Kévin Staut, le « Kraque » européen
dimanche 30 août 2009

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windosr09-Staut © www.scoopdyga.com

N’en déplaise à l’histoire avec un grand H, en matière de sports équestres l’Angleterre réussit aux français ! Dix ans après Alexandra Ledermann et Rochet M à Hickstead, voilà Kévin Staut et Kraque Boom sacrés champions d’Europe sur les terres de sa royale majesté… dans son jardin même ! ITV de Kevin Staut

Si Kévin disait partir sans pression hier en pointant au sixième rang, il n’en était pas de même après la première manche. Si ce premier tour paru fade durant la longue série de sans-faute (50 % au final) qui s’enchainèrent en milieu d’épreuve, il permit de creuser l’écart en tête. Un vrai jeu de chaise musical. Visiblement fébriles, tour à tour l’Anglais, Ben Maher/Robin Wood W et l’Italien Natale Chiaudani/Snai seldana di campalto commirent deux fautes, avant eux Steve Guerdat/Jalisca Solier comme l’Irlandais Darragh Kerins/Night Train (future monture de Rodrigo Pessoa !) n’avaient pu en éviter une. Les premiers rôles revenaient donc aux trois sans-faute les plus proches du podium : Albert Zoer/Oki Doki (7,18 points), Kévin Staut/Kraque Boom (9,42 points) et Carsten-Otto Nagel/Corradina (9,64 points) !Des angles fermés, des virages à 180e, visiblement une spécialité de Bob Ellis, et des cotes surélevées (oxer 1,55 m et des verticaux à 1,65 m) attendaient les vingt-deux couples qui repartaient. Et en premier lieu, Timothée Anciaume/Lamm de Fétan, qui ouvrait la danse. Le premier tour s’étant soldé sur une déception à nouveau dans le triple (8 points) : « En début de semaine, le cheval faisait des fautes avec les postérieurs, nous avons travaillé pour corriger le tir, explique Hervé Godignon, le coach de Timothée. Là ce sont les antérieurs qui ne passent pas, je pense que l’interprétation a été jouée un peu fort. La vérité se situe entre les deux, la nuance c’est l’expérience ! » En deuxième manche pas de problème dans les combinaisons, la faute interviendra dès le n°2 sur un vertical de palanque orange peu sautant. Peu après Olivier Guillon/Lord de Theize (également fautif à deux reprises au premier tour) commettra la même faute. S’ils finissent respectivement 21e et 18e, on retiendra quand même l’aisance et la fraîcheur dont ont fait montre leurs chevaux jusqu’au dernier saut.

Le suspens pour les supporters tricolores, comme pour l’ensemble des observateurs d’ailleurs, fut à son comble à l’abord du quatuor de tête, tous se tenant en une barre. Juste avant eux, les 5 points de la tenante du titre, Meredith Michaels Beerbaum/Checkmate (9e) puis les trois fautes de Steve Guerdat/Jalisca (16e) promettaient une bataille des plus rudes ! L’Irlandais Cameron Hanley/SIEC Livello croira l’espace d’un instant au sans-faute… mais le chronomètre était formel : la 69e seconde est entamée, 1 point de temps dépassé ! Et ce petit point lui coûtera finalement une médaille (4e) ! Rageant… Dans sa trace, Carsten-Otto Nagel/Corradina signera le troisième sans-faute de l’épreuve après Philippe Lejeune/Vigo d’Arsouilles (8e) et Rolf Goran-Bengtsson/Ninja la Silla (7e) qui opéraient de belles remontées au classement final. L’Allemand s’assurait une médaille. Mais quel métal ? Un troisième sans-faute d’affilé (en comptant celui de la coupe des nations), Kévin Staut et Kraque Boom peuvent-ils le faire sur ce parcours de type indoor ? Le cœur dit oui, les statistiques de la saison disent non. Mais c’est le sport qui aura raison ! Pas un doute, pas une hésitation, pas un sursis n’entachera ce moment de grâce. Jubilant littéralement à l’idée d’une médaille d’argent, Kévin sorti triomphalement, tête nue, bombe au poing !Restait à Albert Zoer de conclure. A son entrée en piste, la victoire du petit bai bondissant ne fait presque aucun doute, même s’il n’a pas droit à la faute, au risque que l'or se transforme en bronze. Et pourtant la délibération sera de courte durée ! L’oxer n°1 dos à la porte leur vaudra de l’or ! Difficile de rester concentré sur les derniers sauts du néerlandais : Kévin Staut est champion d’Europe, champion d’Europe !On pleure, on rit, c’est tout simplement l’euphorie dans le camp français. Kévin est entouré, presque précipité à terre par la joie collective… pour aujourd’hui tant pis pour la récupération active !