Les quatre (jeunes cavalières) fantastiques
mardi 01 septembre 2020

Podium jeunes cavaliers Fontainebleau 2020
Léona Mermillod Baron, Jeanne Sadran, Nina Mallewaey et Alice Vancrayelynghe sur la plus haute marche du podium lors du CSIO Jeunes de Fontainebleau © Béatrice Fletcher

Elles sont quatre, souriantes, talentueuses, motivées et inséparables… Vendredi, elles remportaient la Coupe des Nations Jeunes Cavaliers lors du CSIO de Fontainebleau, avec une aisance presque insolente. Rencontre avec Léona Mermillod Baron, Jeanne Sadran, Nina Mallevaey et Alice Vancrayelynghe.

Léona Mermillod Baron, 18 ans, courait sa 3ème Coupe des Nations, après deux participations en Junior avec Prestige de la Croix à Haagen et à Opglabbeek avec sa jument de tête actuelle, Chanel de la Claye où l’équipe décroche la victoire. Basée à Annecy, elle s’entraîne de temps en temps avec Cyril Bouvard et avec sa mère Valérie Gillo à laquelle appartient Chanel, 10 ans, depuis un an et demi « Il n’y a rien à lui reprocher. Elle a un super mental, elle a toujours envie de travailler, de bien faire, et n’a jamais peur de rien. Il nous reste à être plus rapide au barrage, car pour l’instant j’ai encore un peu de mal à tourner et à serrer mes courbes. Le petit Parquet est l’une de mes pistes favorites, les dimensions et la qualité du sol sont parfaites, le parcours n’était pas énorme (145) mais assez délicat et exigeait de la précision. Les scores parlent d’eux-mêmes (0-16), nous avons gagné assez facilement, même si tous les pays n’étaient pas représentés. » En dehors de gagner des Coupes des Nations, Léona est engagée dans la seconde des trois années d’un Bachelor en management, et s’organise pour travailler son piquet de cinq chevaux en parallèle. Pour le moment, même si elle se concentre sur son sport, elle n’exclut pas la possibilité de donner la priorité à sa carrière professionnelle dans l’avenir. Prochaine échéance, le CSI2* de Mâcon dans deux semaines. Ensuite, Léona aimerait décrocher une sélection en CSI3* pour se confronter à certains de ses concurrents étrangers. La compétence technique est déjà acquise, puisqu’elle déjà couru des grands prix sur le circuit du Grand National à 1m50.

À 19 ans, Jeanne Sadran a gravi tous les échelons en commençant par les Poneys, puis les Children et les Juniors. Cette victoire est un succès de plus après une bonne dizaine de participations à des Coupes des Nations. Actuellement basée à Toulouse, au sein de l’écurie familiale Chev’el, Jeanne est à la tête d’un piquet de neuf chevaux de compétition, dont son partenaire pour cette victoire dans la Coupe des nations de Fontainebleau, Unforgettable Damvil. Elle le travaille avec Julien Epaillard, qui se rend sur place deux fois par mois pour trois jours, ainsi que Bertrand Poisson. « Nous avons une trentaine de chevaux aux écuries. Mon cheval appartient à mes parents, il est super brave, il a beaucoup de force, il est très volontaire pour son cavalier. C’est un sentiment formidable de savoir qu’il ne m’abandonnera jamais au pied de l’obstacle. Il est entier mais plutôt gentil, même s’il chante un peu quand il voit une jument. » Dès la semaine prochaine, Jeanne intègre l’université parisienne EM Lyon, pour y préparer un diplôme de commerce et de finances. « J’ai toujours mené de front l’école et les chevaux, cela m’intéresse et m’apporte une forme d’équilibre. » Nul doute, Jeanne trouvera le moyen de jongler avec son programme universitaire, après une pause d’une semaine, pour être présente au concours de Valkenswaaard dans le cadre du CSI5*, puis pour une quinzaine de jours à Saint Tropez ! 

Nina Mallevaey, 20 ans, a du mal à dénombrer ses participations en Coupes des Nations, puisqu’elle a représenté la France « à peu près tous les ans depuis 2012 », en Children, puis à nouveau à poney, en parallèle avec les Juniors, avant d’intégrer les Jeunes Cavaliers. Elle était également championne de France des cavalières en 2017. Basée aux écuries Chev’el aux côtés de Jeanne Sadran et de sa sœur Louise depuis septembre 2018, Nina confie apprécier le super esprit d’équipe et la dynamique qui y règnent. Elle est aujourd’hui à la tête de six chevaux, dont depuis un mois et demi Virtuose Champeix, 11 ans, propriété d’Oliver Sadran, précédemment sous la selle de Julien Epaillard. « Tout se passe super bien avec lui, même si je dois encore faire quelques réglages. Je peux vraiment compter sur lui. On s’entend très bien, il est très attachant. » Nina peut également compter sur plusieurs chevaux très prometteurs dont des jeunes qu’elle prend le temps de former. Pour la jeune fille, très déterminée, l’objectif est clair, il s’agit de devenir cavalière professionnelle au plus haut niveau. En attendant, son père et sa mère, qui l’ont formée depuis ses débuts, la suivent en concours dès qu’ils le peuvent. « Je les ai au téléphone tous les jours. » 

Également âgée de 20 ans, Alice Vancrayelynghe est basée à Corbie, près d’Amiens, dans une écurie de propriétaires de 70 boxes que son père (et coach) Franck faisait construire voilà une dizaine d’années. « Je travaille environ huit chevaux par jour, je passe le plus de temps possible avec eux. Nous avons un palefrenier pour l’entretien, les écuries sont très fonctionnelles, un cavalier, et deux jeunes filles qui profitent des conseils de mon père et montent les chevaux, ainsi que deux apprentis. J’ai récupéré By Talma à l’âge de six ans, il appartient toujours à son éleveur Michel Guiot. Il a énormément de qualités, un mental de guerrier, un cœur formidable, il est très respectueux, mais son dressage est encore à peaufiner. Il est encore un peu anxieux et a besoin d’un peu plus de temps que certains chevaux. J’ai aussi Ipsy, 12 ans, et deux très bons sept ans qui viennent de l’élevage de Turan, ainsi qu’une jument déjà performante sur 145. » 

Leur avis sur le système fédéral 

Les quatre jeunes championnes en conviennent, grâce à l’encadrement d’Olivier Bost, Henk Nooren, Edouard Coupérie et Bertrand Poisson, les progrès sont notoires. Léona souligne avoir senti une vraie différence. « Je fais plus de sans-fautes, j’ai passé un cap depuis ma dernière année de Junior. Bertrand met l’accent sur des petits détails axés sur le cavalier qui nous permettent d’approfondir notre technique. Ils ont chacun une vision du cheval que ma mère n’a pas forcément. Henk nous fait toujours travailler dans le bon sens. En une seule séance, j’ai eu l’impression d’avoir progressé autant qu’en dix ans. Il ne laisse rien au hasard, et nous transmet de vrais arguments techniques. » Jeanne trouve elle aussi le système « très chouette. Chacun a son rôle, tout est très bien organisé, ils sont très disponibles et se déplacent souvent sur les concours, ce qui nous permet de pouvoir toujours nous adresser à l’un d’entre eux pour obtenir de l’aide en cas de besoin. L’équipe d’encadrement est stable, ce qui a permis qu’une véritable relation de confiance s’installe. » Nina apprécie elle aussi le système fédéral. « Tout est fait pour que nous soyons dans les meilleurs conditions pour réussir, on se sent vraiment soutenues. »  Alice le reconnaît elle aussi, « le staff nous suit avec beaucoup de soins, les coaches nous donnent plein de conseils, nous permettent d’amener plusieurs chevaux pendant les stages fédéraux, et nous apportent un vrai soutien technique. »