Covid-19 : deux champions olympiques évoquent "le monde d'après"
dimanche 09 août 2020

Diner olympique St Topez
Julien Massard (à g) et Pierre Rollin (à dte) encadrent les champions olympiques Philippe Rozier et Roger-Yves Bost © Danielle Para

Quatre ans après leur exploit à Rio, les médaillés olympiques de saut d’obstacles étaient conviés par Pierre Rollin, responsable de l’Etrier de Barbossi, à partager quelques confidences passionnées et sportives au cœur de Saint-Tropez, sur l’emblématique terrasse de l’hôtel Ermitage jeudi 6 août. Si les quatre mousquetaires de Rio étaient invités, seuls Roger-Yves Bost et Philippe ont pu faire le déplacement, accompagnés de l’entraineur actuel de l’équipe de France, Thierry Pomel.

Si « le monde d’après » habite les esprits depuis le choc Covid-19, c’est au présent que Philippe Rozier et Bosty ont choisi de conjuguer leur générosité. Ils sont à l’initiative des Stages Solidaires organisés au bénéfice des centres équestre frappés de plein fouet. « Nous venons tous d’un club, nous n’oublions pas que sans eux nous n’aurions jamais pu devenir cavaliers, compétiteurs, vivre notre passion ; il était évident pour nous d’agir », appuie Philippe Rozier. Un élan solidaire dupliqué dans toutes les régions de France « pour aider les responsables des structures à passer l’épreuve, assurer aux chevaux et poneys de ces écoles à recevoir fourrage et soins que nous leur devons ».

Le sport business a lui aussi dû revoir sa copie. Les étapes internationales du circuit Global Champions Tour ont été annulées et la touche « pause » invite à quelques réflexions sur le mode d’accès à ce circuit... le sport business, oui, s’il ne néglige pas le bien-être animal et ne ferme pas la participation à tout cavalier voulant tenter sa chance.

La lourde logistique imposée par ce type de Tour a trouvé une réponse moins contraignante avec l’émergence de plateaux sédentaires, plusieurs semaines sur un même site couvrant plusieurs labels  : jeunes chevaux, amateurs et haut niveau. « Les cavaliers plébiscitent ces plateformes de compétitions ; au-delà d’une mode, c’est même devenu un mode valable de concourir », appuient Cyrille et Roger-Yves Bost. « Les chevaux ne sont plus ballottés de semaine en semaine, les frais de déplacement amortis, nous pouvons former les jeunes chevaux, assurer le coaching de nos élèves et continuer à courir les Ranking », confirme Philippe Rozier. « Ce système de tournées sédentaires fait parfois de l’ombre aux compétitions classiques et locales, mais il répond aux exigences techniques, sportives et commerciales de notre milieu. Le « tout sur place », l’accès à un aéroport non loin d’une destination dépaysante, des infrastructures conçues pour le bien-être de nos athlètes à quatre pattes et de nos équipes de soigneurs font de ces plateformes de concours un rendez-vous de choix », confirment les cavaliers seine-et-marnais. « Le plateau de cavaliers et chevaux est immense, il favorise aussi la détection de talents, le suivi des performances, les ajustements techniques quasi en temps réel », souligne Thierry Pomel.

Ainsi la Côte d'Azur améliore d'année en année sa proposition sportive, avec en particulier l'Hubside Jumping, un peu élitiste, mais qui peut  inspirer la région... Pierre Rollin, responsable de l'Etrier de Barbossi, ancien locataire de l'espace Rozier, a ensuite  invité les champions à visiter le Domaine et à organiser des stages à l'Etrier...Invitation acceptée.