Marie Demonte : « Le but est de perdurer dans le haut niveau »
mercredi 14 juillet 2021

Marie Demonte et Vega de la Roche
Marie Demonte et Vega de la Roche dans le Grand Prix du CSI5* de Chantilly, le 11 février 2021 © Eric Knoll

Marie Demonte s'est hissée sur la troisième marche du podium à Chantilly le week-end dernier, sur la selle de Vega de La Roche, réalisant l'un des trois seuls double sans-fautes du Grand Prix Rolex. Une victoire qui vient confirmer sa place de cavalière émérite à haut niveau. Elle s’exprime.

Réaliser un double sans-faute sur un tracé dessiné par le chef de piste Grégory Bodo est une prouesse, comment avez-vous appréhendé cette compétition ?

Nous avions préparé une sorte de plan pour ce concours avec ces trois chevaux, Vega de La Roche, Las Vegas VD Padenborre et Manchester. Tout à très bien commencé puisque Las Vegas a sauté une belle épreuve le premier jour. Le CSI5* à 1,55m, une épreuve éprouvante avec un barrage, ou nous terminons sixième avec un sans-faute. Quant à Manchester, il foulait pour la première fois une piste en herbe, et pas des moindres. Nous avons terminé onzième du CSI5* à 1,45m. Vega de La Roche était quant à elle très sereine, puisqu’elle n’avait sauté qu’une seule épreuve la veille, elle était comme à son habitude, parfaite ! 

Ces derniers mois, vous excellez dans de nombreuses compétitions de haut niveau, comment expliquez-vous cela ?

Depuis le mois d’avril c’est assez formidable ! Vega a une excellente régularité, à La Baule en juin dernier, elle n'a réalisé que quatre points dans le Grand Prix du CSI5* au barrage. À Saint-Tropez, elle termine neuvième du CSI5*. Puis ce week-end à Chantilly, elle est troisième du Grand Prix. C’est une jument régulière et très prometteuse. Manchester a pris neuf ans cette année, et a débuté les Grand Prix du Grand National, où il a été quatre fois sans-faute. Ce qui fait de lui, le meilleur cheval du Grand National à ce jour. J’ai donc décidé de le lancer sur des épreuves plus importantes. Nous avons été courir le CSI5* de Saint-Tropez le mois dernier, ou nous avons remporté l’épreuve à barrage à 1,55m, et terminé septième du Grand Prix CSI4*. Nous avons des chevaux très au point, que ce soit Las Vegas, Manchester ou Vega, ils arrivent tous à maturité. 

Vous avez aussi de plus jeunes chevaux de l'élevage de Béliard, très connu en concours complet. Quels sont vos liens avec Gérard Brescon et son élevage ?

J’ai commencé à travailler avec l’élevage de Béliard il y a huit ans. Vous n’êtes pas sans savoir que tous les chevaux de Gérard tournent en concours complet avec Thomas Carlile (sélectionné pour les Jeux olympiques de Tokyo). Je l'ai rencontré avant qu'il ne soit localisé au Lion d’Angers, Thomas était situé dans le sud-ouest de la France, et nous n’étions pas très loins l’un de l’autre. Il m'a alors confié une première jument, Tsigane du Gers (Rheingold de Luyne). Suite à cette première collaboration qui s’est très bien passée, nous avons décidé que tous les chevaux de son élevage destinés au saut d’obstacles, qui ne conviendrait pas pour du concours complet, seraient pour moi. Tous les trois, nous avons une belle entente, Gérard Brescon, Thomas et moi sommes une vraie équipe. Je suis reconnaissante de pouvoir valoriser des chevaux comme Eau Vive ou Forban de Béliard. Car rappelons-le, la mère de tous ces chevaux de haut niveau (Royce de Kreisker, ndlr) n’est autre que la fille de Jifrane de Chalusse (Papillon Rouge), la meilleure poulinière de France en saut d’obstacles. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si une de ses juments, Birmane, a été sélectionnée pour les Jeux olympiques en concours complet avec Thomas. Vous savez, on ne rêve que de sport ! Sincèrement, c’est un travail long et acharné depuis des années. Maintenant que tout est en place, nous mettons en application des plans afin de rester au plus haut niveau le plus longtemps possible, et surtout avec ce lot de chevaux. Le but, c’est de perdurer dans le haut niveau.