Les premiers pas de Scott Brash en Normandie
mardi 03 novembre 2020

Scott Brash, au CSI de St-Lô avec Hello Vincent, un produit normand © Madeleine Hill

Médaillé d'or par équipe aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 et vainqueur du Rolex Grand Slam, Scott Brash n'est plus à présenter, il est l'un des meilleurs cavaliers au monde. En cette période compliquée, lui et bon nombre de cavaliers étrangers sont venus profiter des installations du Pôle Hippique de St Lô pour monter le CSI 4*. L'Eperon en a profité pour s'entretenir avec lui.

Hello Vincent retourne dans son pays de naissance

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Scott Brash a mis pour la première la fois les pieds en Normandie à l'occasion du CSI 4* de St-Lô le week-end dernier. Il est venu accompagné de deux montures : Hello Shelby (Stolzenberg x For Pleasure) un hongre de 11 ans, et Hello Vincent (Consul DL Vie Z x Fergar Mail) un étalon de 11ans. Contrairement à son cavalier, ce dernier connait bien la Normandie puisqu'il y est né sous le nom de Coquin de Coquerie Z. Il vient de Subligny où il a été élevé par Annick et Raphael Dulin. Il parait qu'il a toujours été prometteur. Au début, il a tourné dans la région avec Ferguson Burt, puis il a été monté par Tim Wilks sur les CSI jusqu'en 2016 et il est ensuite passé sous la selle d'une jeune cavalière britannique, Jodie Hall McAteer. C'est là qu'il a été repéré par Scott, il y a maintenant de ça deux ans. « Quand je l’ai vu avec Jodie, je l’ai tout de suite beaucoup aimé, j’avais un bon sentiment… », se souvient l'Ecossais. « En tant que cavalier il y a des chevaux qui m’attirent plus que d'autres. Hello Vincent est beau, impressionnant... Je l’ai essayé et il m’a écouté, il a allongé et raccourci sa foulée comme je lui ai demandé, il était toujours à l’écoute. Il est doué, mais aussi intelligent et c’est important. »

A St-Lô il n'a peut-être pas été le plus brillant -il a conclu son week-end avec 4pts dans le Grand Prix- mais Scott ne s’inquiète pas de ces résultats : « C’est son premier concours indoor de la saison, c’est une année insolite quand même ! À l’intérieur, l'ambiance est différente, les obstacles arrivent beaucoup plus vite. Je ne m’inquiète pas parce que je sais qu’il est capable de sauter de bonnes épreuves, ça va venir. »

« Il n’y a aucun cheval que je ne considère pas »

Hello Shelby avait quant à lui remporté le Prix Cheval Normandie un peu plus tôt dans la semaine. C'est un cheval allemand par Stolzenberg et d'une jument par For Pleasure, rien à voir avec le papier de Hello Vicent ! "Je l’ai depuis qu’il a quatre ans, encore une fois, c’est encore un cheval que j’ai croisé quelque part et sur lequel j'ai flashé." Quand il cherche un cheval, Scott ne s'attache pas à un modèle particulier. « Il n’y a aucun cheval que je ne considère pas. J’ai des chevaux allemands, hollandais, belges, ainsi que français. Ce qui est important c’est leur caractère, leurs moyens, leur cerveau et le partenariat que nous pouvons avoir ensemble. Je cherche un cheval qui veut travailler, collaborer avec moi, qui a un bon tempérament. » 

L'instinct de l'Ecossais est-il la clé de son succès ? Peut-être. Si Scott a réussi à se constituer un tel piquet, c'est aussi grâce au soutien indéfectible de ses mécènes, Lord and Lady Harris et Lord and Lady Kirkham, qui sont propriétaires de tous ses chevaux. Le cavalier s'est installé au sud d’Angleterre ou c’est plus facile à accéder des concours nationaux et internationaux. Il gère douze chevaux de concours, dont six qui ont déjà atteint le niveau Grand Prix, ainsi que plusieurs jeunes chevaux avec l’aide de cinq grooms. Tous les chevaux sont montés le matin et vont au champ ou en balade l'après-midi. Normalement, tous ses chevaux ont une période de repos l’hiver pendant laquelle ils vivent dans les champs sauf si le temps est vraiment trop mauvais.

Et après ?

Pendant la crise sanitaire, Scott a continué à travailler. "Il faut veiller à maintenir les chevaux à niveau, ils restent des athlètes. On a eu de la chance d’avoir un concours comme celui-ci a St Lô, parce que cette année c’était assez difficile en raison des nombreuses annulations, mais j’espère qu’il y aura les jeux Olympiques en 2021." Scott avance seul, il n’a jamais eu un coach particulier. "C’est un sport unique, tous les cavaliers s’aident les uns et les autres. J’apprends juste en regardant les autres cavaliers en concours comme ici. Je trouve que les cavaliers français sont excellents, ce sont des vrais « horsemen » et je les étudie comme j’étudie tous les cavaliers, c’est comme ça que on s’améliore, à mon avis."