dit « tant pis, je fais un choix, je prends le risque ». Je souhaite donc surtout en 2020 voir les premiers fruits de ce nouveau système ! ».