CHI Gènève : Imprenable Martin Fuchs
dimanche 12 décembre 2021

Martin Fuchs devient le premier cavalier à remporter le Grand Prix Rolex de Genève sur deux éditions consécutives
Martin Fuchs devient le premier cavalier à remporter le Grand Prix Rolex de Genève sur deux éditions consécutives © Scoopdyga

Encore et toujours là ! Après avoir réalisé un triplé historique dans la Coupe du monde de Lyon fin octobre, Martin Fuchs s’offre le Grand Prix Rolex du CHI de Genève pour la deuxième fois consécutive, cette fois, avec Leone Jei.

Qui arrêtera Martin Fuchs ? Vous excuserez notre manque d’originalité, cette phrase a peut-être déjà été écrite sur L’Eperon, mais que dire de plus ? Sinon que le Suisse a une nouvelle fois livré une prestation impressionnante sur la piste de Palexpo. Lors de la dernière édition, en 2019, il remportait déjà le Grand Prix Rolex avec l’inoubliable Clooney 51 (Cornet Obolensky). Avec la mise à la retraite forcée de son partenaire fétiche, et après sa déception d’être passé à côté de la finale du Top Ten, il avait forcément à cœur de bien faire cette année et n’aurait pu espérer plus beau dénouement avec Leone Jei. Un exploit d'autant plus impressionnant que, de mémoire d'Alban Poudret, journaliste du Cavalier Romand et directeur sportif du CHI de Genève, aucun cavalier n'était parvenu à remporter deux fois consécutives ce Grand Prix. « Rodrigo Pessoa l'a remporté quatre fois, Steve Guerdat trois, mais il y avait au moins une édition d'écart entre chaque victoire », se souvient notre confrère. Après avoir terminé troisième du Grand Prix 5* de La Baule et deuxième de celui de Chantilly, le fils de Baltic VDL s’offre son premier succès au plus haut niveau, à seulement neuf ans. « Le parcours initial correspondait déjà bien à mon cheval, à la détente je sentais qu’il donnait tout et j’ai su que j’avais ma carte à jouer pour gagner une deuxième fois », confiait le vainqueur en conférence de presse. Sur le difficile parcours tracé par Gérard Lachat, le hongre gris s’est tiré de toutes les difficultés, offrant tout de même quelques frayeurs à une foule suspendue à ses champions d’Europe par équipe. « Le barrage était encore mieux pour lui, avec de longues lignes qui allaient à son action énorme. Je savais que je pouvais enlever une foulée presque partout. J’ai mis de la pression sur mes collègues », ajoute le champion suisse. En effet, deuxième à prendre le départ du barrage, Martin Fuchs avait largement abaissé le chronomètre établi par l’Irlandais Darragh Kenny, finalement quatrième avec VDL Cartello (Cartani 4). Juste après Martin Fuchs, Kent Farrington et Gazelle (Kashmir van’t Schuttershof), vainqueurs de l’édition 2017, s’élançaient à la poursuite du couple suisse. Ils sont passés à peu de le détrôner, à exactement une barre… sur le dernier, les reléguant au cinquième rang, juste devant Laura Kraut et Baloutinue (Balou du Rouet), sixièmes avec huit points au barrage. Rageant, et d’autant plus quand on sait qu’ils étaient plus rapides. « J’ai eu de la chance », reconnaît le vainqueur. 

« Je savais que je ne pourrais pas le battre »

Après Kent Farrington, plus personne n’inquiétera Martin Fuchs. Le très régulier Autrichien Max Kühner termine troisième avec Elektric Blue P (Eldorado v. Zeshoek), comme dans le Grand Prix Coupe du monde de Lyon il y a six semaines. « C’était un objectif de gagner ce Grand Prix, précise Max Kühner. J’ai vu le tour de Martin et il a une fois de plus tiré le meilleur de son cheval, qui n’est peut-être pas le cheval le plus rapide naturellement, mais que Martin a rendu très rapide en le montant à la perfection. Sa victoire est 100% méritée. » Dernier à prendre le départ du barrage, Harrie Smolders a bien tenté de faire résonner l’hymne néerlandais, comme l’a fait son compatriote Max Verstappen, tout juste sacré champion du monde de Formule 1 au Grand Prix d’Abou Dhabi, mais le cavalier de Monaco (Cassini II), s’est incliné pour quelques dixièmes de seconde. « J’ai pu voir les barrages de tout le monde et comme Martin l’a dit, son cheval a une énorme foulée. Je savais que je ne pourrais pas le battre sur la vitesse au sol. J’ai essayé de serrer au maximum les courbes pour gagner un avantage autre part », détaillait Harrie Smolders, qui a tenu à féliciter le chef de piste pour la qualité de ses parcours. « Aujourd’hui, le parcours était dur, mais pas méchant pour les chevaux. C’était équilibré, on a vu des fautes un peu partout et ça mérite d’être souligné. »

Olivier Robert dans le top 10

Pour les cavaliers français, pas de parcours parfait dans ce Grand Prix Rolex, même l'un d'entre eux est passé à un rien : Olivier Robert, neuvième avec Vivaldi des Meneaux (Chippendale Z), pénalisé de quatre points en fin de parcours, sur l’obstacle numéro 12. Rebeca LS (Rebozo LS), la jument d’Edward Lévy, qui avait jusqu’ici très bien sauté sur la piste genevoise, s’est retrouvée piégée sur la palanque placée en numéro 10 ainsi que sur l’entrée du deuxième double, aux couleurs de l’horloger Rolex, et estampillé du numéro 13. Julien Gonin, qui portait le rôle d’ouvreur, comptait lui aussi huit points avec Valou du Lys (Calvaro Z) tandis que Nicolas Delmotte en accusait neuf avec Ilex VP (Diamant de Semilly). Deux Tricolores ne sont pas venus à bout de leur parcours. D’abord, Roger-Yves Bost et l’impressionnant Cassius Clay VDL (Calvino Z). Le Barbizonnais a préféré rentrer au box après avoir renversé un élément du triple. Quant à Kévin Staut, c’est sur le premier double, dont l’oxer et le vertical étaient sur bidets, qu’il a jeté l’éponge. Malgré une mauvaise entrée sur le premier élément, le cavalier a tenté de mener sa jument Visconti du Telman (Toulon) sur le second obstacle, qui a refusé de le franchir. Les Français n’ont pas à rougir de leurs performances dans ce Grand Prix, qui a piégé même les plus téméraires, comme les vainqueurs du Top Ten Ben Maher et Explosion W (Chacco-Blue), pénalisés de huit points, et leurs dauphins Henrik von Eckermann et King Edward (Edward 28), sortis de piste avec quatre points pour une faute sur le milieu du triple. 

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