Georges Morris sauve la face
samedi 26 mai 2007

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Georges Morris - Ph. scoopdyga

En collant à la marque (deuxième ex aequo) les allemands ont consolidé leur pole position enlevée d’autorité et d’entrée à La Baule première étape de la Samsung super league 2007.

Une situation à peu près comparable à celle enregistrée l’an passé à la même époque (vainqueurs coup sur coup à La Baule et Rome). Ce qui change en revanche c’est la suite du classement provisoire. L’an passé les américains tenants du titre (2005) figuraient en deuxième position au provisoire après Rome. Cette fois deux échecs consécutifs les relèguent en dernière place. L’équipe américaine conduite par Georges Morris avait fait son entrée sur la Samsung Super League en 2004 (4ème), soit un an après l’institution du circuit. Elle avait construit son succès l’année suivante en évitant -sauf à Rotterdam (dernier)- les grosses ruptures de rythme et en glanant deux succès (La Baule et Aix la Chapelle). Pas une victoire en revanche en 2006 mais une belle constance qui lui permettait de conclure à Barcelone en deuxième position. Les difficultés de ce début de saison s’ajoutant à la gifle de la Coupe du Monde à Las Vegas, Georges Morris dont on n’a pas oublié qu’il a suivi des cours de théâtre dans ses jeunes années tente avec brio de sauver la face. « Notre problème c’est que nous n’avons pas assez de ressources, de couples du niveau requis aujourd’hui par la Samsung Super League, qui demande vraiment le meilleur de chaque formation ». Morris constate à juste titre que la Samsung est devenue tellement compétitive que pas une nation ne peut prétendre au départ de l’une ou l’autre étape, dominer d’évidence le sujet : « avant la deuxième manche six des neuf équipes au départ (l’Italie chez elle bénéficiait d’une wild card, NDLA) étaient encore à égalité comme si la première manche n’avait servi à rien ». C’est un fait, avec pour les Américains l’inconvénient de l’éloignement. « Si nous avons un problème avec un cheval ou un couple nous ne pouvons pas le changer d’un week-end sur l’autre. Les européens chez eux ont cet avantage là ». Morris parle encore de la pyramide du sport aux USA et dans les principaux pays européens. Pour lui la base de la pyramide, ce qu’il appelle la profondeur, l’enracinement, est désormais insuffisante aux USA comparé à celle des principaux pays Européens. Peu de couples ont l’expérience, le niveau de l’Europe et peu s’en donneraient les moyens non pas parce qu’ils manquent d’argent mais par confort. Et puis il y a cette année en particulier le problème des Jeux Pan Américains qui sont « capitaux » pour le financement de l’USET, la Fédé américaine des sports équestres. Ce seraient près de vingt millions de $ en jeu tous les quatre ans, dépendant du Comité Olympique Américain. La priorité est donc pour l’instant, indiscutablement de ce côté-là de l’Atlantique même si une relégation (on n’en est pas encore là) serait catastrophique pour l’oncle Sam. Le dernier souci de Morris c’est que la SSL vue des Etats-Unis est une affaire à priori européenne et donc pas forcément prioritaire. « Est ce normal qu’il n’y ait pas au moins une étape aux Etats-Unis de la Samsung Super League ? » commente Ken Braddyck d’Horse Sport USA. « Nous pourrions par exemple organiser la première étape à Wellington (FLA), avant La Baule : les propriétaires et les cavaliers Américains se sentiraient sans doute davantage concernés ». Pointerions nous alors du doigt la motivation (le « fighting spirit ») de son équipe dont certains proches des cavaliers feraient remarquer qu’ils gagnent aussi bien -si ce n’est mieux- leur vie en s’occupant de leur business « at home » et il s’insurge. C’est que le vieux capitaine n’a pas dit son dernier mot même si l’œil averti a remarqué dans son sillage, à Rome, l’ex championne des années soixante dix, Mélanie Smith, venue officiellement s’occuper de jeunes cavaliers qui évolueront dans les semaines à venir sur un circuit Scandinave. « Je pense que Georges est préoccupé et si je peux lui être utile j’essaierai mais je ne suis pas en mission à Rome » déclare pudiquement celle qui fit couple, des années durant, avec l’exceptionnel Calypso. C’était une autre époque où l’Amérique –du saut d’obstacles- faisait trembler l’Europe.

Côté Français la jeune histoire de la Samsung (2003) a connu des débuts heureux puisque Jean Maurice Bonneau a conduit deux fois les Bleus sur la route du succès (2003 et 2004). L’affaire s’est compliquée en 2005 où les français ne signaient qu’un succès à Saint Gall et peinaient à Rome, Rotterdam, Hickstead, Dublin et Rotterdam ce qui les reléguait au sixième rang après avoir frisé la relégation. La situation se redressait en 2006. En signant justement une victoire à Rome (Lafouge, Jarry, Delestre, Nicolas) et en s’accrochant à Rotterdam et Hickstead l’équipe que conduisait pour la dernière fois Bonneau concluait, à Barcelone, au milieu du tableau. Où elle figure aujourd’hui après le deuxième « round ». Cinquième derrière l’Allemagne, la Suisse, la Grande Bretagne et la Belgique la France est talonnée par les Suédois, les Hollandais et les Américains. L’optimisme est toutefois de rigueur, l’équipe qui concourrait à Rome n’était elle pas la seule à aligner deux doubles sans faute ? C’est ce que Morris entend par « ressource » et que Balanda a certainement compris sous le vocable « ouverture » comme l’avait d’ailleurs déjà entendu Bonneau… Car indiscutablement la contribution de Kevin Staut ( Kraque Boom Bois Margot) a été vendredi de la facture de celle de Stephan Lafouge (Gabelou des Ores) l’an passé… Repères !

Photos par Scoopdyga