Bryan Balsiger « J’espère pouvoir davantage aider l’équipe l’année prochaine »
lundi 16 septembre 2019

Bryan Balsiger et Clouzot de Lassus
Bryan Balsiger et Clouzot de Lassus au CHIO d'Aix-la-Chapelle © Scoopdyga

A 22 ans Bryan Balsiger est sans aucun doute l’étoile montante du saut d’obstacles suisse. Champion d’Europe Jeunes Cavaliers en 2017 et champion de Suisse Elite en 2018, le jeune homme a réalisé cette année son entrée dans cour des grands en participant à pas moins de trois Coupes des nations, dont la mythique compétition aixoise et celle de La Baule où la Suisse a triomphé. Il fait le point sur carrière et ses objectifs.

Cette année, tu as fait un véritable grand plongeon au plus haut niveau suite à ta victoire au championnat de Suisse 2018, quel bilan tires-tu ?

Avec le titre de champion de Suisse, j’ai pu me rendre à Barcelone le mois d’après donc il s’agissait déjà d’un énorme pas : passer des Jeunes Cavaliers à Coupe des nations Elite, c’est un gros changement. L’hiver dernier j’ai pu participer aux CHI de Genève, et à la Coupe du monde de Bale.

La Coupe des nations de Barcelone en 2018 était ma première Coupe et c’était la finale donc j’avais plus de pression et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Cette année, j’ai eu la chance de pouvoir faire trois magnifiques concours, que ce soit La Baule, Aix-la-Chapelle ou Dublin, et de pouvoir monter à chaque fois les Coupes des nations. J’ai fait des bons tours, malheureusement pas sans-faute mais on essaie de progresser à chaque fois. Je suis content de ma progression cette année et j’espère pouvoir aider un peu plus l’équipe l’année prochaine.

La Suisse finit d’ailleurs première du circuit Coupe des nations de division 1, une satisfaction ?

Ce n’était jamais arrivé ! Ce n’est peut-être qu’un titre de prestige mais toute l’équipe a vraiment travaillé pour. On peut remercier les piliers, les cavaliers de tête de cette équipe comme Steve Guerdat qui se sont donné à chaque fois. Ils étaient présents et ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour avoir un maximum de points et à la fin la Suisse est en tête. Je suis très content de faire partie de cette équipe.

Peux-tu nous parler de tes chevaux ?

J’ai Ak’s Courage qui est une jument de 10 ans. Elle a fait son deuxième Grand Prix 5* au CSIO de Dublin et je suis très optimiste pour la suite. Cela va faire deux ans que je la monte, on l’a eue à l’âge de 8 ans et on a fait toutes les épreuves ensemble : de la 1,30m jusqu’à la 1,60m. On essaie de progresser et d’arriver le plus loin possible. Clouzot de Lassus est tout de même mon cheval de tête. C'est un hongre de 11 ans avec qui je saute les Coupes, il est en forme.

Comment va Twentytwo des Biches qui revient peu à peu (l'alezane a réalisé deux sans-faute sur 1,35-1,40m au CSI 3* de Mâcon ce week-end, ndlr)?

Twentytwo a fait sa première compétition depuis sa blessure début août dans un concours national où elle était sans-faute sur 1,30m. Elle va très bien mais on va continuer progressivement sans brûler les étapes parce qu’elle a quand même eu une longue période sans compétition (elle n'avait plus concouru depuis le Global Champions Tour de Shanghai en avril 2018 avec son ancien cavalier Romain Duguet, ndlr). On va essayer de construire quelque chose ensemble et faire en sorte qu’elle soit le plus en forme possible pour l’avenir.

Comment se passe ta journée de travail typique ?

Le matin je suis dans l’écurie de mon sponsor, Olivier de Coulon, à 20 minutes de mes écuries. On a huit chevaux de compétition chez lui dont Clouzot, Courage, Dubai du Bois Pinchet. Je monte entre quatre et cinq chevaux avec l’aide de mes grooms et l’après-midi je retourne dans les écuries familiales où il me reste trois chevaux de compétition dont Twentytwo.

Je peux aussi donner des cours aux élèves : on a aussi une école d’équitation avec mon frère Ken qui l’a rouverte et qui la gère avec un ami, on a environ 60 élèves par semaine. J’ai toujours aimé enseigner et j’ai d'ailleurs fait un apprentissage d’écuyer. Même si j’aime cela, pour le moment je me focalise vraiment sur la compétition et je n’enseigne que lorsque je suis chez moi, que j’ai le temps et avec nos clients. Ce n’est pas quelque chose que je veux faire tout de suite.

A 22 ans, tu fais partie des rares très jeunes cavaliers suisses à évoluer en 5*, comment expliques-tu cela ?

J’ai eu de la chance d’avoir un très bon accompagnement car mon père travaillait avec les entraîneurs et sélectionneurs des jeunes. J’ai donc fait de très belles années chez les Juniors et Jeunes Cavaliers. Il est vrai que depuis quelques années, on sent qu’il y a moins de jeunes par rapport à d’autres périodes où il y avait Martin Fuchs ou encore avant Philipp Züger, qui ont été champions d’Europe Jeunes Cavaliers. On sent qu'il manque peut-être un peu de cavaliers dans ces tranches d’âge, mais ils sont encore jeunes : ils sont en Children. Il n’y a pas peut-être pas autant de jeunes en 5* en Suisse par rapport aux pays tels que la Belgique, les Pays-Bas ou encore l’Irlande, mais on en a qui montent aussi très bien, simplement pas à ce niveau. Je suis certain que d’ici quelques années ils y seront aussi, du moins je l’espère.

Je souhaite d’ailleurs remercier Olivier de Coulon, mon sponsor, parce qu’il m’a vraiment permis d’atteindre ce niveau-là. C’est magnifique de pouvoir compter sur quelqu’un comme lui et de pouvoir continuer à évoluer. C’est grâce à lui si maintenant on a des jeunes chevaux, qui j’espère dans quelques années pourront épauler ceux de tête, et continuer sur cette voie-là à travailler et former ensemble, arriver en équipe au plus haut niveau.

Quels sont tes objectifs pour la suite ?

La finale Coupe des nations est un objectif, on a travaillé pour cette année et j’aimerais bien figurer dans l’équipe suisse. J’ai également la Coupe du monde en tête. Les places sont chères donc j’aimerais faire une ou deux étapes pour voir à quel niveau je suis. Il y a un grand chemin avant d’arriver à la finale, mais faire deux ou trois étapes serait déjà bien.