Covid - 19 : Le Touquet espère maintenir son Grand National
mardi 31 mars 2020

Le Touquet
Le vaste terrain en herbe du Touquet accueillera bien sa première Coupe des Nations... mais en 2021. © Ph. S. Flahaut

Contrainte d'annuler son tout premier CSIO qui devait se tenir début mai, l'équipe du Touquet (62) ne s'avoue pas vaincue et a reçu le soutien de la Fédération européenne pour 2021. Elle espère également pouvoir maintenir sa première étape du Grand National, qui doit se tenir le week-end du 21 juin. En revanche, Jonathan Milon, directeur du parc équestre, ignore si ses partenaires accompagneront encore les événements l'an prochain.

La décision d'annuler votre tout premier CSIO a dû décevoir toute l'équipe, d'autant plus que les négociations menées avec Longines avaient finalement abouti ? 

Jonathan Milon : oui, effectivement, tout le monde a été forcément un peu déçu : cela ne faisait que quelques semaines que tout était enfin dans les clous pour accueillir ce premier CSIO et nous nous en faisions une joie. Tout était calé et nous avons longtemps gardé espoir. Mais, finalement, trop d'incertitudes planaient sur la situation. Même si le confinement national prenait fin avant le week-end du 10 mai, quid des Belges, des Irlandais, des Britanniques ? On ne voulait pas faire un National déguisé. On a pris la décision la plus sage, qui est celle d'annuler un tel événement le plus en amont possible. A cette heure, seules des chambres d'hôtel étaient réservées. Plus la date d'annulation est proche de celle de l'événement, plus les pertes financières sont conséquentes... Et puis, on ne voulait pas non plus prévenir en dernière minute les cavaliers et propriétaires.  

Pourquoi ne pas reporter l'événement cette année ? 

J.M. : Nous y avions pensé dans un premier temps, et avions évoqué les mois de juillet ou août pour reprogrammer le CSIO. Mais il faut savoir que c'est la pleine effervescence à cette saison sur la Côte d'Opale, et que ce n'est plus du tout la même chanson en ce qui concerne les réservations hôtelières ! Et puis, les concours vont reprendre selon le calendrier FEI et il devenait bien plus compliqué de trouver une date sportivement pertinente. On a ainsi plutôt décidé de regarder vers l'an prochain. On a choisi la voix de la raison, mais nous comptons bien être présents en 2021, avec une Coupe des Nations. Dans le cadre de ce projet, nous avons d'ores et déjà reçu le soutien de la Fédération européenne.

Avez-vous eu des nouvelles de vos partenaires ? Ont-ils une visibilité sur leur accompagnement futur en ce qui concerne les événements équestres du Touquet ? 

J.M. : On a en tout une quinzaine de fidèles partenaires, de tailles différentes et aux activités diverses. Aujourd'hui, certains d'entre eux sont hyper inquiets et ne savent tout simplement pas comment leur entreprise va survivre à cette période. Alors, forcément, les charges que l'on coupe en premier quand on doit se sortir d'une mauvaise passe, c'est le sponsoring et la communication. Si nos partenaires ne peuvent pas nous accompagner en 2020, c'est bien normal, et on le comprend très bien. J'espère juste que ça ne durera pas des mois et des mois, car beaucoup d'organisateurs de CSI vont se trouver dans ce cas de figure, avec des sponsors qui ne peuvent pas apporter leur pierre à l'édifice... Les concours vont forcément en pâtir.

Le CSIO n'était pas la seule nouveauté pour Le Touquet cette année, vous organisez également une étape du Grand National pour la première fois... 

J.M. : Oui, du 19 au 21 juin et nous espérons bien la maintenir. On peut se permettre d'attendre encore un peu, d'autant plus que toute notre logistique est sur place, contrairement à d'autres concours qui doivent la penser très en amont. La décision de maintenir l'événement sera prise entre le 20 et le 30 mai. Ces quelques semaines nous laissent un peu d'espoir. Et, normalement, après le Grand National, il y a un National... On croise les doigts. 

Quelle est la situation actuelle du parc équestre, habituellement très fréquenté ? 

J.M. : Je dois dire que ça me fait très bizarre d'y voir aussi peu de monde ! Nous avons mis des barrières partout, j'interdis bien évidemment le site aux promeneurs et les chevaux de club sont partis en pâture. Il y a encore une centaine de chevaux de propriétaires sur le site et uniquement les professionnels et salariés du parc ont accès aux écuries. D'habitude, à cette saison, quand le soleil commence à revenir, nous avons des groupes, des scolaires, des séminaires d'entreprise... Le site vit et ça commence à sentir la belle saison. Les vacances de Pâques marquent véritablement le début de la grosse activité annuelle. Habituellement, nous faisons appel à un ESAT (établissement et service d'aide par le travail) pour curer les boxes. Nous sommes passés de quatorze paires de bras à cinq. Moi-même, au lieu de faire de l'administratif, je fais beaucoup plus de travail manuel. Je ne me plains pas, on vit le confinement à l'extérieur, dans un cadre privilégié, même si le travail ne manque pas !