Darragh Kenny, le succès d'un globe-trotteur
jeudi 24 juin 2021

Darragh Kenny et Cicomein VDL
Darragh Kenny et Cicomein VDL dans le Grand Prix de La Baule 2021 © Scoopdyga

Vainqueur de nombreux Grands Prix chaque saison et sélectionné pour représenter son pays lors des Jeux Olympiques de Tokyo, Darragh Kenny est aujourd’hui le meilleur cavalier irlandais de tous les temps. Dans son dernier numéro, L'Eperon met à l'honneur ce cavalier exceptionnel. Découvrez son portrait et son parcours.

Darragh Kenny fait partie de ces cavaliers dont le parcours ne peut qu’impressionner. À cheval dès l’âge de trois ans, il prend le départ de ses premières compétitions seulement quatre ans plus tard et gagne son premier Grand Prix à tout juste quinze ans. Aujourd’hui, le cavalier âgé de trente-trois ans continue d’être ultra performant. Installé avec ses chevaux à Wellington en Floride durant les quelques mois d’hiver et près de Eindhoven aux Pays-Bas l’été, le jeune Irlandais est à la tête d’Oakland Stables, une entreprise qu’il a créée en 2012 avec le cavalier Américain Hardin Towell. Ensemble, les deux hommes achètent, entraînent et vendent de jeunes chevaux pour de multiples propriétaires. Et, parfois, ils décident d’en conserver certains. Objectif: détecter les futurs champions.
En 2019, le cavalier irlandais a connu une saison des plus spectaculaires. Point culminant de ces quelques mois de compétition: un double sans faute dans la Coupe des Nations de Barcelone, garantissant ainsi à l’Irlande une place pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2021. Une délivrance pour l’équipe, qui n’avait pas été sélectionnée pour cette échéance depuis 2004, lors des Jeux d’Athènes. De nombreuses victoires à la fois individuelles et collectives qui ont permis à Darragh Kenny, en janvier 2020, d’être le septième meilleur pilote du monde selon le classement FEI. À ce jour, aucun de ses compatriotes n’avait réussi un tel exploit. En quelques années, Darragh Kenny est ainsi devenu le meilleur cavalier irlandais de l’histoire.

L'Irlande, là où tout a commencé

Darragh a toujours été entouré de chevaux. Il a grandi dans la ferme de ses parents, Michael et Catherine Kenny, située dans une région très rurale de l’Irlande. « Mes parents étaient tous les deux passionnés d’équitation. Ils élevaient et entraînaient leurs propres chevaux, qu’ils commercialisaient généralement par la suite. Il y en avait toujours une quarantaine à la ferme, dont quelques étalons et une douzaine de poulinières. Il s’agissait principalement de chevaux de sport irlandais », explique le cavalier qui a ainsi, dès son plus jeune âge, été plongé dans le monde des chevaux, de l’élevage et du sport. Les chevaux étaient au cœur de l’éducation familiale. « Mes deux frères, ma sœur et moi n’avions pas nos propres poneys à nos débuts. Le premier que j’ai eu était un pie de 1,48 mètre, appelé Patches. Mes parents l’avaient initialement acheté pour mon grand frère et ma sœur mais, puisque c’était un poney vraiment gentil, j’ai eu le droit de le monter aussi », raconte Darragh. Dans la famille, tout le monde aimait monter à cheval. Mais pour Darragh, cela avait un sens particulier et cela lui était vraiment essentiel. « J’aimais les chevaux plus que tout. Au-delà du plaisir de les monter, c’est surtout l’animal en lui-même que j’adorais. J’ai eu énormément de chance que mes parents soient déjà dans ce milieu. Ils nous ont toujours offert de très bons poneys, ce qui nous a permis d’apprendre à monter correctement et en toute sécurité. Par la suite, ils nous ont également donné de très bons chevaux », se souvient Darragh. Quoi de mieux pour un passionné de chevaux que de grandir en Irlande ? La réputation du pays en matière d’apprentissage de l’équitation n’est plus à faire. Mais étonnamment, Darragh Kenny n’a pas suivi le parcours traditionnel d’un cavalier irlandais, qui consiste notamment à chasser dans la campagne et y sauter des obstacles naturels comme les fossés, les rivières et les clôtures. « Je suis déjà allé chasser à cheval lorsque j’étais enfant, mais je n’ai pas vraiment apprécié. Ce que je voulais, c’était uniquement faire du saut d’obstacles », explique-t-il.

La suite de cet article est à retrouver dans le numéro 389 de L'Eperon, disponible en kiosques ou sur notre boutique en ligne.